VULNERA SAMENTO FERME SES PORTES ▲
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you look the same but i don't recognize you - calixte&gregory
ϟ this is the road to ruins, and we're starting at the end, say yes, let's be alone together.
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Gregory J. Pritchard
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Message Posté Sam 15 Juin - 19:24.



it's been cold for years, won't you let it lie.
all this bad blood here, don't you let it dry.


★ noms des participants: calixte jones & gregory pritchard
★ statut du sujet: privé
★ date:  Début janvier 2057.
★ heure:  Vers 22 heures.
★ météo: Il fait froid, mais il fait surtout... nuit
★ saison: 2.
★ numéro et titre de l'intrigue globale en cours: intrigue 5.
★ numéro et titre de l'intrigue en cours:   Intrigue 5.
★ intervention de dominus:   non.
★ récompenses:   oui :(a):dans mon keuuuuur  





_________________
BAD BLOOD That these are the days that bind you together, forever And these little things define you forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry? It's been cold for years, won't you let it lie? If we're only ever looking back We will drive ourselves insane As the friendship goes resentment grows We will walk our different ways But those are the days that bind us together, forever And those little things define us forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry?It's been cold for years, won't you let it lie?
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Message Posté Sam 15 Juin - 21:20.

it's empty in the valley  | of your heart

but i have seen the same, i know the shame in your defeat


La vérité ? Je m'ennuyais.  Mes frères avaient fait leur vie. L'un était marié. L'autre n'allait pas tarder.  Ils étaient tous les deux reconnus pour leur travail et personne ne doutait de leur honneur. L'un était un héros qui avait sauvé Londres. L'autre était celui qui sauverait Durmstrang. Et comme je n'avais pas dans l'idée de sauver quoi que ce soit, j'étais juste celui qui portait un nom que tout le monde connaissait. Quand on porte un nom comme le mien, on a un destin tout tracé. On finira au ministère, on fera partie de l'élite de la nation, et on défiera la mort en prétendant à dominer l'éternité. Mais l'éternité n'avait jamais fait partie de mes rêves. L'éternité n'appartient pas au royaume des hommes, mais à celui des Dieux. L'éternité coule dans les eaux de L'olympe, mais elle n'a jamais été versée dans celles de la Tamise. L'éternité est un luxe qu'on n'avait jamais pu s'accorder. Et le compte à rebours qui trônait au sommet de Big Ben nous le rappelait toujours aussi intensément. Contre cette fatalité, cette simple petite fatalité, mes frères avaient décidé de se battre. Mais moi, j'avais plus rien à perdre. J'avais vécu tous mes rêves. J'étais à la tête de l'équipe de Quidditch la plus célèbre d'Europe. Je gagnais ma vie confortablement. J'avais accompli quelque chose. Ceux de mes amis qui étaient encore vivants organisaient ces soirées des derniers jours de l'humanité trop souvent pour qu'on y puisse continuer à y croire.  J'aurais pu voir plus grand. Conquérir tous ces rêves que je n'oserai jamais imaginer. J'aurais pu rêver de m'installer avec une femme, de fonder une famille. J'aurais pu rêver d'un avenir. Mais je savais mieux que quiconque que j'avais jamais été destiné à l'avenir. J'étais un enfant du passé. Et je m'ennuyais, dans ce présent qui durait bien trop longtemps.

J'essayais. J'essayais vraiment de sentir quelque chose. D'être heureux quand je souriais. De penser ce que je disais. Mais j'ai jamais réussi à lâcher prise. J'ai jamais réussi à oublier le passé. Et à chaque fois que je croyais le faire, il m'éclatait à la gueule. J'étais incapable d'accorder ma confiance. J'étais incapable de ressentir quoi que ce soit à part de la rancoeur et du vide. J'avais tellement essayé de me protéger contre ce qui m'avait détruit un jour, que j'avais scellé toutes les issues. J'avais posé des barreaux à mes propres fenêtres. J'avais construit des forteresses avec des cadavres, j'avais érigé des murailles et des remparts et j'y avais enfermé mon cœur. J'en étais pas devenu cruel pour autant. J'étais pas un homme apatride, sans foi ni loi qui bravait tous les interdits. J'étais pas un dieu impétueux à qui rien ne résistait. J'étais qu'un simple mortel qui continuait à se battre contre lui même pour ne pas retomber dans les mêmes pièges. Mais je savais mieux que personne que l'histoire est destinée à se répéter. Et qu'on ne s'évade jamais du temps.

C'était une de ces soirées trop prétentieuses pour m'intéresser. C'était une de ces soirées où on venait pour passer le temps et oublier quelques instants qu'on était en temps de guerre. C'était une de ces soirées où tout sonnait terriblement faux. Parce que l'homme a toujours préféré fuir la vérité que de l'affronter de plein fouet. Les sorciers n'étaient pas des demi-dieux. La magie ne nous avait jamais apporté le bonheur. Nous aussi, on défiait la mort par tous les moyens possibles. Nous aussi on pensait pouvoir s'évader de notre propre instinct, toujours avec ce même orgueil, sans savoir que les dés sont déjà jetés. Alors on laisse les visages défiler. On rit pour expier la peur. On feint de ne pas la retrouver dans les regards. On boit pour sentir sa gorge brûler. On fume pour sentir quelque chose. Et on recommence. J'étais en plein débat avec de parfaits inconnus lorsque j'ai croisé son regard. Elle était assise au bar, sirotant un verre. Elle avait toujours ces grands yeux hypnotisants. Ceux pour qui j'étais tombé la première fois. Je croyais pas au destin. Je croyais pas à toutes ces conneries. Mais, l'espace d'une seconde, je me suis dit que s'il existait, c'était un sacré connard. J'ai pris congé des autres et je me suis dirigé vers elle. J'ai serré des mains sans regarder qui je saluais. J'ai senti des mains taper dans mon dos. Ici, tout le monde me connaissait, mais pas pour les bonnes raisons. Pas comme elle. J'ai fini par m'accouder au bar, juste à côté d'elle.

« Hello, stranger.  »

Calixte et moi, ça remontait à Poudlard. Au départ, c'était une erreur. Puis, c'était devenu plus que ça. Et j'avais dû partir. Les années ont passé, et on s'est recroisé plusieurs fois sans savoir ce qui nous poussait à nous rencontrer. Peut-être qu'on nous forçait à ne pas nous oublier pendant qu'on faisait toutes les erreurs possibles et inimaginables  chacun de notre côté. Quoi qu'il en soit, j'aurais jamais cru la retrouver là. Et, à en voir sa tête, elle non plus. On dit que le monde est petit. On dit que le monde est fou. Et, je sais pas ce qui m'a poussé à aller la rejoindre. Peut-être l'appel d'un visage familier. Peut-être le réconfort de retrouver quelqu'un qui appartenait au passé. Peut-être que c'était ses yeux. Ou son sourire. Ou tout le reste.

« I feel like I haven't seen you in ages.  How are you doing ?  »

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Calixte B. Jones
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Message Posté Dim 16 Juin - 0:07.



