VULNERA SAMENTO FERME SES PORTES ▲
Merci à tous pour avoir pris part à cette formidable aventure.

en savoir plus

GREGORY & CALIXTE ❧ broken trust and broken hearts [pm]
ϟ this is the road to ruins, and we're starting at the end, say yes, let's be alone together.
avatar
Calixte B. Jones
this is the wizzarding world of
Je suis un employé
informations
Je suis un employé

star : Emily Browning
crédit : (c) chevalisse
lettres postées : 55
date d'entrée : 10/11/2012



Message Posté Lun 24 Juin - 22:08.



oh it's the last time
tonight I think I'll walk alone, find my soul as I go home


★ noms des participants: Gregory Pritchard & Calixte Jones
★ statut du sujet: privé
★ date: milieu du mois
★ heure: fin de soirée
★ météo: nuageux
★ saison: saison 2
★ numéro et titre de l'intrigue globale en cours: 005
★ numéro et titre de l'intrigue en cours: 005
★ intervention de dominus: Nein
★ récompenses: Nein.





_________________
⊹ I decided to never invest too much emotion in one thing
It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away
avatar
Calixte B. Jones
this is the wizzarding world of
Je suis un employé
informations
Je suis un employé

star : Emily Browning
crédit : (c) chevalisse
lettres postées : 55
date d'entrée : 10/11/2012



Message Posté Lun 24 Juin - 22:11.



« It's only love, it's only pain, it's only fear that runs through my veins. »


Je me rappelais des coups. De la douleur qui se propage de nerf en nerf. De cette douleur qu'on ne peut pas arrêter. Les hurlements. Les coups qui se multiplient. Et des insultes, toujours les mêmes. Je me rappelais d'avoir entendu les menaces et d'avoir vu le sang se répandre sur le sol. Alors je suis restée là. J'ai attendu. J'ai laissé la douleur se propager. Jusqu'à ce que je comprenne qu'elle ne partirait pas, et qu'il n'arrêterait pas non plus. Il est parti, et j'ai réussi à atteindre mon sac. J'ai attendu plusieurs secondes avant de me diriger dehors. Une voisine m'a aidé à marcher, et je lui ai demandé de m'amener jusqu'à l'appartement de Gregory. C'était le plus proche. C'était la solution que j'avais. Parce qu'au fond, j'étais seule. J'étais plus seule que n'importe qui, et il habitait à quelques rues de là. C'était cette même souffrance que j'arrivais pas à entendre. Que j'arrivais plus à contrôler. Parce que dans la solitude, on se retrouve plus perdus que jamais. Comme si tout nos espoirs et nos rêves s'écrasaient sur le sol. Je n'avais plus rien que la peur, et une fierté disparue. Parce que si je ne me soignais pas rapidement, j'allais crever à cet endroit. Elle m'a déposé sur le pas de la porte, et elle est partie après avoir toqué plusieurs coups. Elle avait peur d'avoir des soucis. Je l'ai remerciée, et j'ai attendu la sentence. Parce qu'il pouvait toujours me détruire. Parce qu'il pouvait toujours m'envoyer à l'hôpital, mais je n'aurai jamais assez de gallions pour payer les frais médicaux. Et quoi qu'il arrive, je savais que si j'y allais, j'aurai de graves soucis. Je devais juste avoir du repos. Je conservais cet espoir là. Celui que la douleur s'atténuerait. Je vivais dans cette illusion où je me disais que je n'avais pas gémi ou même hurlé de douleur à chaque pas jusqu'à chez lui. Je me disais que tout irait bien, parce que j'avais pas le choix. Je devais survivre et bosser à nouveau. Je devais survivre parce que personne ne viendrait me sauver. C'était ça les règles du jeu. Les règles qu'on essayait d'éviter toutes nos vies mais qu'on pouvait pas éviter. Celles qui seraient toujours là, toujours aussi cruelles, prêtes à nous réduire en poussière à chaque instant. On connaissait pas le vrai sens de la peur. On connaissait pas le sens de la terreur. On le découvrait jour après jour.

J'étais assise sur le côté, incapable de me relever. J'ai attendu dans l'espoir qu'il serait là parce que c'était tout ce que j'avais. C'était tout ce que j'aurai. Alors quand il a ouvert, j'ai gémi parce que mes jambes étaient retenues par la porte. Et elles étaient couvertes de sang et de bleus. Je m'en voulais déjà d'avoir mis un vulgaire short en jean ce matin là. J'ai levé la tête vers lui. « Hey, sorry to bother you. » Ma voix était brisée à force d'avoir trop mal. À force de ressentir le sang contre ma gorge. À force de sentir les coups qui se multipliaient, et à force de le supplier de s'arrêter. Parce que j'étais rien. J'étais qu'une victime sans la moindre valeur. « I euhm, I need some bandages and pain killers, probably a needle and some wire too. I don't have any at home and I can't really go back to my house right now anyway so... Since you're close to my appartment and I'm bleeding... And I think I might have one or two ribs broken. Between other things. Well, since you're closer to my house than anyone I know, I thought you could help me, cause you know, magic is crazy and it doesn't work all the time for me. » J'ai essayé de sourire. Essayé de prétendre que tout allait bien, alors que je voulais partir d'ici et ne le revoir que par hasard. Le revoir et lui dire bonjour comme si j'étais surprise, et pas comme si je l'avais évité pendant plusieurs jours. Comme si j'essayais de couvrir ma honte. Couvrir la haine amère que je possédais contre la vie. J'ai expiré pendant un bref instant avant de le regarder à nouveau. « I feel dizzy and I don't wanna pass out in the streets, I have to use your bathroom and I might need to crash here for tonight, if it's okay. I'll sleep on the couch, I'll be gone tomorrow morning. » J'avais pas envie de l'inquiéter. Mais j'avais nulle part où aller. C'était la seule et unique solution que j'avais. Parce que j'avais pas de portoloin. Parce que j'aurai jamais la force de me déplacer jusqu'à chez Stan, ou Larra. Ils étaient à l'autre bout de cette putain de ville. Et j'étais même pas sûre qu'ils seraient là. « I'm sorry, I really didn't want to come here but I don't have a choice, if I go back to my appartment now, he's going to kill me. » Un rire jaune. Une dernière supplication pour une âme qui dérivait en enfer depuis déjà trop d'années.

_________________
⊹ I decided to never invest too much emotion in one thing
It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away
avatar
Gregory J. Pritchard
this is the wizzarding world of
Je suis un joueur de Quidditch
informations
Je suis un joueur de Quidditch

star : Jamie Dornan
crédit : Shya
lettres postées : 143
date d'entrée : 20/10/2012



Message Posté Lun 24 Juin - 23:21.

i came from the valley | and you came from the sea

how far up the river would you go to meet me again


On pourrait croire qu'à 28 ans, j'étais capable d'assumer mes choix. On pourrait croire qu'à 28 ans, j'avais mieux à faire que de penser à une fille chaque putain de seconde de chaque putain de journée. On pourrait croire qu'à 28 ans, j'avais enfin compris comment gérer mes émotions. On pourrait croire qu'à 28 ans, j'avais compris que l'alcool ne résolvait pas les problèmes, il les créait. Que j'étais passé à autre chose. Que j'avais grandi. Que j'avais muri. Que je ne passerais pas mes soirées allongé sur mon canapé, une bière à la main, une cigarette dans l'autre, à penser au temps perdu et aux années passées. Bordel, qu'est-ce que j'étais pathétique, affalé devant la télé moldue, sans regarder les images, sans écouter la musique. Les yeux perdus dans le vide, tout ce que je voyais c'était son visage. Et à chaque fois que quelqu'un appelait, à chaque fois que quelqu'un frappait à la porte, j'espérais secrètement que ça serait elle. Le problème, c'était que j'avais tout foutu en l'air. Et consciemment, en plus.

Vous connaissez, ce sentiment ? Quand vous donneriez tout ce que vous avez, quand vous abandonneriez toutes les richesses du monde pour retourner en arrière. A cet instant précis où tout avait foiré. A cet instant précis où vous aviez perdu la seule chose qui comptait dans votre vie. Des remords ou des regrets, je ne savais pas ce qui me rongeait le plus. Mais ils me dévoraient jusqu'à ma putain de moelle. Ils se nourrissaient des souvenirs et ils assassinaient tous les espoirs. Ils me laissaient, enivré par les écumes du passé, sur le sol froid des cathédrales pillées. Ils me laissaient face contre terre, mais ils m'obligeaient à regarder le reflet de tout ce que je n'aurais jamais.

Depuis les derniers évènements, les matchs de quidditch avaient été annulés. Respect pour les victimes du 31, dérèglements magiques, toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas prononcer le mot peur. Il était dans tous les regards, mais les lèvres le chassaient. J'ai vu les plus grands esprits de ma génération crouler sous le poids de la terreur. J'ai vu un monde se détruire et les hommes s'entretuer. J'ai vu la haine et la violence. J'ai vu le sang couler sur les pavés. J'ai vu une guerre déchirer tout ce qu'on avait construit. Et tout recommençait. C'était ça, la malédiction de l'être humain, au fond. Il est destiné à accomplir les mêmes erreurs jusqu'à sa mort. Et les autres prendront le relais. Il est condamné à revivre les évènements en boucle sans jamais pouvoir s'évader du temps. J'étais bien placé pour le savoir. Jour après jour, année après année, je refaisais les mêmes conneries. Je me damnais en me laissant crouler sous le poids de tout ce qui avait été écrit. Je refusais de voir la vérité en face. Pourtant, elle martelait contre ma poitrine. J'aurais pas dû la laisser partir. J'aurais pas dû.