« It's a terrible love, and I'm walking with spiders. »

« Hello, stranger. » Le passé, il nous rattrape. On essaye d'échapper à ses cordes, on essaye de fuir ses filets, mais il est toujours là, il reste, et il continue de nous torturer. Il nous rappelle toutes les fois où on aurait pu changer les heures. Les fois où on aurait peut être préféré s'en sortir différement. Changer nos choix. Les fois où on a pas eu le courage de se battre, et les fois où on a abandonné ce qu'on avait peur d'assumer. On jette ce qui est perdu et on récupère le peu qu'on peut encore avoir. On jette tout le futur, et on jette tout ce qui n'est pas nécessaire aux ordures. Sauf qu'un jour, on se fait rattraper par le poids de ce qu'on a lâché. Le poids de la perte. La peur. L'hypocrisie. On se dit que tout ira mieux, on se dit que le futur peut être différent, qu'il peut nous sauver des secrets, mais l'affreuse vérité, c'est que le mensonge aide. C'est que le mensonge nous sauve. C'est que peu importe les conséquences, peu importe ce qu'il crée, ils nous sauvent d'une réalité pire que les secrets. Et on croit tous tellement que l'hypocrisie est le pire des sentiments, moi la première. Mais parfois on nage tellement dans le malheur qu'on a besoin de se créer une réalité où tout ira mieux. Une réalité sans accroche, sans histoire, et sans plans. Une réalité qui se perd dans les histoires et dans les cauchemars. Une réalité qui s'écrase dans différents visages. Et qui nous montre que rien n'est faisable. Que quoi qu'il arrive, il n'est pas possible d'évoluer. On reste toujours dans cette échelle de la société, celle où on ne compte pas vraiment, et où on ne possède aucune réelle importance. Celle où on n'a plus d'espoir, ni d'expériences. Celle où les miracles sont comme des monstres qu'on refuse d'assumer. Celle où tout n'est qu'un cauchemar. Et je n'avais plus peur d'avancer en me disant que jamais je n'aurai plus de valeur que tout les autres. Je serais toujours Calixte, la prostituée qui a tout raté. Celle qui a raté ses études, et qui a raté sa vie, parce qu'elle était coincée par le fric, et par les drogues à un moment. Celle qui a préféré continuer à vendre son corps, parce que c'était bien plus facile. J'avais tout raté, et je l'assumais. J'avais tout détruit, et je détruirais tout à nouveau. J'étais habituée à ne rien valoir. J'étais habituée à perdre. C'était juste quelque chose que j'acceptais sans réellement y réfléchir. Parce que c'était comme ça. C'était le destin. Et c'était ce que je devrais continuer à vivre, jour après jour.

« I feel like I haven't seen you in ages. How are you doing ? » Il s'était assis à côté de moi, et j'ai laissé échapper un rire jaune. Parce que c'était tellement ironique. Alors on vivrait dans le mensonge, et dans le sarcasme. On vivrait dans les rêves qu'on s'est construit, les immeubles qu'on devait découvrir, et ceux qu'on avait poussé vers la chute. Ceux qu'on a vu s'effondrer, et qu'on a préféré laisser par terre, sans même essayer de recoller les morceaux pour ceux qui n'avaient jamais su s'en sortir sans personne. On laissait le monde se détruire, et on le laissait se brûler lui même. On laissait les glaciers fondre, on laissait les guerres se multiplier sans rien faire. Parce que tant que ça ne nous affectait pas directement, on s'en fichait. On préférait continuer à se brûler avec nos propres erreurs, nos propres cauchemars. Et parfois même, nos propres rêves. J'ai tourné ma tête vers lui, un large sourire sur mes lèvres. Comme s'il n'y avait aucune rancoeur. Comme s'il n'y avait aucune haine, aucune tristesse. Parce que les émotions faisaient ça. Elle nous forçaient à ressentir des choses qu'on préférait oublier. Elles nous forçaient à avoir mal quand on pourrait s'en sortir. Quand on pourrait respirer à nouveau. C'est cette même douleur qu'on ne contrôlait plus. Celle qui nous écrasait. « Long time, no see, right ? » Puis mon sourire s'est transformé en quelque chose de plus sarcastique. Quelque chose de plus douloureux. « But it's okay, it's not really your thing. Saying hello, or goodbye, for that matter. » Puis j'ai détourné mon regard, après l'avoir fixé pendant quelques secondes, en repensant à tout ce qu'on aurait pu sauver des flammes. Tout ce qu'on aurait pu mériter. J'ai laissé d'autres secondes passer avant de reprendre un ton plus forcé. « I'm perfectly fine, working as a prostitute and all that. » Le temps passe et on ne le contrôle pas. Même si parfois, on préfèrerait. Même si on aimerait le mettre à notre merci. C'est toujours aussi impossible. Toujours hors de portée. « And you, still sleeping around ? I bet they all fall like flies, aren't they ? » Et le pire, c'est que les émotions nous pousse à faire mal à notre tour. Elle nous pousse à réduire tout ce qui pourrait exister en cendre. Parce que derrière un cœur de pierre, se cache une cicatrice qui n'a jamais réussi à se fermer.

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⊹ I decided to never invest too much emotion in one thing
It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away
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Message Posté Dim 16 Juin - 2:12.

if there was someone  | to keep me at home

it would be you



«  Long time, no see, right ?   »

Il paraît que le passé doit rester dans le passé. Il paraît qu'il arrive des malheurs à ceux qui jouent avec le temps. Il paraît que les morts n'ont pas leur place au royaume des vivants. Peut-être que j'aurais pas dû déclencher la guerre. Peut-être que j'aurais dû me contenter de lui sourire et de passer mon chemin. Peut-être que j'aurais dû continuer à parler à des étrangers que je ne reverrai jamais. A jouer avec mon nom. A chercher le courage dans le sourire des autres. Une fille avec qui passer la nuit. Sauf que je l'avais pas fait. J'étais venu jusqu'ici m'installer à côté d'elle sans aucune raison apparente. Et il ne fallait pas être un génie pour comprendre qu'elle n'avait aucune envie de me parler. Le sarcasme. Le rire jaune. Le regard. J'ai esquissé un sourire désolé en levant la main pour commander un verre.

«  But it's okay, it's not really your thing. Saying hello, or goodbye, for that matter.   »

C'était amer, mais amplement mérité. Elle et moi, c'était toujours la même histoire. Je réapparaissais dans sa vie avant de la quitter sans un mot. J'étais tombé amoureux d'elle à Poudlard avant de m'enfuir comme un voleur. Elle avait dû me haïr. Et c'était sûrement pour ça qu'elle me gratifiais d'un tel accueil. J'avais pas écrit. J'avais pas répondu à ses questions. Je l'avais laissée penser que j'avais profité d'elle. Et, au fond, elle n'avait jamais connu les raisons. Elle ne les connaîtrait probablement jamais. Je l'avais pas quittée parce que je m'étais lassé. J'étais pas parti parce que j'avais eu ce que je voulais. J'étais rentré à Londres parce qu'un professeur nous avait surpris. Et parce que j'étais trop égoïste pour mettre ma vie en danger pour une fille.  A l'époque, je ne faisais confiance à personne. Sur ce point, j'avais pas beaucoup changé. Je m'étais dit que ça se serait fini bien assez tôt, de toute façon. On était trop jeunes. On était trop cons. On avait des rêves plein la tête sans jamais les confronter à la réalité. On s'était fait des promesses qu'on n'aurait jamais pu tenir. Nos mensonges ressemblaient trop à la vérité pour qu'on se rende compte de l'illusion. Mais on aimait nos empires de mirages et nos déserts de gloire. On les contemplait sans réaliser qu'on se mettait en danger. J'avais jamais menti quand j'avais dit que je l'aimais. Sauf que les hommes finissent toujours par tuer les choses qu'ils aiment, parce que, admettons-le, il est bien plus facile de choisir la douleur que de la subir au gré des autres.

«  I'm perfectly fine, working as a prostitute and all that.   »

Beaucoup de choses avaient changé depuis Poudlard. Et j'avais dû sauter un chapitre. Non, plusieurs chapitres.  Pendant tout ce temps, j'avais cru qu'elle s'en était sortie. J'avais cru qu'elle avait fait sa vie, qu'elle avait terminé ces études qu'elle rêvait de faire. J'avais cru qu'elle avait mieux réussi que moi.  La vérité, c'était qu'on avait plongé tous les deux. J'étais pas comme mes frères. J'étais pas un héros. J'étais un raté qui se contentait de ramasser les filles en fin de soirée et d'espérer qu'il aurait tout oublié lorsque le soleil se lèverait le lendemain matin. La nuit, j'avais beaucoup d'amis. La nuit j'avais droit aux sourires et aux félicitations. Mais au réveil, j'étais seul face au reste du monde. Seul sans rêve et sans espoir. Quant à elle, j'avais plus aucune idée de qui elle était. Elle avait le même regard. Son sourire était un peu différent, mais il rejoignait l'image que j'avais gardé d'elle. Sauf que  ça ne serait plus jamais pareil, pas vrai ? On dit que les apparences sont trompeuses. Mais c'est faux. Les apparences sont fatales. Des mirages qui vous entraînent dans les méandres de vos songes jusqu'à ce que la vérité vous éclate à la gueule sans prévenir.  On se laisse hypnotiser sans comprendre combien on a tort. On laisse nos eux décider pour nous et, quand on découvre que l'or n'est rien d'autre que de la rouille, il est déjà trop tard. Alors, je me suis contenté de boire d'un seul coup le verre de whisky qu'on m'avait servi avant d'en recommander un autre.