J'étais en train d'essayer de me motiver à aller chercher une nouvelle bouteille de bière lorsque j'ai entendu qu'on frappait à ma porte. J'attendais personne. C'était certainement une erreur. Au pire des cas, un connard de journaliste qui voulait mon avis sur la politique de mon frère. J'ai décidé d'aller chercher ma bouteille et de déterminer sur le chemin si j'avais la patience d'affronter un nouvel entretien ou pas. J'étais certainement pas habillé pour. Torse nu, avec un jogging en guise de pantalon, j'étais bien loin des costumes cintrés de mon frère. Grand bien m'en fasse. Au final, la curiosité l'a emportée. J'ai ouvert la porte. C'est là que je l'ai vue, étendue sur le sol. Couverte de sang et d'hématomes. J'avais déjà vu pire. Mais rien ne m'avait jamais affecté à ce point. Mon visage a pris une expression horrifiée. J'ai posé la bouteille sur le comptoir de l'entrée et j'ai écouté ce qu'elle avait à me dire sans réellement entendre. J'étais partagé entre la peur et la haine. Je ne comprenais pas qui était assez lâche pour battre une femme. J'arrivais pas à comprendre qui serait assez con pour s'en prendre à elle. J'étais inquiet et dégouté. C'était comme si on me servait toute mon impuissance sur un plateau d'argent. C'était comme si elle payait le prix pour mes conneries. C'était comme un défi dégueulasse lancé par l'univers. Tiens, regarde moi détruire tout ce que tu n'as pas su aimer à temps.  Je me suis accroupi à côté d'elle et j'ai passé ma main sur sa joue.

« Holy shit Cal', what happened to you ? »

Sans attendre la réponse, je l'ai prise contre moi, j'ai fermé la porte, j'ai récupéré ma bière et je l'ai portée jusqu'à la salle de bain qui se situait à l'étage. Je l'ai posée sur le sol avant d'ouvrir les placards à la recherche de ma trousse à pharmacie. Je l'avais jamais utilisée auparavant. J'ai même cru, pendant un moment, que j'en avais pas. Puis j'ai fini par la trouver. Je me suis assis en face d'elle avant de l'ouvrir. Des trucs de moldus, mais c'était tout ce en quoi j'avais confiance depuis que la magie déconnait. J'avais assisté à trop d'accidents pour risquer de la perdre comme ça. J'ai passé quelques secondes à la regarder. Même brisée, elle était belle, la dame sans merci. Je lui ai souri.

«  Do you want a drink ? It's a muggle one, but it's still pretty good. »

J'avais montré la bière que j'avais posée à côté d'elle d'un signe de tête. J'ai pris un peu d'alcool pour imbiber un coton et j'ai commencé à nettoyer ses plaies. J'avais peur de lui faire mal. J'avais peur de la casser. C'était con, mais elle était si fragile, que j'avais peur que le moindre de mes gestes ne fasse tout empirer. Et, à cet instant précis, pendant que j'essayais de la soigner, il n'y avait rien que je fuyais plus que son regard.

« You're not....Bothering me, I mean. You're not bothering me. In fact, you should have come sooner.  »

Comme je l'ai dit, je n'étais pas comme mon frère. Je ne possédais ni sa subtilité, ni son courage.



_________________
BAD BLOOD That these are the days that bind you together, forever And these little things define you forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry? It's been cold for years, won't you let it lie? If we're only ever looking back We will drive ourselves insane As the friendship goes resentment grows We will walk our different ways But those are the days that bind us together, forever And those little things define us forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry?It's been cold for years, won't you let it lie?
avatar
Calixte B. Jones
this is the wizzarding world of
Je suis un employé
informations
Je suis un employé

star : Emily Browning
crédit : (c) chevalisse
lettres postées : 55
date d'entrée : 10/11/2012



Message Posté Mar 25 Juin - 1:08.



« When I'm gone, you're gonna miss me when I'm gone, you're gonna miss me by my walk, you're gonna miss me by my talk, oh, you're gonna miss me when I'm gone. »

« Holy shit Cal', what happened to you ? » J'aurai voulu boire les mensonges comme s'ils étaient des solutions. J'aurai voulu écouter les miracles comme s'ils étaient des prières. J'aurai préféré savoir que tout avait un sens et que rien n'était disparu. J'aurai préféré que tout ça soit logique et que personne n'aurait honte d'avouer ce que son cœur portait. Mais je faisais partie de ceux qui étaient trop blessés pour prétendre que que tout allait bien. Je faisais partie de ceux qui continueraient à ignorer à quel point ils avaient tort. Je ferais partie de ces démons qu'on n'accepte pas et qu'on laisse sur le côté, ceux qu'on abandonne sur le côté de la route comme s'ils étaient futiles et sans la moindre importance. Ça a toujours été ça avec lui. Je n'avais pas de valeur. J'allais partir, et il ne me retiendrait pas. C'était ça mon plan. M'enfuir comme pour me sauver. M'enfuir comme pour m'empêcher de continuer à saigner. M'enfuir comme si rien n'avait de conséquences. J'étais peut être de ces filles qui n'auraient pas de fin heureuse. Je ferais partie de ces filles qui disparaîtront comme si tout était déjà perdu. Comme si l'espoir refusait d'embrasser leur cause. Et c'était ce qu'elles voulaient. Fuir. Découvrir d'autres mondes et d'autres espoirs. D'autres réalités où elles auraient la chance de survivre. J'étais ce genre de fille qui partaient. Ce genre de fille qui refusait la bataille quand elle arrivait. Parce que quand elles essayaient, elles se détruisaient. Elles se brisaient en millions de petits morceaux qu'on arrive jamais à ramasser. Et on se blesse quand on essaie de le faire. Il m'a porté jusque dans sa salle de bain, et j'étais un corps sans âme. Sans rêves. Je vivais dans l'illusion que ça irait mieux tout en sachant que ce n'était qu'un rêve. Une vision d'horreur. Quelque chose que je ne maîtriserais jamais. Il m'a déposée sur le sol, et j'ai déposé ma main sur le sol également pour me maintenir assise. « Do you want a drink ? It's a muggle one, but it's still pretty good. » J'ai hoché la tête. « Yeah, why not. There's never too much of alcohol is there ? » L'ironie pour disparaître. L'ironie comme protection. Des millions de mots qu'on continue à répéter dans l'espoir qu'ils deviendront réels au petit matin. Il nettoyait mes plaies, et sur mon visage, on ne pouvait lire que de la douleur. « You're not....Bothering me, I mean. You're not bothering me. In fact, you should have come sooner. »

Si j'étais trop amère, j'aurai ri. J'aurai utilisé le sarcasme pour me moquer de son indécision. Mais au final, je me faisais des films. J'imaginais qu'il avait des regrets. J'imaginais que tout ça avait un sens. J'imaginais que tout ça me protégerait, ou bien me sauverait un jour. J'imaginais des tas de scénarios dans lesquels il serait toujours avec moi. Dans lesquels il m'aurait sauvé. Sauf que j'ai appris une règle cruelle à laquelle tout le monde doit obéir : on ne peut être sauvés que par nous même. On tombe et on se rattrape par nos propres moyens. Pas de déshonneur, pas de joie, pas de peine. Simplement la survie. L'instinct. La froide réalité dans toute sa splendeur. Sans la moindre attention. Sans la moindre logique. « God it hurts. » Je respirais de façon plus saccadée. J'avais agrippé son bras par réflexe, comme pour essayer d'avoir un peu moins mal. Puis je l'ai relâché. Détruite par le sang et par les coups. Détruites par les anciens bleus qu'il ne remarquerait jamais. Parce qu'il s'en fichait. Et parce qu'il ne se concentrerait déjà qu'à peine sur les nouveaux. Tout ça, c'était de la générosité. De la simple entre-aide au cas où il se retrouverait dans une situation délicate. Tout ce qu'il voulait, c'était s'assurer que je l'aiderais au moment voulu. C'était une vérification. Une prévoyance. Rien de plus. Et je devais m'y habituer. C'était la fin de tout ce qu'on avait. « In fact, I had to work. The owner increased the rent, and well, I already had problems to pay him before. I guess that when I told him I would be late this month and that I wouldn't sleep with him, he felt kind of wounded in his pride. That's probably why he beat me up. He'll be less angry tomorrow. » C'était la vérité. Simple, et peut être maladroite. Mais c'était quand même la vérité. Et je la disais comme si elle ne valait absolument rien. « You don't need to do this you know, I can do it, it doesn't matter anyway. » J'ai senti une toux m'arracher la gorge, et j'ai craché un peu de sang sur le sol avant de respirer un peu moins fort. « I put some dirty blood on your carpet, sorry. » J'ai senti une douleur m'envahir les côtes. « I have to bandage my ribs, these bitches take months to heal. »

_________________
⊹ I decided to never invest too much emotion in one thing
It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away
avatar
Gregory J. Pritchard
this is the wizzarding world of
Je suis un joueur de Quidditch
informations
Je suis un joueur de Quidditch

star : Jamie Dornan
crédit : Shya
lettres postées : 143
date d'entrée : 20/10/2012



Message Posté Mar 25 Juin - 16:36.

oh but i'm scared to death | that they may never be another one like this

And I'm kicking the dirt cause I never gave you The place that you needed to have