« And you, still sleeping around ? I bet they all fall like flies, aren't they ?   »

Nice. Au fond, elle avait pas tort. C'était l'image que je cherchais à me donner, parce que je préférais enchâiner les coups d'un soir plutôt que de revivre ce que j'avais vécu. J'avais déjà fait un tour en enfer, et ça m'avait suffit pour toute une vie. On pourrait penser qu'avec le temps, j'aurais trouvé la force de pardonner. De passer à autre chose. Mais c'était plus fort que moi. A chaque fois que je sentais que les choses devenaient sérieuses, je me barrais en courant en repensant à tout ce qui pourrait mal tourner. Sauf que ça, elle ne l'avait jamais su. Elle n'avait jamais su que j'avais retrouvé ma fiancée dans le lit de mon frère. Qu'ils m'avaient servi des excuses à deux balles. Que j'en étais devenu fou. Que j'étais tombé dans un puits sans fond, et que personne ne m'avait tendu la corde. Et même si c'était peut-être mieux qu'elle ne soit pas au courant, une partie de moi aurait voulu qu'elle me regarde autrement. J'ai tourné la tête vers elle.

« I'm definitely not complaining about that.  »

Sauf que j'avais pas le droit au pardon. J'avais pas le droit de risquer quoi que ce soit. On avait trop changé. On était trop différents. On avait bati des murs, des remparts, et tout n'était plus qu'une question de survie. Le passé était enfermé dans un coffre imprenable. Et l'avenir appartenait aux autres. Sauf que j'ai pas pu m'empêché d'y repenser. J'ai pas pu m'empêcher d'entrevoir comment les choses auraient pu tourner si on les avait bien faites. J'ai pas pu m'empêcher d'éprouver une curiosité malsaine à propos de tout ce qu'elle ne voulait pas me dire. Je savais que ça déclencherait une tempête. Je savais que j'allais m'en prendre plein la gueule. Et je savais que je le mériterai. Parce que j'avais été le premier à l'abandonner. A la regarder tomber dans les abysses. Et à l'y laisser.

« I'm sorry I didn't really hear wh... I did... I... Prostitute ?  »


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Message Posté Dim 16 Juin - 15:58.



« You promised me everything, you promised me thick and thin. »

On est toujours amers, quand on pense à ce qu'on a raté. Aux opportunités qu'on aurait pu saisir, mais qu'on a préféré laisser sur le côté. Et le soucis, c'est qu'on a beau se jeter vers les opportunités, parfois, elles nous glissent entre les doigts. Elles abandonnent nos pauvres âmes parce qu'on a pas la force de se détruire. Parce qu'on a pas la force de se battre. Alors on abandonne, on laisse nos cœurs se transformer en pierre, on laisse les minutes s'écouler au même rythme sans s'inquiéter des monstres et des cauchemars qu'on peut faire. On peut choisir de se laisser tomber. On peut choisir la solution de facilité. Parce que c'est ce qu'on fait depuis le début. Parce qu'on préfère survivre, même si on doit être des lâches. Parce qu'on préfère se battre contre des fantômes invisibles, plutôt que des rester à se battre contre les armées qui se précipitent vers nous. On se rend compte que le système n'est pas aussi parfait que ça. On se rend compte que les mots et que les actions n'ont plus autant d'importance. Que les nombres, que les prénoms et les visages que l'on a pu croiser au cours de notre vie, tout ça n'est qu'une illusion parfaite, crée dans une société mauvaise, qui n'a jamais cherché à nous sauver, mais à nous détruire.

« I'm definitely not complaining about that. » J'ai ris, et tout ça avait un goût amer. Alors j'ai attendu un peu, et j'ai regardé ailleurs, et j'ai pu voir mon client arriver au loin. Il parlait avec une autre fille. Et c'était ça, mon destin. C'était devenu ça, la seule chose que j'avais. Les seuls restes d'une existence perdue. C'était tout ce que j'avais, et tout ce que je n'aurai plus jamais. C'était les armes avec lesquelles je me battais. Parce qu'ici, la seule chose qu'on avait, c'était ça. La fierté n'était plus là. Elle ne l'a jamais été. On l'a laissé sur le pas de la porte, dès le moment où on est entré. On a tout laissé, nos croyances, nos espoirs. On a laissé le vieux pour repartir dans un monde nouveau. Un monde qui n'a jamais eu d'espoir. Un monde qui s'est perdu entre les guerres et entre les craintes.

« I'm sorry I didn't really hear wh... I did... I... Prostitute ? » C'était le dégoût dans sa voix. La surprise. Comme si tout n'avait plus de sens. Comme si il ne s'était jamais attendu à ça. Comme si il n'y avait jamais de jeu. Et c'était effrayant de voir à quel rapidité les mots s'étaient déplacés. À quel point les règles du jeu avait changé. À quel point l'aide était nécessaire. Parce qu'on espérait tous que les choses iraient mieux. On espérait que l'espoir reviendrait avec tout le reste. On espérait que la solution était déjà toute trouvée. Mais la vérité, c'est qu'on pouvait encore perdre. La vérité, c'est qu'on pouvait tomber en enfer, dans les flammes, à se transformer en démons. Parce qu'on avait plus la force de rester humain. Parce que l'humanité faisait mal. Elle était vulnérable, fragile. Elle était insupportable. Elle était difficile et personne n'arrivait à la supporter. Personne n'arrivait à comprendre les brûlures et les douleurs dont on était les premières victimes depuis la nuit des temps. « You never did, after all. »

Et tout ce qui restait, c'était les regrets. Les choses qu'on aura plus jamais. Celles qui ne reviendraient plus. « What, never heard that word before ? Never got involved with one ? » Je regardais à nouveau à l'extérieur, en espérant que j'arriverais à m'en sortir. Que je n'aurai plus à avoir mal. « Well, it's not the worst job ever. I meet some psychos from time to time, but the boss deals with them. The only big problem we had is one rape, a friend of mine. » Je disais ça comme si ça n'avait aucune importance, alors que ça me faisait peur. Alors que ça me tuait d'essayer de comprendre quelque chose qui n'a jamais eu de sens. Ni pour lui, ni pour moi. « And I needed the money, so I kept working here and I didn't have the time to present myself to the exam, or even work for it, so I failed. » Et c'était ça, la fin du chemin. L'échec total. La fin de tout ce qui pouvait avoir un sens. La fin de l'espoir, la fin du commencement. « My mom throw me out the house, just before I finished hogwards. But you never cared about all of this did you ? » Je m'étais retournée pour le regarder à nouveau. « Sounds like life turned out differently for you and me, huh ? »

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Message Posté Dim 16 Juin - 18:31.

all my days are spent  | all my cards are delt

oh, the desolation grows.



Au Quidditch, tout est simple. On monte sur un balai. On frappe des balles. On marque des points. Il suffit juste d'attraper le vif d'or et tous vos problèmes sont réglés. Sauf qu'on n'était pas au Quidditch. On n'était pas dans un stade. On était dans une arène. On n'était pas sur un balai, mais face contre terre, les poumons infestés de sable et de souvenirs corrompus. Les yeux hantés par les erreurs et les malentendus. C'est fou de voir à quel point on peut changer. A quel point on peut perdre sa propre identité parce qu'elle n'a jamais été suffisamment armée pour nous protéger. On laisse les autres nous écorcher jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Alors on se reconstruit, sauf que cette fois, on est plus prudent. On monte la garde. On enferme son cœur à double tour et on vérifie que les issues sont barricadées. On installe des sentinelles sur les remparts. On voit l'autre comme un ennemi qui sera prêt à tout pour réduire nos châteaux en ruines macabres, tout simplement parce qu'il l'a déjà fait. Sauf que ce soir, l'ennemi c'était moi.