Dans ma vie de lâche, j'ai fui tout ce qui aurait pu me blesser. J'ai tourné le dos aux combats, aux guerres, j'ai tourné le dos aux relations, aux sentiments. J'ai construit des murailles imprenables sans penser que je serai celui qui les détruirait. J'ai bâti des citadelles et des tours plus hautes les unes que les autres pour guetter l'ennemi sans réaliser que, depuis tout ce temps, ça avait toujours été moi. Dans ma vie de lâche, j'ai fui autant que j'ai pu. J'ai couru toute ma vie en espérant pouvoir échapper au temps sans comprendre qu'on ne pouvait jamais s'en évader. J'ai vu tous les continents, bravé tous les océans, perdu dans les vagues, naufragé d'une autre espèce, pour échapper à la seule chose qui me suivrait toujours. Mon passé. Dans ma vie de lâche, j'ai accumulé les regrets comme un vagabond accumule les objets. J'ai construit le mausolée aux remords et le temple de la culpabilité. Dans ma vie de lâche, j'ai tout abandonné. Sauf toi.  «  God it hurts.  » Lorsqu'elle a agrippé mon bras, ça s'est passé à nouveau. Le cœur qui s'emballe. Les frissons. Depuis que je m'étais fait mordre par ce foutu loup garou, j'avais développé une sorte d'insensibilité à tout ce qui m'entourait. La douleur physique était de moins en moins importante, pertinente. Elle s'effaçait au fil du temps, et les dérèglements magiques n'avaient rien arrangé. Le reste, les sentiments, les espoirs, je les avais chassé il y a bien longtemps. Je savais pas pourquoi, je savais pas comment, mais elle était la seule personne que je sentais. Elle était la seule douleur qui me brisait. J'ai fait comme si de rien n'était. Je lui ai adressé un sourire qui se voulait rassurant avant de reprendre. Il ne l'avait pas ratée. Chaque parcelle de son corps était ankylosé. Les hématomes se formaient. Sa peau passait du rouge au bleu. Et le sang continuait de couler.  «  In fact, I had to work. The owner increased the rent, and well, I already had problems to pay him before. I guess that when I told him I would be late this month and that I wouldn't sleep with him, he felt kind of wounded in his pride. That's probably why he beat me up. He'll be less angry tomorrow.  » C'était donc ça. Une question d'argent. Une question de fierté. Une ordure qui avait osé s'en prendre à elle. J'ai pas relevé les yeux, concentré sur ses blessures. Je ne voulais pas qu'elle voit que ça m'atteignait. Je ne voulais pas qu'elle voit que ça me mettait en colère. Je ne voulais pas qu'elle sente mes muscles se crisper et encore moins la colère m'envahir. Elle avait pas besoin d'un dégénéré brisé par la violence. Elle avait juste besoin d'un ami. Et c'était ce que j'essayais d'être malgré tout ce que je pensais.  «  You don't need to do this you know, I can do it, it doesn't matter anyway.  » J'ai rien dit, j'ai continué à faire ce que j'avais à faire. Bordel, qu'est-ce que c'était dur de tout refouler. Qu'est-ce que c'était dur de faire comme si elle ne comptait pas. Qu'est-ce que j'avais été con de lui dire ça. J'avais préféré m'épargner les souffrances, mais je saignais autant qu'elle. J'avais préféré lui offrir une vie meilleur, un mec bien, mais elle se retrouvait dans une impasse à cause de moi. J'avais tout gâché. Et puis elle s'est mise à tousser, j'ai arrêté de m'occuper des plaies pour la regarder. Elle crachait du sang. C'était plus grave que ce que je pensais. «  I put some dirty blood on your carpet, sorry. I have to bandage my ribs, these bitches take months to heal.  » Elle disait ça comme si tout était normal. Comme s'il était normal qu'elle se retrouve à crever sur le pas de ma porte complètement en sang. Au fond, elle avait raison. Elle n'était plus la fille de Poudlard. Tout avait trop changé. Et même si j'essayais, je pourrais jamais rattrapé le temps perdu. La mâchoire crispée, j'ai essuyé le sang sur le tapis. Je fuyais toujours son regard. « I don't mind. Helping, I mean. The blood on my carpet, I mind. This carpet and I were very close, you know.  It was my favourite carpet. I'm gonna resent you all my life for ruining it.  » Un sourire sarcastique avant de jeter les cotons ensanglantés à la poubelle. Elle respirait de plus en plus difficilement et je savais pas quoi faire. Elle m'avait prévenu pour les côtes cassées, mais j'étais pas médicomage. J'avais fait six mois de médecine magique à Durmstrang pendant le stage de quidditch et j'avais abandonné assez rapidement. Tout ce que je savais, c'était que le sang était un mauvais signe. Mais il ne fallait pas être un génie pour le deviner. Alors j'ai continué à agir comme si de rien n'était pour ne pas l'inquiéter. Pour ne pas lui montrer que j'avais peur.  « Do you want me to go and kick his ass ?  » J'avais dit ça en riant, mais le pire, c'est que je l'aurais fait. Je l'aurais fait encore et encore jusqu'à ce que le type meurt, j'en avais rien à faire. Ca me dégoutait de voir qu'il existait des pourritures pareilles. Ca me dégoutait de voir qu'elle était obligée de vivre comme ça.  Ca me dégoutait de ne pas pouvoir la protéger. J'ai soulevé son T shirt, juste assez pour voir ses côtes.  «  Holy fucking shit. Ok, I'm gonna have to use my wand for this one. Don't look, ok ? I'll be back in a sec, I just need to find my damn wand.  » Pour le vocabulaire, on repassera. Mais pour ma défense, j'étais face à une plaie ouverte, une côté brisée qui en sortait et qui perforait son poumon. J'ai relâché son T shirt et je me suis levé immédiatement à la recherche de ma baguette et d'un de mes anciens livres de médicomagie. J'ai cherché la procédure, les sorts, j'ai attrapé mon sac de Quidditch. J'avais toujours des potions en réserve. Et je suis remonté jusqu'à la salle de bain. Je me suis assis à côté d'elle. Je lui ai demandé de tenir son T shirt pendant que je relisais le cours en diagonale.  « You're lucky I studied magic sports medicine for one year... Well it was more like six months. When I was in Durmstrang, I took a class but I dropped out at some point. Don't worry, I know what I'm doing. It's like medicine 101. Plus you have the really great honnor to be with one of the most agressive quidditch player in England. I always have some potions with me just in case. But you'll still have to go to the hospital, you need a proper treatment for infections and all. There's only so much your servant can do.  » Je lui parlais pendant que je lançais les sorts. Je lui parlais pendant que je la soignais. Pour détourner son attention. Pour éviter de perdre le contrôle de la situation. J'essayais de la rassurer avec un sourire tout en sachant qu'elle devait souffrir le martyr. J'avais pas envie d'utiliser la magie. Je détestais la magie. Mais j'avais pas le choix. Alors je continuais à essayer de réparer les dégâts tout en implosant. C'était trop injuste. C'était dégueulasse. Elle avait pas à vivre ça. Je lui ai fait boire trois type de potions, cicatrisante, et anti-inflammatoire. Puis je lui ai filé des trucs moldus. Des anti douleurs. Et j'ai bu une gorgée de bière, comme si rien ne s'était passé.  « Do you want to have a shower, take a bath or anything ?   » Je lui ai pas laissé le temps de répondre. J'en pouvais plus. « Look. I know you hate me and everything but don't go back there. Yeah, I know, I wasn't there for you for six years, I perfectly, painfully know that. But you can stay here as long as you want. I have a spare bedroom and it's not like I don't have enough space for another person.   » Dans ma vie de lâche, j'ai jamais avoué ce que je ressentais. Parce que j'ai toujours cru que ça finirait par partir. Dans ma vie de lâche, j'ai continué à me réfugier derrière des murailles et à battre en retraite. Dans ma vie de lâche, je ne me suis battu qu'une fois. Pour toi.



_________________
BAD BLOOD That these are the days that bind you together, forever And these little things define you forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry? It's been cold for years, won't you let it lie? If we're only ever looking back We will drive ourselves insane As the friendship goes resentment grows We will walk our different ways But those are the days that bind us together, forever And those little things define us forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry?It's been cold for years, won't you let it lie?
avatar
Calixte B. Jones
this is the wizzarding world of
Je suis un employé
informations
Je suis un employé

star : Emily Browning
crédit : (c) chevalisse
lettres postées : 55
date d'entrée : 10/11/2012



Message Posté Mar 25 Juin - 19:02.



« If you loved me, why did you leave me ? »

« I don't mind. Helping, I mean. The blood on my carpet, I mind. This carpet and I were very close, you know. It was my favourite carpet. I'm gonna resent you all my life for ruining it. » Et j'ai ri parce que c'était simple. Parce qu'on aurait pu tout avoir, mais je préférais l'ignorer. Prétendre qu'on avait rien. Parce que les livres mentent. L'amour n'est pas éternel, il s'éteint. Il disparaît. Il s'en va. Et les amis s'en vont aussi. C'est un recommencement qui ne peut jamais s'arrêter. C'est une histoire qui se déplace et qui se change. Une histoire qu'on préfère parfois oublier mais qu'on doit accepter. Un monde qui se divise et qui se multiplie. « Do you want me to go and kick his ass ? » Dans un autre monde, j'aurai dit oui. Dans d'autres circonstances aussi. J'aurai été cette fille qui attendait une solution, une solution qu'il était le seul à pouvoir me donner. J'aurai été cette personne qu'il aurait compris, qu'il aurait sauvé. Mais j'en avais marre de jouer à un jeu que je ne faisais que perdre. J'en pouvais plus de jouer comme si ça allait m'aider. Comme si je ne recherchais pas autre chose. Parce que les années m'avaient tout pris. Parce que ma peau était marquée par les cernes et par les coups. Parce que la douleur se répandait dans chaque nerf et dans chaque organe. Je n'avais plus peur de lui dire que je m'en fichais. Que j'étais rien. Que je n'aurai jamais rien. Parce que le seul espoir que j'avais encore, c'était celui qu'un jour, je finirais par lui manquer. Je lui montrerais à quel point c'est difficile de se retrouver face à tout ce qu'on veut, et devoir abandonner. Je lui montrerais à quel point la mort était facile. Simple. Je lui montrerais que les monstres nous possèdent et nous torture. Je lui montrerais qu'on a pas assez de mots pour décrire à quel point on a mal. Et cette souffrance, elle ne nous quitte jamais. Elle est constante. Toujours aussi destructrice. J'aurai aimé lui dire autre chose. J'aurai aimé être cette fille qui partirait. Mais j'avais besoin d'aide et ça me tuait. J'avais besoin d'aide et je voulais tomber en même temps. « Holy fucking shit. Ok, I'm gonna have to use my wand for this one. Don't look, ok ? I'll be back in a sec, I just need to find my damn wand. » J'ai quand même regardé, et j'ai quand même vu l'étendue des dégâts. J'ai vu que c'était dangereux. J'ai vu le sang, et j'ai compris qu'un organe était touché. Peut être que c'était ça, l'ultime sacrifice. L'ultime déshonneur. « You're lucky I studied magic sports medicine for one year... Well it was more like six months. When I was in Durmstrang, I took a class but I dropped out at some point. Don't worry, I know what I'm doing. It's like medicine 101. Plus you have the really great honnor to be with one of the most agressive quidditch player in England. I always have some potions with me just in case. But you'll still have to go to the hospital, you need a proper treatment for infections and all. There's only so much your servant can do. »

Je l'ai regardé avec un sourire en me rappelant que c'était du vent. De simples paroles rassurantes comme pour se retrouver à nouveau à la la place du héros. C'était la seule chose qu'il voulait, et la seule que j'étais capable de comprendre. Je n'avais plus rien. Plus de joie, plus de peine. Je n'avais plus de regrets. Je les effaçais au fur et à mesure, parce que j'avais perdu, et parce que je refusais de faire comme ces filles qui se raccrochaient à un espoir perdu. « Do you want to have a shower, take a bath or anything ? » J'ai vu qu'il continuait, sans que je n'ai le temps de répondre. « Look. I know you hate me and everything but don't go back there. Yeah, I know, I wasn't there for you for six years, I perfectly, painfully know that. But you can stay here as long as you want. I have a spare bedroom and it's not like I don't have enough space for another person. » J'ai regardé ailleurs. « First, no, you don't have to go and kick his ass, he'll probably burn me if you do this, when you'll leave again. » Parce que c'était une certitude. Il partirait. Et je devais agir comme si je m'en foutais. Comme si c'était le destin. Une sorte de solution divine. « And I can't go to the hospital. I don't have the money. I won't go there. I have to work as soon as I can. » La réalité nous rattrape tous. Elle nous suit. Elle nous dévore. Et elle nous montre à quel point on est des ratés. On est des monstres, et on attend tous le jugement dernier, comme pour prouver notre loyauté dans ces morales qu'on ne peut voir ni entendre. « But anyway, yeah, I'd like to take a bath. » C'était la même peur. La même crainte de tout perdre et de tout retrouver. On ne savait pas quoi faire, ni choisir. On réalisait parfois qu'on faisait de trop mauvais choix. Et qu'on ne pouvait pas retourner en arrière. C'était la fin de tout l'espoir et de la dignité. « And I don't need your pity, thanks. Got me once, won't got me twice. I'm not that stupid, despite the fact that I'm bruised and all that. » Je ne voulais pas devenir amère. Mais ça me contrôlait. Alors j'étais juste perdue. J'étais déçue. « By the way, I don't hate you. You're making the good choices. You always have. I guess I should learn how to do that, it would be useful. »

_________________
⊹ I decided to never invest too much emotion in one thing
It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away
avatar
Gregory J. Pritchard
this is the wizzarding world of
Je suis un joueur de Quidditch
informations
Je suis un joueur de Quidditch

star : Jamie Dornan
crédit : Shya
lettres postées : 143
date d'entrée : 20/10/2012



Message Posté Mar 25 Juin - 22:22.

i wear my heart upon my sleeve  | like a big deal

there's no stopping us right now, i feel so close to you right now


« First, no, you don't have to go and kick his ass, he'll probably burn me if you do this, when you'll leave again. » When you'll leave again. Pourquoi est-ce que les mots blessent tant ? Ils ne sont que des mots. Des éclats de voix qui s'envolent dans les airs. Ils sont emportés par le vent. Ils sont brisés dans un souffle. Ils ne pèsent rien.  Ce sont des grains de poussière. Alors pourquoi est-ce qu'ils font l'effet d'une dague en plein cœur ? D'un coup de poignard dans l'abdomen. Comme si on vous déchirait la peau à main nu pour serrer votre cœur jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Pourquoi est-ce qu'ils vous vident de votre sang ? Ils vous laissent démunis. Ils transforment vos armes en poussière et détruisent vos murailles trop vite pour que vous puissiez les reconstruire. Elle était persuadée que je partirais. Elle était persuadée que je continuerais à l'abandonner. Les preuves étaient contre moi, et elles étaient accablantes. Pourtant, elles n'avaient jamais reflété ce que je voulais vraiment. Elles n'avaient jamais été que des erreurs. Un tas d'erreurs qui grandissait au fil du temps. C'était un monstre, à présent. Un monstre qui répandait son venin et qui me paralysait. J'étais dans une impasse. Il fallait faire un choix.  «  And I can't go to the hospital. I don't have the money. I won't go there. I have to work as soon as I can. » J'ai haussé les sourcils. Son pragmatisme me dégoutait. Mais je ne pouvais pas comprendre. J'avais tout ce que je voulais. J'avais plus d'argent que je ne pouvais en dépenser. Je vivais dans un appartement trop grand pour moi. Avec des objets que je n'utiliserai jamais. Je fréquentais les lieux les plus huppés de Londres. Elle, elle n'avait pas grand chose, mais elle devait littéralement se battre pour le garder. Sa vie ne tenait qu'à un fil. Et elle méritait mieux. « But anyway, yeah, I'd like to take a bath. » J'ai acquiescé mais j'ai attendu qu'elle finisse de parler pour bouger.  «  And I don't need your pity, thanks. Got me once, won't got me twice. I'm not that stupid, despite the fact that I'm bruised and all that. »  J'ai détourné le regard. C'était pas de la pitié. J'en avais jamais eu pour elle, de la pitié. Tout ce que je voulais, c'était lui offrir une chance de recommencer. Une chance de ne plus avoir peur lorsqu'elle rentrait chez elle. Une chance de ne plus se retrouver couverte de sang parce qu'elle ne pouvait pas payer le loyer. Et c'était égoïste, parce que je savais que derrière tous ces prétextes, il y avait toujours la même raison. Mais je pouvais pas lui dire, pas vrai ? Je pouvais pas lui dire tout ce que je ressentais pour elle après ce que j'avais fait. Je pouvais pas lui dire que j'avais qu'une envie, et que c'était de l'embrasser alors que j'étais qu'un connard désaxé qui ne savait pas quoi faire de sa vie. J'arrivais pas à comprendre mes sentiments. J'arrivais pas à comprendre pourquoi je ressentais tout ça quand j'étais avec elle. J'arrivais pas à comprendre pourquoi elle avait un tel pouvoir sur moi.  « By the way, I don't hate you. You're making the good choices. You always have. I guess I should learn how to do that, it would be useful. » C'était tout le contraire. Je faisais les mauvais choix en permanence. J'étais condamné à refaire les mêmes erreurs encore et encore jusqu'à ce que le temps me file entre  les doigts. J'étais condamné à regarder l'histoire se répéter sous mes yeux impuissants. A contempler l'étendue de mes regrets et l'horizon de tout ce que j'avais perdu. De tout ce que je n'aurais jamais. Et ça me révoltait.