« You never did, after all. »

J'ai poussé un soupir, parce que c'était vrai. J'étais pas le prince charmant. Et, de toute façon, on n'était pas dans un conte de fée. On était tombé trop bas pour les fins heureuses. On avait laissé passer la chance, et elle ne se représenterait plus jamais. C'était ça, le constat de notre humanité morcelée. De tous nos rêves, de tous nos courages, de toutes nos promesses, il ne restait plus rien à part un tas de poussière. J'avais tout réduit en cendres la première fois que je l'avais quittée. Et le reste, c'était juste des dommages collatéraux. Je faisais tourner mon verre entre mes doigts, dans l'espoir d'y trouver des réponses. Mais personne n'exaucerait mes prières ce soir.

« What, never heard that word before ? Never got involved with one ?  »

J'ai souri en me demandant si, moi aussi, un jour, je finirai aussi amer qu'elle l'était. Peut-être que la maladie n'avait pas encore atteint mon cœur. Peut-être que j'avais encore un peu de temps devant moi avant de sombrer à mon tour. Ou peut-être que j'avais déjà coulé et qu'on se retrouverait au fond de l'océan. La différence, c'était que j'avais vécu mon rêve pendant qu'elle était enfermée dans son cauchemar. La différence, c'était que mon âme était encore entière, alors que la sienne reposait en mille éclats de verre sur le sol. La différence, c'était que je m'ennuyais de vivre, et qu'elle se débattait pour survivre. J'avais pas pitié, j'avais honte, pour un bon nombre de raisons. La principale, c'était que je me sentais coupable parce que je lui avais tourné le dos trois fois et que je savais pertinemment que j'avais loupé toutes mes chances d'accéder à la rédemption un jour. Vous allez me dire que n'importe quel autre gars aurait passé son chemin. Après tout, je ne la connaissais plus vraiment. Après tout, nos chemins s'étaient séparé il y a bien longtemps. Mais pourquoi est-ce qu'ils continuaient à se recroiser, alors ? Pourquoi diable l'univers mettait-il autant d'énergie à nous réunir ? Je ne suis pas comme tous les autres. Je ne suis pas comme mes frères. Je suis incapable de regarder les gens couler sans les aider. Je suis incapable de laisser mes erreurs et mes fautes s'en sortir sans aucune réparation. Je suis incapable de contempler le chaos sans rien faire. Même quand c'est moi qui l'ai créé. Même quand j'ai tout fait pour que ça arrive.

« Well, it's not the worst job ever. I meet some psychos from time to time, but the boss deals with them. The only big problem we had is one rape, a friend of mine. And I needed the money, so I kept working here and I didn't have the time to present myself to the exam, or even work for it, so I failed. My mom throw me out the house, just before I finished hogwards. But you never cared about all of this did you ?  »

C'était comme si elle répondait à toutes les questions avant que j'ai eu la chance de pouvoir les poser. C'était comme si elle voulait couper court à la conversation.  C'était comme si je ne méritais tellement pas de faire partie de sa vie qu'elle me chassait avant même que j'ai eu la chance de pouvoir essayer. Son détachement me faisait peur. Son amertume me dégoutait. J'arrivais pas à comprendre comment elle avait pu abandonner si vite. J'arrivais pas à comprendre comment elle avait pu choisir cette voie-là et s'en accommoder. J'arrivais à comprendre comment la fille qui rêvait de devenir pianiste en était venue à faire le tapin pour survivre. Et ça me dégoutait de savoir qu'il y avait des gens assez dégueulasses pour profiter de son désespoir. Alors j'ai continué à fixer mon putain de verre, la mâchoire crispée. J'avais pas mon mot à dire. J'avais perdu le droit à la parole lorsque je l'avais trahie.

«  Sounds like life turned out differently for you and me, huh ?  »

Elle s'était retournée vers moi. J'avais pas osé la regarder. J'étais encore en train de digérer les informations qu'elle avait débité comme s'il s'agissait d'un discours répété et récité à la virgule près. Puis j'ai relevé les yeux pour la regarder une dernière fois. C'était comme si tout ce qu'on était condamné à se dire, c'était des adieux. Encore, encore et encore. Toujours les mêmes mots, toujours les mêmes regards, mais cette fois-ci, c'était pas moi qui partait. C'était elle qui me chassait.

« Sure did.  »

J'ai déposé deux gallions sur le comptoir avant de me lever. J'allais partir sans dire un mot de plus, mais au dernier moment, je me suis tourné complètement vers elle pour lui faire face. J'avais pas envie d'être celui qui l'abandonnerait encore une fois. Et même si c'était con, même si c'était fou, même si elle me dirait non, j'avais envie d'apprendre à la connaître. J'avais envie de rattraper le temps perdu. C'était à la mode, en ce moment, de toutes façon. On avait tous un compte à rebours qui surplombait nos vies et, vu le peu qu'on en savait, on pourrait très bien mourir dans un an. J'avais pas envie de vivre avec des regrets. J'avais pas envie de continuer à vivoter sans savoir où j'allais. J'avais envie de me battre. Pour une fois dans ma putain de vie, j'avais envie de me battre. Et peut-être que c'était parce que je savais que je ne réussirai pas tout de suite, parce que je savais que ça serait risqué et que je devrais y mettre toute mon âme. Mais j'avais pas envie de partir. Pas encore.

« I did care, you know. I really did.    »

C'était pas un mensonge. C'était pas du vent. C'était vrai. Et elle ne me croirait pas, parce qu'elle ne connaissait pas la moitié de ce que j'étais, de ce qui m'avait poussé à agir comme j'avais agi, de toutes les raisons qui avaient fait que je me retrouvai là, juste en face d'elle, à essayer une dernière fois d'obtenir un bien inaccessible. Je demandais pas la Lune. Tout ce que je voulais, c'était une chance de me rattraper.

« And I still do.   »

J'ai vu qu'elle allait me répondre, alors j'ai pris les devants.

« And no, I'm not just saying that so I could seduce you or whatever it is your twisted mind think I'm doing,  I just...   »

I just want you to be ok. Sauf que, depuis tout à l'heure, un homme avait les yeux rivés sur elle. Je l'avais vu, depuis l'autre bout de la salle. Il devait avoir la cinquantaine. Les cheveux grisonnants. Des yeux trop clairs. Un regard presque malsain. Au fur et à mesure, il s'était rapproché, comme un prédateur qui observe sa proie. Et ça m'agaçait de sentir son regard peser sur nous. Ca m'agaçait de voir qu'il avait eu le culot de se déplacer jusqu'au bar. Et de s'asseoir à quelques centimètres de nous.

« I'm sorry, sir, do you need something ?    »

Au Quidditch, tout est simple. On monte sur un balai. On frappe des balles. On marque des points. Il suffit juste d'attraper le vif d'or et tous vos problèmes sont réglés. Sauf que cette fois-ci, c'était pas moi qui attraperait le vif d'or. C'était lui.


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Message Posté Dim 16 Juin - 21:55.



« The fear inside, the hills we've climbed, the tears this side of heaven, all these dreams inside of me, I swear we're gonna get there. »

« I did care, you know. I really did. » Le problème avec l'espoir, c'est qu'il se glisse en nous comme un poison. Il nous rappelle qu'on peut perdre, et qu'on peut gagner. Qu'on peut se retrouver sans rien, et qu'on se retrouve comme des idiots parce qu'on a cru en ses promesses. Parce qu'on s'est laissés piéger par ses idées et par ses mots, ses phrases toujours aussi bien tournées. On se laisse brûler par le feu, on se laisse inonder sous la pluie. On laisse l'au couler sur les vitres, et on se rappelle de tout les miracles auxquels on a pas pu assister parce qu'on avait pas le courage de s'en sortir. Et l'espoir détruit tout sur son passage. Il nous rappelle qu'on a perdu. Il nous rappelle que les années ont passés et qu'on s'est laissé emporter par les poisons, par les drogues, par les cauchemars et par le besoin d'argent. Il nous rappelle ce qu'on a raté, les choix qu'on aurait dû faire. La voie qu'on aurait pu prendre. Et il amène le regret avec lui, comme un vieil ami dont il refuserait de se séparer. Parce que c'est de cette façon là qu'on s'échoue sur la plage comme des naufragés ayant besoin de lumière et de soleil. Comme ces personnes qui ont enfin la possibilité de maintenir leur tête hors de l'eau. Et tout reste une question de choix. Une question de besoin. La nécessité de vivre dans un monde qui désire nous exposer à la lumière aveuglante du soleil, et qui désire nous brûler les yeux jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Jusqu'à ce qu'on se rappelle des erreurs qu'on aurait jamais dû commettre. Même si c'était facile. Même si c'était suffisant. On se perd toujours dans ces décisions, bonnes ou mauvaises. Celles qui nous ont menés à notre perte.