«  That's complete bullshit. » Je me suis relevé, toujours sans la regarder pour faire couler l'eau dans la baignoire. J'avais dit ça avec un sourire jaune et une mâchoire crispée. Peut-être qu'il existe un seuil de tolérance du mensonge. Et que je l'avais dépassé. Peut-être que je ne pouvais plus supporter les murailles que j'avais moi-même édifié. Je détruisais les châteaux. Je jetais les armes par dessus bord. J'avais plus la force de me battre contre moi même. Contre tout ce que je voulais, et tout ce que je m'interdisais de faire. J'avais jamais été aussi fort qu'elle.  «   You're unbelievable. » Adossé contre le mur de la salle de bain, les bras croisés, je la regardais, toujours avec ce même sourire. Celui de l'homme qui abandonne. Celui du soldat qui se lance, seul contre le monde entier, dans une bataille perdue d'avance. Je brandissais mon cœur comme un étendard tout en sachant combien ça ferait mal lorsqu'elle planterait sa dague envenimée dedans. Lorsqu'elle me foutrait face contre terre, face à tout ce que je méritais.  «   You think I pity you... You really don't get it, do you ? » Comment est-ce qu'elle aurait pu le savoir, de toute façon ? J'avais si bien construit le mur qui nous séparait qu'elle ne voyait pas qu'il reposait sur des fondations de sable. Il suffisait d'un coup de vent pour le faire tomber. Et c'était à elle de le faire. Parce que derrière le mur, il n'y avait que moi et mon royaume de poussière. De tous ces mots qui s'étaient accumulés jusqu'à former des montagnes de douleur et des cathédrales de regrets. Derrière le mur, il y avait tout le vide qui habitait mon cœur, et toute la couleur qui l'animait lorsqu'elle était là. Derrière le mur, il y avait le passé dans lequel on serait toujours coincé, mais aussi les espoirs désincarnés d'un futur qu'on n'osait pas dessiner. J'ai décollé mon dos du mur pour venir m'asseoir à côté d'elle. J'ai pris une inspiration. «   I care about you. A lot. Too much. I care about you more than I should. Not that I don't like you, I really do, even though most of the time all you do is telling me to piss off. But you do it with this adorable smirk you get when you're getting angry and I love it.» J'ai laissé ma tête tomber en arrière, contre le mur, comme pour échapper à son regard. Au fur à mesure que je lui avouais la vérité, la peur grandissait. Parce que je lui offrais tout. Tous les moyens pour me détruire. Pour me renvoyer d'où je venais. Pour me vider de mon sang. Pour briser tout ce que j'avais essayé de reconstruire, en vain. Et ça me tuait de savoir qu'il n'y avait qu'elle qui pourrait m'assassiner de cette façon. Faire de moi un cadavre ambulant.  Parce que si elle savait me rendre mon cœur, elle pouvait très bien choisir de me le retirer pour toujours. Un soupir avant de me tourner vers elle.   «  And I deserve it. I've been a jerk to you, I know that. But  I don't pity you. I don't  mind your being a prostitute.  » C'était un mensonge. Ca me rendait fou de savoir que quelqu'un d'autre pouvait la toucher alors que j'en avais pas le droit. Ca me rendait fou de savoir qu'il y avait des ordures qui tiraient profit de son désespoir. Ca me rendait fou de réaliser qu'elle ne m'appartiendrait jamais. Alors je me suis ravisé. «  Well, actually, I do. Fuck yeah I do. But not in a pity way. In an unfairly, unlegitimate, jerky jealous way. Because I have to watch them having you time after time and I'm stuck in the same damn place because I... I can't have you, can I ?» C'était ça, le fond du problème.  C'était ça que je refusais. Et je savais que j'avais pas le droit de faire ça. J'avais pas le droit de faire des déclarations et de lui dire tout ça. J'avais pas le droit de la blesser. Mais j'étais égoïste. Je la voulais pour moi. Dès que je l'avais vu, je l'avais su. Mais j'avais toujours été lent. J'avais jamais su faire les bons choix au bon moment. J'avais jamais su prendre les bonnes décisions quand il le fallait. Et j'avais toujours cru que le temps ferait son travail. Il ne l'avait jamais fait. Et on pouvait lire le désespoir dans mon sourire. On pouvait lire les ultimes tentatives, l'abandon et la peur. Alors j'ai repris. «  And the truth is I don't feel anything. Usually, I don't feel anything. I've been with girls but I never felt anything. It's like I'm empty.  But  when I'm with you everything gets so chaotic, it's like you're the only person in my life I can actually feel. And it's killing me because I need this. I need you, but it's just me being the most selfish man on earth. And I can't do that to you. I can't be with you because I will never be good for you. You need someone stable enough to support you. To get you. To take care of you when you're beaten by some damn loser. You don't want me to be that person, believe me, even if there's nothing in the world i'd rather be.  I'm a huge mess. I'm unstable. I'm impulsive. I'm violent. I'm nothing, really.  I'm... » Je me suis arrêté là parce que j'étais incapable de continuer. J'étais incapable de laisser l'espoir s'effondrer, parce que je savais que je tomberai avec lui, et que la chute serait douloureuse. J'ai décidé de limiter la casse. J'ai décidé de me protéger. J'ai décidé d'arrêter de faire le con et de la laisser vivre. C'était ce qu'elle voulait après tout, non ? «   You know what ? Forget it. » Je me suis relevé pour arrêter l'eau, j'ai pris une bouteille de bain moussant qui traînait là et je lui ai montré, avec un sourire si faux que je ne savais même plus pourquoi j'essayais.  «   Bubbles ? »



_________________
BAD BLOOD That these are the days that bind you together, forever And these little things define you forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry? It's been cold for years, won't you let it lie? If we're only ever looking back We will drive ourselves insane As the friendship goes resentment grows We will walk our different ways But those are the days that bind us together, forever And those little things define us forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry?It's been cold for years, won't you let it lie?
avatar
Calixte B. Jones
this is the wizzarding world of
Je suis un employé
informations
Je suis un employé

star : Emily Browning
crédit : (c) chevalisse
lettres postées : 55
date d'entrée : 10/11/2012



Message Posté Mer 26 Juin - 1:47.


« I don't ever wanna be here, like punching in a dream breathing life into my nightmare. »


Le problème avec les croyances, c'est qu'on est jamais assez forts pour continuer à croire. C'est qu'on est jamais assez forts pour continuer à être persuadés de cette simple chose qui nous a guidé du début jusqu'à la fin. On est toujours aussi faibles, aussi limités dans nos idées, parce qu'elles restent inutiles. Elles restent loin. Toujours inaccessibles. Mais on continue à prier. On voit même des dieux qui n'ont pas de prêcheurs. On voit des religions qui se développent mais qui n'ont jamais la possibilité de s'étendre, parce qu'elles sont trop uniques, trop fermées. Parce que personne n'y a jamais cru. Et alors, on construit nos propres valeurs, nos propres règles, et nos propres morales. On laisse les voix nous guider dans un autre endroit, une maison qui nous sauve du mal et du bien à la fois. On se retrouve dans un rêve qui n'est pas vraiment une illusion. Dans une ère qui n'appartient pas vraiment à la nôtre. On est comme des étrangers dans un monde qui ne nous appartient pas. On se bat contre les mêmes démons, sans utiliser les mêmes armes, parce qu'on est tous plus ou moins effrayés de la bête, du monstre qui se cache dans l'ombre, qui rampe derrière les murs et qui nous échappe toujours. Il glisse entre nos doigts et on sait qu'on a plus rien. On sait qu'on va perdre. Et on voit tout ce qu'on avait se retrouver dans une déchetterie. Dans la poubelle des souvenirs. On voit le mal se déplacer et atteindre d'autres personnes, d'autres démons en puissance qui n'ont qu'un seul but : nous détruire jusqu'à ce que la Mort décide enfin de nous prendre. Jusqu'à ce qu'elle appelle enfin sa faucheuse pour nous rattraper avec que l'on tombe dans les limbes. J'entendais ce qu'il disait. J'entendais les promesses. Les nouvelles excuses. Mais je ne regardais pas. Je refusais de voir à quel point on était loin de la vérité. Loin de tout ce que j'espérais. On était loin de l'espoir et de la joie. On était des âmes qui vagabondaient sans l'espoir de jamais même se trouver. Et c'était pas cruel. C'était la dure et froide réalité. Et on l'acceptait, sans avoir le choix. « And I deserve it. I've been a jerk to you, I know that. But  I don't pity you. I don't  mind your being a prostitute. » Je l'ai regardé, prête à répondre, plus en colère que je ne l'ai jamais été. Mais il a continué. Et ça m'a apaisé, en quelques sortes. « Well, actually, I do. Fuck yeah I do. But not in a pity way. In an unfairly, unlegitimate, jerky jealous way. Because I have to watch them having you time after time and I'm stuck in the same damn place because I... I can't have you, can I ? » Je l'ai regardé. J'ai cherché le mensonge. J'ai cherché la fausse promesse. J'ai cherché le regret, la colère. J'ai cherché un simple indicateur sans jamais le trouver. Et tout ce que j'avais à faire, c'était l'écouter. Tout ce que j'avais à faire, c'était l'écouter me dire qu'il était jaloux. Et c'était tellement ridicule, parce que ça voulait rien dire. Parce que c'était peut être de la simple possessivité. Un simple besoin de montrer qu'il était plus fort. Plus puissant que tout les autres. Je l'ai entendu offrir des excuses, et toutes les raisons pour lesquelles il ne pourrait jamais m'avoir. Et ça m'embrouillait. Parce que c'était devenu trop complexe. Bien plus que ce à quoi je m'attendais. Bien plus que je ne l'aurais souhaité. « You know what ? Forget it. » Et c'était aussi simple que ça. La simple façon dont il brisait ce qu'on avait. La simple façon dont il réduisait les espoirs en miettes. J'ai détourné le regard. J'ai fui moi aussi. Parce que j'étais lâche. Et parce que j'avais mal. Autant moralement que physiquement. « Bubbles ? » J'ai laissé quelques secondes passer, avant de répondre. « Yeah, bubbles. » Puis il était parti quelques minutes après. Et je suis entrée dans la baignoire, en laissant les plaies se refermer. En laissant les os se soigner peu à peu. Et je me suis même endormie quelques minutes.

***

J'avais laissé la porte entre-ouverte. J'étais dans la salle de bain depuis plus de trois quart d'heure. La fatigue et la douleur m'avait endormie plus rapidement que je ne l'aurais pensé. Quand je suis sortie, j'ai découvert avec surprise et joie que je marchais beaucoup plus facilement que tout à l'heure. Toujours avec difficulté, mais je marchais. Mes vêtements étaient tâchés de sang. Alors j'ai tout simplement gardé une serviette autour de mon corps, et je suis sortie. « Hey there. » Je me suis avancée, sans gênes. Parce que je m'en fichais. Et au fond, tout au fond de moi, j'aimais cette situation là. Celle où j'avais encore un peu de pouvoir. Celle où j'arriverais peut être à m'en sortir. Celle où l'espoir était à nouveau permis, alors qu'il m'a été interdit pendant tout ce temps. J'ai laissé les minutes passer, et je suis venue me mettre à côté de lui, dans la cuisine. Je me suis assise sur le comptoir, et j'ai commencé à parler. « About what you said, earlier... » Je me suis pincée les lèvres. « How would I know you're not lying ? » J'ai essayé de comprendre. J'ai essayé de saisir les enjeux. Mais j'ai jamais été de celles qui mettaient en place les règles. J'étais celle qui subissait. Celle qui continuait à prier. Qui espérait un miracle sans jamais en retrouver un. J'étais celle qui a toujours eu la foi, mais qui n'a jamais su saisir sa chance quand elle arrivait. C'était ma malédiction. Et je la comprenais de plus en plus chaque jour. « How would I know you're not just playing around, like you already did ? » C'était de simples questions. Sans arrières pensées. C'était de simples questions que je ne savais pas retenir. J'avais besoin de savoir.« Cause that's what you do. You make people believe in things and then you tell them you don't care. So yeah, sorry but I need some proof. » J'ai regardé ailleurs pendant un instant, avant de me concentrer sur lui à nouveau. « And just... Why are saying this now ? » Je comprendrais jamais. C'était ça le soucis. J'avais beau croire en ce quelque chose, il ne viendrait jamais. Il n'y aurait jamais de réponses. Ni de solutions. Seulement des questions de plus en plus nombreuses. Qui se bousculent à l'intérieur de ma tête sans que je ne parvienne à les arrêter. « I mean, it's okay to say you give up. I would if I was you, but... » J'ai baissé les yeux, et j'ai compris. Que c'était terminé. Que les années étaient passées par là. Et qu'on ne vivait pas dans un rêve. Mais dans la réalité. Alors c'était comme ça que ça se terminait. Il fallait juste apprendre à abandonner. « Anyway, you're right, let's forget about it. »

_________________
⊹ I decided to never invest too much emotion in one thing
It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away


Dernière édition par Calixte B. Jones le Dim 30 Juin - 22:05, édité 2 fois
avatar
Gregory J. Pritchard
this is the wizzarding world of
Je suis un joueur de Quidditch
informations
Je suis un joueur de Quidditch

star : Jamie Dornan
crédit : Shya
lettres postées : 143
date d'entrée : 20/10/2012



Message Posté Mer 26 Juin - 17:14.

i've fallen for your eyes  | but they don't know me yet

kiss me like you wanna be loved


J'étais descendu à la cuisine en me maudissant. Je venais de me ridiculiser. Vraiment. C'était pire que tout ce que j'aurais pu imaginer. C'était pire que de la haine et du ressentiment. C'était pire que du rejet. C'était de l'indifférence. Mais est-ce que je méritais mieux ? Pas sûr. Elle avait raison, au fond. On le savait tous les deux. On n'avait jamais été faits l'un pour l'autre. On n'était que des idiots qui croyaient encore que le destin leur tendrait la main alors qu'ils continuaient de tomber, de plus en plus bas, de plus en plus vite. Et on avait tellement perdu qu'il ne nous restait plus que l'attente. Attendre l'impact et espérer que ça ne ferait pas trop mal, cette fois-ci. Après avoir tourné en rond pendant plusieurs minutes, j'ai décidé qu'il serait une bonne idée de faire à manger. J'avais pas dîné. Et peut-être qu'elle aurait faim. De toute façon, c'était plus vraiment mon problème, pas vrai ? J'ai ouvert le frigo. J'ai sorti une nouvelle bière. Puis quelques ingrédients. La seule chose qu'il me restait de ma mère, c'était la cuisine. Thadéus et David s'étaient toujours au dessus de tout ça. Mais moi, je restais dans la cuisine avec elle et je la regardais. C'était juste des bribes, des séquences qui ne se suivaient pas. Mais c'était à peu près tout ce qu'il me restait de cette époque là. Cette époque où on avait encore l'audace de croire ceux qui nous disaient que tout irait bien. J'ai ouvert les placards. J'ai poussé un soupir. Risotto ou lasagnes ? Qu'est-ce que je ferai pas pour oublier quelques instants que j'étais qu'un pauvre con. J'ai sorti le riz. J'ai commencé les préparations. J'ai bu ma bière. J'ai écouté les infos à la télé moldue. Et puis je l'ai entendue.

« Hey there. » J'ai levé les yeux une première fois, sans réellement voir. Puis je l'ai regardée plus longtemps. Trop longtemps, pour être honnête. Mon regard était littéralement fixé sur elle. Il la suivait lorsqu'elle s'asseyait. Il scrutait chaque parcelle de son corps. C'était profondément ridicule. Elle était simplement recouverte d'une serviette qui ne couvrait pas la moitié de ses jambes. Rien de plus. Et c'était de la torture. Je me suis raclé la gorge avant d'essayer de reprendre la cuisine. En me retournant, j'ai faillit faire tomber le paquet de riz que j'ai rattrapé au dernier moment. Way to go, Greg. Way to go. « About what you said, earlier...  How would I know you're not lying ?  How would I know you're not just playing around, like you already did ? » Même si j'avais voulu répondre, j'aurais pas pu. J'entendais que la moitié de ce qu'elle me disait. Je luttais pour pas la regarder, mais à chaque fois  la maîtrise de mon regard m'échappait. C'était plus que de l'attraction. On avait un passé. On avait une histoire à raconter. Et j'étais persuadé qu'on en aurait encore beaucoup d'autres. C'était pas un mensonge. C'était pas des paroles en l'air. C'était la seule chose que j'avais. Et je m'y accrochais comme un fou. J'ai déclaré tenir à elle, mais j'arrivais pas à le démontrer. Elle ne faisait pas confiance, et elle avait raison. J'étais pas quelqu'un à qui on pouvait se fier. J'étais instable. J'étais impulsif. J'étais loin d'être le gendre idéal. Je vivais dans l'ombre de mes frères tout en la fuyant. Je portais un nom dont j'étais pas digne. J'avais pas grand chose à offrir. Pourtant, je la voulais. « Cause that's what you do. You make people believe in things and then you tell them you don't care. So yeah, sorry but I need some proof. »  J'ai poussé un soupir. C'était plus compliqué que ça. Avec elle, ça l'avait toujours été. On dit que le temps efface la douleur. Qu'il panse les blessures. On dit qu'il pille les souvenirs et qu'il vole nos sentiments. Mais quand j'étais avec elle, c'était tout le contraire. Le temps ravivait tout. Il ouvrait les plaies, il déchirait les cicatrices, il faisait remonter les souvenirs à portées de bras, il laissait son poison se répandre. Et au fur et à mesure, j'abandonnais toutes les défenses. Je laissais tomber les murs parce que j'avais déjà perdu la bataille. J'étais pas capable de mener cette guerre. J'en avais même plus envie. Et si je souffrais, alors tant pis.  J'étais plus à ça près.  « And just... Why are saying this now ? » Parce que j'avais cru que je pouvais tenir. Parce que j'avais surestimé mes forces. Parce que j'avais sous estimé son pouvoir. Parce que j'avais cru que je pouvais vaincre, cette fois-ci. Parce que j'avais cru que je pouvais dépasser mon égoïsme. Parce que j'étais con.  J'ai foutu la préparation dans la casserole. « I mean, it's okay to say you give up. I would if I was you, but... » J'avais plus envie d'abandonner, c'était ça le problème. J'avais plus envie de battre en retraite. J'avais plus envie de brandir le drapeau blanc. J'avais envie de briser toutes nos défenses une bonne fois pour toutes et de voir ce que l'avenir nous réservait. J'avais envie de lancer les dés, mais j'avais pas envie de voir le résultat, parce que j'entendais déjà résonner l'écho d'une sentence méritée. « Anyway, you're right, let's forget about it. »

Je me suis retourné vers elle. J'aurais aimé pouvoir lui réciter des poèmes. Lui servir des arguments sur un plateau d'argent. Lui expliquer par a+b pourquoi est-ce que j'étais en train de tomber amoureux d'elle. Et pourquoi j'avais pas envie de fuir. Mais je comprenais pas moi-même. Je comprenais pas pourquoi il m'avait fallut autant de temps. Je comprenais pas pourquoi je m'étais comporté comme un véritable connard. Et je savais qu'elle ne voulait pas d'excuses parce qu'elle les avait déjà entendu mille fois. Je savais qu'elle ne voulait pas de mensonges parce que je lui en avait trop servi. Et elle était là, juste en face de moi, à moitié nue. Et elle était belle. Malgré les coups, malgré les blessures, elle était belle. Elle avait toujours été plus courageuse que moi. « I...  » C'est tout ce que j'ai réussi à articuler avant de laisser ma tête tomber en arrière, complètement désolé par mon incapacité à ne rien pouvoir lui dire. Par ce blocage dont je n'arrivais pas à me défaire. On dit que les gens blessés sont ceux qui ont le moins à perdre parce qu'ils ont déjà tout perdu. Mais c'est des conneries. Quand on a senti sa peau se déchirer. Quand on a senti son âme se briser. Quand on n'a plus que des débris à la place du cœur, tout ce qu'il nous reste, c'est la peur. Alors on érige des temples, on construit des murailles et on prépare la guerre pour sauver tout ce qu'on a. On prend tellement de temps à tout reconstruire que le moindre souffle peut nous être fatal. Et on tient à ce vide qui nous habite parce qu'on sait qu'il ne nous fera jamais autant souffrir que tout le reste. Sauf qu'on cherchera toujours à le combler. C'était ma malédiction. Alors j'ai plongé mon regard dans le sien et je me suis avancé vers elle. J'ai pris ses mains dans les miennes avant de les laisser remonter doucement de long de son bras. Chaque contact avec sa peau réveillait un nouveau souvenir et un nouveau plaisir. J'ai approché mon visage du sien. Aussi près que j'ai pu. Nos lèvres se touchaient presque. Je me nourrissais de son souffle sans oser gouter au reste. Et j'ai murmuré. « Do you feel it ?  » Est-ce qu'elle le sentait, elle aussi, ce sentiment enivrant qui me possédait ? Est-ce qu'elle la sentait, elle aussi, la paix dans nos gestes et dans nos soupirs ? Il n'y avait qu'un moyen de le savoir. Alors j'ai brisé la dernière distance. Les derniers centimètres. Mes lèvres sur les siennes. Le baiser électrisant qui s'emparait de l’entièreté de mon corps. Le baiser qui disait tout. Le désespoir, l'amour, la douleur, la souffrance, les regrets, les remords, la violence. Mais il n'était plus question d'abandon. Il n'était plus question de défaite. J'ai séparé mes lèvres des siennes. Nos visages étaient toujours dangereusement proches. « Do you feel it ?  » Cette fois-ci, je l'ai regardée dans les yeux, et j'ai cherché les réponses. « Or is it just me ?   »


_________________
BAD BLOOD That these are the days that bind you together, forever And these little things define you forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry? It's been cold for years, won't you let it lie? If we're only ever looking back We will drive ourselves insane As the friendship goes resentment grows We will walk our different ways But those are the days that bind us together, forever And those little things define us forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry?It's been cold for years, won't you let it lie?
avatar
Calixte B. Jones
this is the wizzarding world of
Je suis un employé
informations
Je suis un employé

star : Emily Browning
crédit : (c) chevalisse
lettres postées : 55
date d'entrée : 10/11/2012



Message Posté Dim 30 Juin - 22:03.