« And I still do. » Et d'autres fois on se dit que ça sera suffisant. On se dit qu'on pourra s'enfuir. Qu'on pourra tenir à certaines choses, et qu'on pourra en abandonner d'autres. On se dit qu'on pourra oublier la démangeaison qui nous attaque et qui ne nous lâche jamais. Cette lente torture qui nous rappelle que la fin arrive. Et qu'elle a toujours été là, dans un coin. Mais qu'on a préféré l'ignorer. Elle nous a toujours rappelé qu'on trichait, et qu'on se moquait de la terre entière avec toutes nos promesses, celles qu'on ne tenait jamais parce qu'on avait peur de se retrouver en position de faiblesse. Je m'apprêtais à parler. À lui dire que c'était des mensonges. Des belles paroles pour me pousser à le suivre, jusqu'à ce qu'il parte à nouveau, comme à chaque fois. Parce que c'est ce qu'il faisait. Il repartait, et il me laissait avec des souvenirs. Il repartait, et il inventait de nouvelles réalités et de nouveaux mensonges, comme s'ils avaient plus de valeur que tout le reste. Et le bonheur a beau vouloir nous frapper aussi fort qu'il le souhaite, on l'ignore encore. Parce qu'on a peur de tomber. Parce qu'on est effrayés à l'idée de chuter. Et c'est cette peur qui nous mène au pire. Celle qui nous force à abandonner. Parce que le courage est plus là. Parce qu'au fil des années, il disparaît, et il se transforme en sagesse. « And no, I'm not just saying that so I could seduce you or whatever it is your twisted mind think I'm doing, I just... » Et je l'ai regardé pendant plusieurs secondes. À la recherche d'un mensonge. À la recherche d'une illusion. Mais je ne voyais rien, et ça me tuait, parce que c'était forcément un putain de mensonge. Une histoire de plus. Un rêve de plus. Un dans lequel je ne voulais pas tomber. Et c'était tellement dur de se retrouver dans le doute. De ne pas savoir s'il mentait. De ne pas savoir si pour une fois, c'était la vérité.

Puis il est arrivé, le client que j'attendais. Celui qui était toujours trop brutal. Trop possessif. Comme si les femmes étaient des objets. « I'm sorry, sir, do you need something ? » Je me suis approchée de lui pour murmurer. Et ce n'était pas un ton de regret. C'était amer. C'était de la colère. Et derrière tout ça, se cachait un fond de tristesse. Parce que j'avais perdu. « Then why did you leave ? » Et je me suis retournée vers l'homme. « It's okay, he's my.. Whatever. » Ce dernier m'a pris le bras avec un peu trop de force, et il m'a forcé à se rapprocher de lui. C'était toujours le même enfer. Toujours les mêmes cauchemars. Toujours les mêmes rêves brisés qu'on refusait de voir, parce qu'on les avait détruit nous même. Alors on cherchait une échappatoire en enfer. Alors qu'il n'y en avait aucune. Il n'y en a même jamais eu. « I have to go now, Greg. I... Bye. » Puis l'autre m'a poussé à me retourner. Et il a serré mon bras encore plus fort. Et comme à chaque fois, j'étais persuadée que personne ne verrait rien. Parce que personne ne s'inquiétait pour une fille qui s'était retrouvée dans un endroit comme ça. Quel que soit ses excuses.

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It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away
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Message Posté Lun 17 Juin - 0:24.

hey love | stay the fuck out of my home

Cause my brain tells me you're dangerous, and my belly says you're just too hard to find



« Then why did you leave ? »

C'était le cœur du problème. L'énigme qu'on n'avait jamais réussi à déchiffrer. L'histoire était trop longue, trop douloureuse. Elle réveillait tous les souvenirs sans aucune pitié pour l'homme qui les fuyait depuis tout ce temps. Elle les ramenait à la vie, tous ces moments que j'avais choisi d'enterrer pour ne plus avoir à y penser. Elle en faisait des rois au royaume des regrets. Et ils s'alliaient tous pour m'étouffer.  Quand j'y repense, j'avais eu le choix. De la quitter. J'aurais pu choisir de foutre en l'air ma carrière pour elle. J'aurais pu choisir de tomber avec elle dans cet avenir incertain et d'affronter les regards sans me soucier de ce qu'il se passerait ensuite. Je l'avais pas fait, pour des milliers de raisons. Pour des milliers d'excuses. Parce que ça avait toujours été plus compliqué qu'un simple choix. A cette époque, j'étais complètement détruit. Et j'étais pas sûr d'avoir réussi à rassembler les pièces du puzzle encore aujourd'hui. J'aurais peut-être pu lui dire la vérité, si j'en avais eu le temps. Si j'avais pas eu si peur de la colère fichée sur son visage. Mais j'ai juste continué à la regarder, en silence, jusqu'à ce qu'on  me l'enlève.

« I have to go now, Greg. I... Bye.  »

Je l'ai vu prendre son bras. La tirer vers lui. J'ai pas compris tout de suite ce qu'elle foutait avec cet homme. J'ai pas compris tout de suite pourquoi elle ne se débattait pas. J'ai pas compris qui était devenu cette fille au visage si familier. J'ai continué à espérer, bêtement, que j'avais pas encore perdu. Parce que c'était ce que je faisais, je me perdais dans mes espoirs et je tombais de haut. J'avais jamais su retenir la leçon. J'avais jamais su apprendre de mes erreurs. Tout ce que j'avais toujours fait, c'était fuir. Fuir Londres quand ça s'est compliqué. Fuir Poudlard quand on m'a menacé. Fuir Thadeus. Fuir ma mère. Fuir les autres. Fuir jusqu'à ce que la terre ne suffise plus. J'avais déjà couvert tous les territoires. Alors j'ai écouté mon cœur, et j'ai foncé. J'étais pas comme mes frères. J'étais pas courageux. J'étais impulsif. J'étais désespéré.

« Hey, no, leave her alone. »

J'ai attrapé l'homme par sa veste pour l'obliger à s'immobiliser et il m'a foudroyé du regard. Dans ces moments là, chaque détail a son importance. Mais j'était trop distrait pour analyser la force avec laquelle il serrait son bras. Le prix de son costume. La marque du cigare qu'il tenait à la main.  Je continuais à le dévisager, les sourcils froncés. A essayer de l'intimider, sans réellement y parvenir. A ses yeux, j'étais juste un gars qui essayait de faire une bonne action. Sauf que ça avait toujours été plus que ça. Je me fichais complètement de l'image que je renvoyais. Je me foutais royalement de ce qu'il pouvait penser. J'en avais rien à foutre de passer pour le héros ou pour l'idiot du village. Tout ce qui m'intéressait, c'était Calixte. Et pourquoi diable est-ce qu'elle laissait ce connard l'agripper avec une telle force. J'ai fini par le lâcher.

« Look, sir, I don't mean to be rude but what the hell ?  »
« I'm sorry but I paid for her first, you can have her in two hours. Until then, she's mine. »

Un soupir exaspéré. I paid for her. C'était donc ça. Jusqu'au dernier moment, j'avais refusé d'y croire. Jusqu'au dernier moment, je m'étais égaré dans mes espoirs en pensant qu'ils pourraient me sauver, pour une fois. Au fond, je valais pas mieux que les autres. J'oubliais mes propres erreurs pour les commettre à nouveau. J'effaçais les traces du passé pour me perdre dans le dédale infernal. Et j'arrivais toujours dans les mêmes impasses. Je me retrouvais toujours face à ce même mur, recouvert de griffures et de sang. Et parfois, je me demandais s'il existait vraiment une sortie, ou si c'était juste une connerie qu'on m'avait fait miroiter pour me faire patienter jusqu'à la fin. She's mine. C'était exactement le genre d'individus qui me dégoutait. Il profitait de sa faiblesse. Il abusait d'elle. Il avait vu un ange déchu. Il avait vu ses ailes carbonisées. Et au lieu de les réparer, il les lui arrachait. Il regardait le sang couler. Les plumes flotter sur l'Océan rouge. Tout se mêlait aux cendres du passé dans un désastre parfaitement insensé.  Rien que de le regarder me donnait envie de le tuer.