« I've seen enough to know. »


Le truc, c'est qu'à force, on découvre les cauchemars. À force, on comprend à quel point on arrivera jamais à s'en sortir. Qu'on arrivera jamais à survivre. On sait que tout disparaîtra derrière des siècles d'esclavage. On sait que tout disparaîtra une fois que la mort nous aura pris. Parce que c'est elle, qui nous a, au final. C'est la seule chose qui nous possède une fois qu'on se retrouve en poussière. Une fois que les esprits ne sont plus là. C'est la seule chose qui nous rappelle qu'on aura jamais rien. C'est la seule chose qui a ce pouvoir de nous renvoyer pourrir en enfer. Et on l'accepte, parce qu'on sait tous ce qui arrive lorsqu'on se bat contre la mort. On sait tous ce qui arrive quand on lève nos armes contre la grande faucheuse. Alors on se tait. On laisse l'histoire guider nos pas pour nous rappeler que parfois, tout peut tomber. L'échiquier et les pions ne nous appartiennent pas, et c'est trop tard pour se dire que tout ira mieux. C'est comme attendre pour une loi, quelque chose d'assez simple, qui ne viendrait jamais. C'est comme rechercher une guerre qui n'a pas de sens. On est tous perdus dans cette idée que tout ira mieux, et on est tous ensevelis sous l'idée que tout peut aussi aller mal, à chaque instant. Parce qu'on appartient pas à la vie. On appartient à la mort. Elle nous possède jusqu'à la fin. C'est elle qui a toute les cartes en main. Et on a beau se battre toute nos vies contre le destin, c'est comme essayer de se battre contre sa force incommensurable. C'est comme essayer de devenir une divinité. Alors que c'est quelque chose que personne ne peut atteindre. Un pallier qu'on n'obtient jamais. Un monde qu'on ne peut pas atteindre. Une histoire qui se trouve perdue entre la vie et entre la mort.

Je l'ai senti s'approcher. J'ai senti son visage prêt du mien. Ses mains sur mes bras. J'ai senti qu'on pouvait gagner, et qu'on pouvait perdre. J'ai senti qu'on était perdu à cause de ce qui a été prévu. Et j'ai toujours été persuadée que certaines choses arrivaient parce que c'était ainsi. On ne pouvait pas les empêcher. Parfois, on finissait par perdre, parce qu'on devait perdre. On finissait par gagner, parce qu'on devait gagner. Et c'était cruel. Aléatoire. C'était tout ce contre quoi on se battait. Il n'y avait pas d'autres solutions. Alors on perdrait. Ou on serait victorieux. Seul le temps nous le dira. C'était comme se préparer pour le pire, et pour le meilleur. C'était comme voir des forteresses tomber à cause du sang qui coulait déjà bien trop fort. C'était comme voir une nation qui se laissait tomber. J'ai attendu pendant des années en espérant que quelqu'un me sauverait, pour découvrir que ce n'était qu'un rêve. Puis un jour, c'est arrivé, et j'étais incapable de le croire. C'était comme un rêve, une histoire qui n'était pas totalement réelle. On se battait, et on ne gagnerait pas. On le savait déjà. « Do you feel it ? » puis il a brisé la dernière limite. J'ai senti ses lèvres sur les miennes. J'ai senti tout ce qu'on avait et tout ce qu'on pourrait avoir. J'ai senti que rien n'était totalement battu, tant qu'on continuait à se battre pour ça. Je n'ai pas bougé tout de suite parce que je n'arrivais pas à réaliser que j'avais enfin une sécurité. Que je n'étais pas perdue dans la masse. Qu'on m'avait sauvé. Et c'était ça, qui me rassurait. Savoir que perdre, ce n'était plus au goût du jour. « Do you feel it ? » Il m'a regardé dans les yeux, et je n'avais rien à part de la sincérité. Parce que je me fichais de tout le reste. J'en avais marre de laisser les mots et les gestes me briser. J'en avais marre de laisser tomber, parce que c'est tellement plus simple que de faire le contraire. « Or is it just me ? » Puis j'ai déposé ma main sur sa nuque. J'ai attendu quelques secondes déjà trop longues. Et je l'ai embrassé à nouveau. C'était toujours tout ce qu'on voulait avoir. C'était tout ce qu'on ne pouvait pas nous retirer. Et tout ce que j'ai attendu. Je n'avais plus besoin de la honte pour me protéger. « I do. » J'ai laissé ma main sur sa joue. J'ai essayé de comprendre la peur. J'ai essayé de comprendre pourquoi est-ce qu'on en arrivait là. On demandait la grâce au seigneur sans pour autant réellement comprendre ce que ça voulait dire. On essayait de demander du temps sans savoir comment l'utiliser. On laissait les corps s'empiler sans savoir comment arrêter la guerre. On demandait la solitude alors que tout ce qu'on désirait, c'était de ne plus jamais être seul. On se perdait dans les contradictions qui faisaient de nous des êtres si compliqués et si rares à comprendre. La vivacité à laquelle on laissait le temps nous brûler était effrayante. Parce qu'on savait ce qu'on risquait si on regardait nos vies passer devant nos yeux. Je l'ai regardé, et je lui ai posé une simple question, avec tout le calme et la douceur du monde. L'incompréhension était un doux péché. « So why did you try to push me away ? »

_________________
⊹ I decided to never invest too much emotion in one thing
It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away
avatar
Gregory J. Pritchard
this is the wizzarding world of
Je suis un joueur de Quidditch
informations
Je suis un joueur de Quidditch

star : Jamie Dornan
crédit : Shya
lettres postées : 143
date d'entrée : 20/10/2012



Message Posté Lun 1 Juil - 2:34.

if the sky would fall   | i'd survive it all

and it's all because of you


Le problème, c'est que la réalité n'est jamais à la hauteur des rêves. Les légendes n'existent pas. Les héros ne sont que des mirages, des impostures auxquelles on croit pour se rassurer. On s'imagine qu'on ne sera pas comme les autres. Qu'on marchera sur la voie royale. Que nos souvenirs seront d'or et d'argent. Mais tout rouille trop vite. Tout se détruit si rapidement qu'on n'a même pas le temps de retenir quoi que ce soit. On marche sur des cendres et on respire de la poussière. On laisse l'amertume remplacer les espoirs déchus. On laisse la colère se battre contre la réalité jusqu'au moment où on abandonne. Sur la route, j'avais tellement perdu que j'avais laissé tomber. J'avais relégué l'espoir au dernier plan. J'avais chassé l'idée de me racheter un jour. J'avais laissé le vide me gagner. J'étais plus qu'une carcasse sans âme. Un pauvre type qui ne savait même plus pourquoi il résistait. Un prince dans la chute. Un idiot qui déversait sa rage contre les murs et sur le terrain de jeu. Un con qui ne faisait confiance à personne. Et pourtant j'étais là avec elle. Parce que j'avais l'impression qu'elle était la seule à pouvoir me sauver. Et c'était égoïste. Et c'était salaud. Mais à ce moment-là, elle était tout l'espoir qu'il me restait. Alors j'ai continué à la regarder dans les yeux. A attendre une réponse, mon cœur porté à bout de bras. J'ai continué à sonder son regard à la recherche de la vérité. J'ai senti sa main sur ma nuque. Ses lèvres contre les miennes. Et j'ai profité des derniers moments où le désenchantement nous unissait.  « I do. » C'était la réponse que j'attendais. C'était celle que je voulais entendre. C'était celle qui tuait mes peurs et mes angoisses. C'était elle qui faisait renaître l'espoir. C'était elle qui ressuscitait chacun de mes sentiments. Qui détruisait les murailles. J'ai laissé un sourire m'échapper, parce que c'était totalement fou. Parce que même après tout ce temps, j'avais toujours cette fille dans la peau. Pour la première fois depuis longtemps, je ne m'interdisais pas de ressentir ce que je ressentais. Je ne m'interdisais pas de croire à tout ce qui semblait réel. Je ne chassais pas les espérances comme des démons. Je ne repoussais pas les mélodies. Je les accueillais. « So why did you try to push me away ? » Là. C'était là que la réalité rattrapait les rêves. Qu'elle les assassinait dans un bain de sang. C'était là que tout se détruisait une nouvelle fois parce que l'égoïsme n'avait jamais été la bonne réponse. La vérité, c'était que j'avais rien à lui offrir. La vérité, c'était que j'étais persuadé que je finirai par la faire souffrir, d'une façon ou d'une autre. J'avais jamais rien réussi dans ma vie. J'avais toujours fui à la moindre difficulté sans même essayer de me battre. Et je savais que je ferai la même chose avec elle. Je savais qu'il arriverait un moment où je saboterai tout parce que c'était ce que j'étais devenu. Un lâche. Un déserteur. Et elle avait toujours mérité mieux que ça.  J'ai posé ma main sur la sienne pour l'enlever de ma joue. Mais j'ai continué à la tenir, parce que malgré tout,  je refusais de laisser le rêve s'échapper. Mon ton était plus froid. «  Because I'm no good for you. » C'était aussi simple que ça. Je n'étais pas comme mes frères. Mon destin n'était pas tout tracé. Je n'étais ni brillant ni puissant. Je n’apparaîtrait pas dans les livres d'histoire. Je n'étais pas le mec idéal. J'étais l'ombre d'un nom que tout le monde connaissait. J'étais pas celui qu'elle avait connu à Poudlard. J'étais pas mieux. J'étais toujours aussi perdu. J'étais toujours aussi blessé. J'étais toujours aussi en colère. On dit que le temps apaise tout. Mais sur moi, il avait eu l'effet contraire. J'avais raté trop de chances. J'avais bousillé trop d'opportunités. J'avais pas le droit à l'espoir. Je l'avais perdu il y a bien longtemps. Et en la regardant comme je le faisais, en me perdant dans ses yeux comme un idiot, c'était tout ce que je pouvais voir. J'avais loupé ma chance, encore une fois. « I'm a Quidditch player. I'm not that smart. I'm not that interesting. I'm a werewolf. I have trust issues. I 'm clueless, really. » J'avais laissé échapper un soupir. En temps normal, j'aurais jamais dit ça. J'aurais jamais dit ça à personne. Mais avec elle, c'était différent. Parce que même si je savais que je tendais le bâton pour me faire battre, même si je savais qu'elle finirait par se retourner contre moi, je lui devais la vérité. J'avais pas la force de lui mentir. J'avais pas la force d'inventer une histoire. J'avais pas la force de me faire passer pour le héros alors que je n'avais été que le lâche. J'étais une déception qui ne valait pas l'image qu'elle avait dû garder de moi. J'avais plus rien du jeune homme fier et confiant que j'étais. J'avais plus rien de celui qui avait des rêves plein les yeux. J'étais plus qu'un tas de débris qui avait abandonné la guerre contre la réalité. Elle gagnait toujours, de toute façon. Alors je lui livrais tout sur un plateau d'argent. Mes peurs. Mon égoïsme. Ma vérité. Ma lâcheté. J'ai détourné le regard.  « And this is me being selfish because no matter how hard I try, I just can't stand the thought of losing you again.   » Elle était la seule qui pouvait comprendre. Elle était la seule qui pouvait me briser ou me rendre meilleur. Elle était la seule qui valait le coup que je me batte. Le problème, c'était que le choix ne m'avait jamais appartenu. J'ai replacé une mèche de cheveux derrière son oreille avant de la regarder dans les yeux, à nouveau. « I'm no prince charming, Cal'.  Quite the opposite, actually. Is that what you want ?  'Cause I fucking doubt it.   »  