« I'm sorry, what did you just say ?  »

J'ai agrippé son bras pour le forcer à la lâcher et je me suis posté juste en face de lui. Je lui bloquais le passage.

« What kind of twisted pervert are you ? She could be your daughter, for God's sake, leave her and go home.  »
« I'm the kind who pays. Mind your own business. »

J'aurais pu me barrer. J'aurais pu abandonner et obéir. J'aurais pu la laisser passer deux heures en enfer, et perdre son âme encore une fois. Sauf que j'avais plus envie de fuir. J'avais plus envie de lui tourner le dos. Je savais pertinemment qu'elle m'en voudrait, parce qu'elle avait toujours été du genre à se défendre toute seule. Ca ne m'intéressait pas de lui voler son rôle. Ca ne m'intéressait  pas de la sauver. Ca ne m'intéressait pas de jouer au héros. J'avais juste envie de me rattraper. J'avais juste envie de faire quelque chose de bien, pour une fois. Mais ça, c'était le plus beau mensonge que je m'étais jamais raconté, parce que j'avais beau me cacher derrière des prétextes à la con, je savais parfaitement pourquoi je continuais à me battre. J'ai levé les yeux au ciel.

« How much did you pay ? »

Il a eut l'air si embarrassé qu'il ne m'a même pas répondu. Alors j'ai comblé le silence avec une nouvelle promesse.

« How much ? I'll pay double and you go away and never come near her ever again.  »

Elle m'en voudrait. Bordel, qu'est-ce qu'elle m'en voudrait. Mais j'avais pas le choix. J'avais pas assez de courage pour la regarder s'en aller avec cette ordure. C'était profonédment égoïste. C'était pas mes affaires. C'était sa vie, pas la mienne. Mais j'aurais jamais pu vivre avec ça sur la conscience. C'était déjà assez dur de regarder l'étendue des dégâts. De regarder les ruines surplomber nos mondes. Et de s'avouer vaincu face à toutes les forces qui voulaient nous faire tomber. Il a lâché le bras de Calixte et je l'ai suivi jusqu'à la sortie du bar. Dehors, il faisait déjà nuit noire. Il m'a dit combien il l'avait payée. Je l'ai cru sur parole. Je lui ai donné le double. Et il a tourné les talons.

« Hey, you forgot something.  »

Je lui ai foutu un coup de poing dans le ventre pour m'assurer qu'il avait bien compris le marché. Même s'il était plus vieux que moi, il restait un sacré connard et j'étais sûr qu'il le méritait. J'ai poussé un soupir en le regardant s'en aller. Sauf que maintenant, c'était à mon tour d'affronter les conséquences de mes actions. C'était à mon tour de subir le jugement. Et je savais qu'il serait particulièrement sévère. Je me suis retourné pour rentrer dans le bar. Mais elle était là. Juste derrière moi. Et elle n'avait pas l'air ravie. J'ai esquissé un sourire tout en sachant que ça ne serait jamais suffisant.  

« Look, I'm sorry, I know you need the money, I'll pay you back, you won't owe me anything, I don't care but seriously, I couldn't let you go with him.   »



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Message Posté Lun 17 Juin - 1:22.



« Comin' down the world turned over, and angels fall without you there. And I go on as you get colder, or are you someone's prayer ? »


Il y a des millions de choses qu'on prétend ne jamais voir. Ces millions de petits gestes qui se multiplient et qui s'assemblent pour créer une scène des plus illogiques. Ces millions d'instants qui se rassemblent et qui se ressemblent en même temps. Ces choix qui sont fait et qui semblent tellement insignifiants jusqu'à ce qu'ils possède une importance capitale. C'est tout ces moments là qui nous choque et qui nous change, comme si rien n'avait réellement de sens. Comme si tout ce qui avait de l'importance auparavant devenait futile. Et j'aurai dû continuer à le haïr. J'aurai dû continuer à le blâmer pour mes propres conneries. J'aurai dû mettre son nom en haut de l'affiche des personnes que je ne voulais plus jamais revoir. J'aurai dû laissé le destin nous éloigner, et j'aurai dû m'empêcher de croiser sa route à chaque fois. Comme si tout était une coïncidence. J'aurai dû arrêter de croire au fond de moi en quelque chose qui n'avait aucun sens. C'est ça, que je me suis dit, quand j'ai senti l'autre me serrer le bras, et me forcer à lui tourner le dos. Parce que j'étais persuadée qu'il resterait là. J'étais persuadée qu'il serait lâche, comme à chaque fois. Qu'il abandonnerait la bataille parce que ça devenait trop dur pour lui. J'ai sincèrement pensé qu'on aurait pas de seconde chance. Qu'on avait trop forcé sur le destin et le hasard. Qu'on avait laissé les choses se transformer en un poison dont l'antidote était inconnu.

J'étais coincée dans une bataille où j'étais le premier prix. J'étais la raison même pourquoi il se battait. L'enfer ou le passé. C'était un choix que je ne savais plus faire. Un choix dont je ne comprenais même plus les propositions. Comme si tout se mélangeait dans un chaos ordonné. Une déchéance victorieuse. Ces paradoxes nous tuait et nous renforçait à la fois. Les mots étaient toujours les mêmes. La pression de sa main sur mon bras aussi. Puis j'ai essayé de comprendre ce qui avait changé. J'ai essayé de comprendre pourquoi est-ce que j'avais soudainement une valeur, alors que j'avais tout raté depuis le départ. Pourquoi est-ce qu'un monde en perdition comme celui-là voulait me voir respirer à nouveau. Qu'est-ce qui se cachait derrière les promesses et derrière les craintes. Derrière les doutes et derrière les mots qu'on a jamais osé prononcer. Au bout de plusieurs instants, après la découverte de la macabre vérité, j'ai vu Greg agripper à son tour l'autre, ce qui a forcé ce dernier à me lâcher. Je suis restée en dehors du conflit, en malaxant quelque peu mon bras pour faire fuir la douleur. Et à la deuxième phrase du type, j'ai cru que j'allais repartir en enfer, avec toujours cette boule au ventre qui me torturait. Avec toujours autant d’appréhension que la première fois, parce que je perdais tout les jours un peu plus, et parce que personne n'a jamais été là pour ralentir ma chute. Sauf aujourd'hui. Et au fond, ça me rendait en colère de voir qu'il revenait comme si tout était déjà acquis pour lui. Comme s'il n'y avait pas de bataille, ni de décision. Comme si le choix lui appartenait et que j'étais cet objet dont il souhaitait disposer. Comme s'il était comme tout les autres. Et c'était en pensant à cette crainte que je continuais à rester silencieuse. À continuer à penser qu'il était aussi un connard dans l'histoire.

Puis il l'a payé, et le type allait partir. Jusqu'à ce que Greg lui file un coup dans le ventre. J'ai mis ma main devant ma bouche comme pour étouffer un hoquet de surprise. Et la surprise s'est transformée en colère. Parce que personne ne me sauvait. Parce que ce rôle là, il m'appartenait. Parce que depuis le début, je me suis sauvée moi même de toutes les conneries qu'il essayait de me faire subir. « Look, I'm sorry, I know you need the money, I'll pay you back, you won't owe me anything, I don't care but seriously, I couldn't let you go with him. » J'étais exaspérée. Et à la fois, j'avais de l'espoir. Parce que c'est ça qui m'a toujours poussé à revenir en arrière. Cet espoir qui m'empêchait de tomber dans le gouffre. Cet espoir qui me permettait de voir une certaine lumière, quand tout était noir autour de moi. « Like hell you couldn't ! I've been doing this for years, and it's not like it bothered you before ! » J'ai laissé ma voix s'emporter pour la première fois depuis le début. « Why did you do this ? You wanted to be the hero ? You think I need you to mess with my life ? Because I've been doing it very well on my own for years now, thank you. I don't need you to save me ! » Et la vérité, c'est que j'avais besoin d'être sauvée. Mais c'était un autre de ces secrets que j'avais bien trop peur d'avouer. « Why would you care if he or anybody else was paying me to fuck them ? And don't give me that ''you're better than this'' crap. »

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Message Posté Lun 17 Juin - 14:56.

long nights | allow me to feel

i'm falling, i am falling safely to the ground, ah.



On se demande toujours ce qui différencie l'homme de l'animal. On a créé des lois, on a élu des gouvernements, on a construit des sociétés et on les a laissé nous détruire. On a peint des tableaux, on a écrit des livres, on a chanté jusqu'à ce qu'on n'ait plus de voix. Mais les oiseaux chantent. Les loups élisent le chef de meute. Les abeilles suivent leur reine. Et le reste du monde suit son cours. Si je devais répondre à cette question, trouver ce qui différencie vraiment l'homme de l'animal, je crois que je dirais que c'est la fierté. C'est la fierté qui pousse l'homme à s'élever au dessus des troupeaux et à forger son propre monde. C'est la fierté qui oblige l'homme à agir contre la nature. A défier les lois qu'elle a créées pour en inventer des nouvelles. Et parfois, elles n'ont aucun sens. Parfois, elles sont injustes. Mais on les suit quand même, par fierté. Sauf que c'est cette même fierté qui déclenche les guerres les plus meutrières. C'est cette même fierté qui cause la perte d'une civilisation. C'est cette même qui pousse un type comme moi à donner un coup de poing à un vieux con. Et c'est toujours cette même fierté qui l'a forcée à me reprocher d'avoir essayé de la sauver.  J'imagine qu'on n'est pas si différents des animaux, en fin de compte.

« Like hell you couldn't ! I've been doing this for years, and it's not like it bothered you before ! »

J'ai levé les yeux au ciel. C'était injuste. C'était injuste et je le savais. J'avais été le premier à la laisser sur le carreau. Face contre terre. Et j'avais l'audace de penser qu'il suffirait d'un geste héroïque pour gagner le droit de cité. Elle avait raison, j'avais pas levé le petit doigt pendant toutes ces années. Je l'avais laissée vivre sa vie en espérant que mes rêves étaient réels. Qu'elle avait réussi là où j'avais chuté. Elle était mieux sans moi, c'était ça que je me répétais, les premiers temps. J'avais jamais été quelqu'un de stable. Toute ma vie reposait sur des fondations de sable. Et les châteaux que j'avais construits n'étaient que des illusions. L'or était fait de poussière. Les vitraux étaient noirs. Il y avait des barreaux aux fenêtres et des barricades derrière les portes. Je m'étais toujours dit qu'elle n'aurait pas voulu vivre ça. J'avais toujours trouvé cette excuse réconfortante. Sauf que la réalité m'avait rattrapé, encore une fois. Ce que je faisais était profondément injuste, et pourtant j'en avais rien à faire. Je l'aurais refait encore et encore, si ça voulait dire qu'elle ne passerait pas la nuit avec l'autre ordure.  

«  Why did you do this ? You wanted to be the hero ? You think I need you to mess with my life ? Because I've been doing it very well on my own for years now, thank you. I don't need you to save me !  »

J'ai poussé un soupir avant de m'allumer une cigarette. La vérité ? J'en avais rien à foutre d'être un héros. A vrai dire, je me serais bien passé du nouvel ennemi que je venais de m'être fait. Je me serais bien passé de tous ses reproches. Mais quel genre de gars j'aurais été si je l'avais laissée partir ? Alors, non, elle n'avait pas besoin de moi pour se débrouiller. Non, j'avais jamais été là auparavant. Mais est-ce que c'était une raison pour la condamner à mort ? Pour la laisser passer deux heures à se noyer dans les eaux du Styx ? J'ai fait ce que j'avais à faire, c'était tout ce que je savais. J'aurais jamais pu me regarder dans le miroir en sachant que je l'avais menée à l'abattoir. Sauf que c'était déjà un peu le cas, pas vrai ?


«  Why would you care if he or anybody else was paying me to fuck them ? And don't give me that ''you're better than this'' crap.  »

Je l'ai regardée. Je l'ai regardée pendant des secondes un peu trop longues. Pendant des éternités trop  éphémères. J'essayais de me donner du courage. J'essayais de trouver la bonne réponse. Sauf qu'il n'y en avait pas. J'en vais rien à foutre de ce qu'elle faisait de sa vie. Non, c'était faux. J'en avais quelque chose à faire. Ca me dérangeait,même, de voir qu'elle avait abandonné aussi facilement. De voir qu'elle était en danger constant et que je pourrais rien y changer. Le truc, c'était qu'elle voyait pas ce que je voyais. Elle voyait pas ça comme un gâchis. Elle voyait ça comme une question de survie. Et ça l'aveuglait. Parce qu'elle avait jamais su combien elle était précieuse et spéciale. Cette fille, elle n'était pas comme tout le monde. Elle avait toujours été plus intelligente que nous. Et ça me fascinait, cette facilité avec laquelle elle lisait dans les autres. J'aurais pu tout lui déballer. J'aurais pu lui dire la vérité. Sauf que ça semblait trop injuste. Alors, je lui ai lancé un sourire sarcastique.

«  How about thank you ?   »

On construit des citadelles et on y enferme tous ses secrets. On les protège avec des mensonges. Des mercenaires qui se battront jusqu'à la fin pour sauver ce qu'il reste de nos vies désagrégées. On se cache derrière des sourires parce qu'on ne veut pas avouer au monde entier qu'il ne nous reste plus rien. Qu'on tombe bien trop bas pour pouvoir attraper la corde. Qu'on se sent terriblement vide et qu'on se perd dans les océans des rêves sans trouver celui pour lequel on a envie de se battre. Qu'on a dérivé tellement loin qu'on n'arrive plus à voir la lumière du phare.

«   For the thrill. I did it for the thrill.   »

Je continuais, toujours sur le même ton. Je jouais parce que c'était toujours plus confortable que de devoir la regarder dans les yeux et tout lui raconter. Dans une ruelle. Au milieu de la nuit. Sauf que j'en avais marre de jouer. Je passais mon temps à ça. A lancer des pièces sans regarder sur quelle face elles tombaient. A jeter des dés et à m'enfuir pour ne pas voir le résultat. Avec mes cartes, je construisais des châteaux, pas des empires de jetons. Et je soufflais, juste pour voir ce que ça ferait lorsque tout finirait par s'effondrer. J'ai repris un air sérieux.

«   Honestly ? It didn't really seem like you didn't need my help. I mean, judging by the way he grabbed you, you'd have been lucky to see the light of day aver again.    »

C'était vrai. J'avais eu peur pour elle. Et aux dernières nouvelles, c'était pas un crime. De toute façon, je ne cherchais pas son absolution. Je savais pas ce que je cherchais. Je savais plus pourquoi j'insistais. Ou peut-être que je le savais, et que ça me tuait de m'avouer qu'après tout ce temps, j'avais toujours pas réussi à passer à autre chose. Sauf qu'il était peut-être temps d'arrêter de fuir. Il était peut-être temps de se montrer courageux. Et de regarder la réalité en face. J'ai laissé passé quelques secondes avant de me retourner vers elle, avec un sourire.

«   But since you seem pretty interested, why don't we discuss it over diner ? Saturday night, the new italian place on kensington avenue ?   »


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Message Posté Lun 17 Juin - 17:48.



« My shallow heart's the only thing that's beating, sometimes I wish someone up there will find me, 'til then I walk alone. »

Le problème avec les promesses, c'est qu'on a beau continuer de les faire, elles restent toujours aussi futiles. Parce qu'on sait qu'elles ne comptent pas vraiment. Parce qu'on sait aussi que les mtos ne restent que des mots. Des simples petites phrases qui n'ont jamais eu aucun sens, et qui ne nous offre aucune sécurité. C'est si ridicule de croire en ces mensonges, alors que tout le reste nous pousse à nous méfier. Parce que la vie nous couvre d'avertissement, comme pour prouver qu'on perd un peu plus à chaque instant. On nous rappelle que les minutes sont comptées. Que rien n'est éternel. Et qu'au fil du temps, tout commence à mourir. Les fleurs, les plantes, les sentiments. C'est toujours le même refrain, toujours la même mélodie qui s'accélère et qui ralenti au fur et à mesure des battements de notre cœur. Parce qu'en vérité, on a tous peur de la solitude. Chacun d'entre nous. On est terrifiés par l'idée de se retrouver sans personne pour nous sauver. Qui que ce soit. Un ami, ou encore bien plus. On est terrifiés par la mort et par les démons qui nous écrasent comme si on étaient de vulgaires insectes. Comme si on était que des fantômes. Des restes du passé. Des cauchemars qui n'ont pas su se retrouver au pays des rêves. Et on essaye de vivre en se disant qu'on est tous des traîtres. Tous de pâles copies de ce qui existait auparavant. Les valeurs, les morales, plus rien n'existait. On était perdus dans un monde sans couleur. Un monde sans le moindre espoir de guérison, parce que tout les remèdes étaient dissimulés au fond de chacun d'entre nous, et parfois, on passait notre vie entière à essayer de les rechercher en vain. Parce que les personnes qui pourraient nous y aider ne sont pas là. Parce qu'on ne les a pas encore trouvé. Et le plus triste est de se dire qu'on ne les trouvera peut être jamais, même si on cherche notre vie entière. Même si on passe des heures à chercher les mots qu'on aurait pu dire.

« How about thank you ? » Je mordis ma lèvre inférieure en signe d'exaspération. Parce que je n'ai jamais remercié personne. Parce que j'ai toujours refusé d'être reconnaissante envers quelqu'un puisque de toutes façons, personne ne m'a jamais sauvé. Je me suis toujours sauvée moi même. Je n'ai jamais eu besoin de personne, et c'était cruel de m'enlever cette seule fierté. Parce que j'aurai pu me sauver. J'aurai pu me protéger. J'aurai pu m'en sortir, et tout ce qui me restait, c'était une dignité que je ne possédais déjà plus. Des mensonges qui ne me faisaient plus aucun bien. Parce que la douleur ne passait pas, elle n'était jamais soulagée. C'était toujours aussi difficile d'avancer, et de se dire que personne ne me sauverait. Même lui. Parce que c'était un mensonge. Parce que ça devait être un nouveau mensonge. « For the thrill. I did it for the thrill. » Je pensais partir, puis il s'est retourné à nouveau vers moi. « Honestly ? It didn't really seem like you didn't need my help. I mean, judging by the way he grabbed you, you'd have been lucky to see the light of day aver again. » Sauf qu'il ignorait ce qui s'était déjà passé. Il ignorait que c'était pas la première fois. Et que c'était pas la dernière fois que je le verrais. « But since you seem pretty interested, why don't we discuss it over diner ? Saturday night, the new italian place on kensington avenue ? » Ma bouche s'est entrouverte sous le coup de la surprise. Parce que de tout ce qu'il pouvait dire, c'était le plus prétentieux. C'était le plus inattendu. Et au fond, j'avais peur. Je me demandais pourquoi est-ce que j'avais soudainement le moindre intérêt pour lui à nouveau. Alors qu'il avait décidé de m'oublier pendant des années. Et je me suis rappelée qu'il devait rechercher ce qu'ils recherchaient tous. Une fille qui voudraient bien les satisfaire. Et tout ce qui se lisait sur mon visage, c'était la déception. Parce que j'ai été assez conne pour croire à autre chose. « It's not like it was the first time I met the guy, Greg. It's not like it was the first bruise, or like it will be the last. » J'ai laissé plusieurs minutes passer avant de le regarder à nouveau, comme si j'avais peur d'assumer le doute et la crainte que j'avais. Cette certitude qu'il ne semblait pas comprendre, pour même savoir. « And are you fucking kidding me ? God, I really can't believe you, you're so full of yourself. » Puis de nouvelles secondes passèrent. De nouvelles secondes qui ressemblaient à des doutes qui s'accumulaient, comme si il n'y avait jamais eu aucun espoir pour lui et moi. Comme si on était toujours les idiots qui pensaient tout avoir, sans rien payer. « But fine, I'll think about it. Not sure if I'll come. »

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It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away
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Message Posté Lun 17 Juin - 18:31.

look for the girl | with the broken smile

ask her if she wants to stay a while



Il y avait trop de choses à dire et pas assez de temps. Il y avait tout ce qu'on n'avait pas vécu et qu'on n'aurait peut-être jamais le temps de vivre. Il y avait tout ce à quoi on n'osait pas penser et tout ce qu'on voulait rêver.  Il y avait la rancoeur et la colère. Il y avait le destin et la liberté. Il y avait nos chemins qui étaient peut-être trop séparés parce qu'ils avaient quitté le continent, mais au fond, je savais qu'on allait dans la même direction. Il y avait elle. Et il y avait moi. C'est pour ça que je me suis accroché. C'est pour ça que j'ai continué à prier pour qu'elle dise oui. J'avais des comptes à lui rendre. J'avais des choses à lui expliquer, plus qu'elle ne pouvais l'imaginer. Et j'avais plus le luxe de pouvoir me cacher derrière des excuses et des prétextes. Et peut-être qu'elle partirait. Sûrement même. Mais j'avais essayé. C'était le plus important, pas vrai ? Alors je continuais à la regarder. A fumer ma cigarette moldue. Et à espérer l'impossible. Please say yes.

« It's not like it was the first time I met the guy, Greg. It's not like it was the first bruise, or like it will be the last. »

Ce qu'elle ne savait pas, c'était que j'avais l'intention de faire en sorte que ça soit le dernier. Je savais que c'était pas à moi de décider pour elle. Je savais que j'avais pas le droit de faire ça. De penser comme ça. Mais si j'avais ne serait-ce que l'ombre d'une chance de la sortir de là, d'attraper sa main et de la tirer cers le haut, alors je le ferai. Et c'était terriblement naïf. C'était complètement stupide. Mais j'était un joueur de quidditch, pas un arythmancien. Please say yes.

« And are you fucking kidding me ? God, I really can't believe you, you're so full of yourself. »

Je lui ai lancé un sourire satisfait. C'était culotté. C'était audacieux. Mais c'était tout ce que j'avais. L'audace de croire qu'il y avait encore une partie d'elle qui était assez attachée à moi pour entendre ce que j'avais à lui dire. Je ne m'attendais pas à un miracle. Je m'attendais pas à ce qu'on redevienne amis du jour au lendemain. Je m'attendais pas à ce qu'elle me pardonne. Non, c'était un mensonge. J'avais envie de croire à tous ces espoirs. J'avais envie de voir jusqu'où ça nous mènerait. J'en avais marre de passer à côté de mes chances. De ne pas avoir assez de courage pour les saisir. De ne capturer que du vent, et de laisser les opportunités aux autres. Et peut-être que j'avais pas grand chose à offrir. Peut-être que j'étais qu'un homme complètement vide parce qu'il avait trop peur de ce qu'il se passerait s'il tombait amoureux à nouveau. Mais pour la première fois depuis longtemps, depuis trop longtemps, j'avais envie que quelque chose se passe. Je ressentais quelque chose. Et je savais pas vraiment ce que c'était. Mais c'était là. Please say yes.

« But fine, I'll think about it. Not sure if I'll come. »

J'ai aquiescé en souriant, parce que je savais que j'avais gagné la partie. Je savais que rien ne serait facile. Je savais qu'elle m'en voudrait toujours. Je savais qu'elle ne se laisserait pas faire. Je savais que j'allais avoir tellement de mal à passer les murailles et les défenses que parfois, j'aurais envie d'abandonner. Mais peut-être que ça valait le coup de se battre. Peut-être que, pour une fois, tout n'était pas vain. J'ai écrasé ma cigarette avant de mettre mes mains dans les poches de mon blouson.

« Alright, then. New italian place, Saturday, 8 PM, I'll be waiting for you.   »

J'ai commencé à partir en marchant à reculons, toujours avec le même sourire.

« Don't be late ! »

Et je me suis retourné pour rentrer chez moi.


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Message Posté Lun 17 Juin - 18:32.
THE END.


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you look the same but i don't recognize you - calixte&gregory

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