_________________
BAD BLOOD That these are the days that bind you together, forever And these little things define you forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry? It's been cold for years, won't you let it lie? If we're only ever looking back We will drive ourselves insane As the friendship goes resentment grows We will walk our different ways But those are the days that bind us together, forever And those little things define us forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry?It's been cold for years, won't you let it lie?
avatar
Calixte B. Jones
this is the wizzarding world of
Je suis un employé
informations
Je suis un employé

star : Emily Browning
crédit : (c) chevalisse
lettres postées : 55
date d'entrée : 10/11/2012



Message Posté Lun 1 Juil - 19:56.



« I might float for a second through the shadows of my reason. »

« Because I'm no good for you. » On sait toujours qu'au final, certaines choses et certains choix ne nous appartiennent pas. Ils font partie de ces choses qu'on ne peut pas maîtriser, celles qui appartiennent aux magiciens et aux sorciers capables de jouer les bons tours, de ressortir les bonnes cartes. C'est ce genre de choses qu'on ne peut pas sauver, l'ouragan qui se déplace partout et qui nous empêche de nous sauver de la perdition. On entend des mélodies dans des maisons vides qui ne sont que des souvenirs d'un passé torturé. Je voyais les choses sans les entendre. Je savais que j'étais perdue depuis trop longtemps pour m'en sortir, et je savais que le froid prenait ma force et ma souffrance. Je savais que la neige glacerait mes os, jusqu'au dernier. J'avais beau attendre, je savais à quel point tout cela n'était qu'un masque que je portais, et que je n'arrivais plus à retirer. Je me battais contre les minutes qui passaient mais c'était toujours les mêmes mots, les mêmes lignes qu'on n'arrive pas à répéter. Les mêmes attentes qui au final disparaissaient. Je n'étais pas une héroïne, j'étais tout sauf un sauveur. J'étais cette fille qui regardait la fin du monde du haut de sa fenêtre, en prétendant que tout irait mieux. Je savais que le confort ne m'appartiendrait pas toujours mais je faisais comme si mon innocence était un cadeau suffisant. J'essayais d'apprendre mais je voulais fuir. Je voulais me rappeler de ce que je n'aurai jamais. Je voulais écraser les souvenirs et leur rappeler que j'étais plus importante. C'était ça qui comptait. Les millions de choses qui m'appartenaient et celles qui ne m'appartiendraient jamais. Les cauchemars que je vivais sans pouvoir les contrôler. « I'm a Quidditch player. I'm not that smart. I'm not that interesting. I'm a werewolf. I have trust issues. I 'm clueless, really. » J'ai essayé de parler mais j'ai vu qu'il n'avait pas terminé, alors je l'ai laissé parler. Et c'était trop dur de me dire qu'on pouvait encore se retrouver en enfer, même après tant d'efforts. « And this is me being selfish because no matter how hard I try, I just can't stand the thought of losing you again. » J'ai senti sa main replacer une mèche de cheveux, et je me rappelais que j'en avais marre d'être perdue. J'en avais marre de disparaître, et de découvrir de nouveaux cauchemars, comme si je n'en avais pas assez. C'était devenu trop, et trop peu. C'était devenu quelque chose que je ne comprenais pas et que je refusais de comprendre à la fois. « I'm no prince charming, Cal'. Quite the opposite, actually. Is that what you want ? 'Cause I fucking doubt it. » J'ai répondu presque immédiatement, parce que j'étais terrifiée, et parce que j'étais trop impulsive à la fois. « Why do you think you shoud decide for me if you're good or bad ? » Je refusais de réfléchir aux conséquences, je savais qu'elles me brisaient déjà trop. Je savais que je faisais partie de ces filles qui laissaient la mort les emporter sans broncher. C'était quelque chose qui me brisait et qui me révulsait. Parce que je voulais me battre, mais je tombais à chaque fois. C'était ça, mon fardeau. Celui dont je n'arrivais pas à me défaire. Celui qui était devenu trop lourd. « I need you. I don't care you're not perfect, none of us are. » Je le regardais pour lui faire comprendre la vérité. Pour lui faire réaliser que personne ne pouvait retarder la chute. Ça arrivait à tout le monde. À chaque fois. Ça arrivait, et on ne pouvait pas s'en empêcher. « I want you cause I'm safe when I'm with you. I feel okay, and I don't wanna loose that. » Ma voix était plus calme mais toujours aussi perdue. Parce que je ne pouvais pas perdre quelque chose que je n'étais pas capable de remplacer assez rapidement. « I want you, I always wanted you. » Une nouvelle seconde qui passe. Une nouvelle opportunité qui s'envole et qui disparaît. « I don't care about anyone else. I don't wanna be with anyone else. There's no one I'd rather be with than you. » Je voyais que ce n'était pas assez. Et peut être que ça ne le serait jamais. « I don't want you to run away from that. I mean, look at me, I'm a prositute. I'm poor, and rude, and bitter. I'm not that beautiful. I'm just... I'm no one. » J'ai souri parce que je savais qu'on ne se battait pas contre la réalité des choses. On devait tous l'accepter tôt ou tard. « This is reality, Greg, I'm not looking for someone perfect. I don't wanna be with someone who's perfect, I want to be with you. » J'ai reposé ma main sur sa nuque. Dans une ultime révélation. « And you have to take a decision, cause I can't make that choice for you. »

_________________
⊹ I decided to never invest too much emotion in one thing
It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away
avatar
Gregory J. Pritchard
this is the wizzarding world of
Je suis un joueur de Quidditch
informations
Je suis un joueur de Quidditch

star : Jamie Dornan
crédit : Shya
lettres postées : 143
date d'entrée : 20/10/2012



Message Posté Dim 7 Juil - 2:44.

so ashamed so ashamed   | but i need you so

like a bone, like a bone i'm so breakable


Il y a certaines choses qu'on peut prévoir. Comme le temps qu'il fera demain. Il y a d'autres choses qui sont imprévisibles. Comme la mort. La maladie. Et puis il y a celles qu'on aimerait pouvoir prédire. Il y a celles qu'on aimerait connaître des années à l'avance, comme pour se préparer à la douleur. Comme pour s'immuniser contre ces cicatrices qui ne guériront jamais. Contre ce sang qui ne sèchera jamais.  Alors on lance les dés, les yeux à demi clos, parce qu'on a tellement peur du résultat qu'on n'ose même pas le regarder en face. On distribue les cartes en priant pour avoir une bonne main. On laisse le hasard décider de notre destin jusqu'à ce qu'on n'ait plus aucun autre choix que de l'affronter nous même. I need you. J'ai relevé les yeux, parce que je pensais la même chose. Elle était devenue trop importante. Elle était devenue indispensable. Et c'était bien le problème. On avait tous les deux peur. On savait qu'on avait déjà trop souffert la première fois. On savait qu'on s'était détruit, et on portait la guerre à bout de bras. On avait bâti des murailles trop hautes, des citadelles trop imprenables. On avait tellement affuté les lames qu'elles tuaient en frôlant. On laissait le passé définir le présent, enchaînés par les souvenirs de cette douleur insurmontable. Mais on n'avait jamais été assez forts pour lui résister. Alors on laissait l'autre combler le vide. On s'aventurait à ressentir tout ce qu'on avait chassé. On redécouvrait les trésors. On ressuscitait les rêves. On arrachait les fils qui nous reliaient à ces machines et on laissait nos poumons s'abreuver de cet air qui n'était plus abrasif. Les cendres avaient disparu. Parce que le feu s'était rallumé. I want you  Cette fois-ci, j'ai souri. Elle se sentait en sécurité avec moi. Et c'était tout ce que je demandais. Je voulais la protéger des monstres. Je voulais qu'elle arrête de souffrir. Elle m'avouait ses secrets. Elle m'avouait ses envies. Au fond, elles n'étaient pas différentes des miennes. On n'était pas parfaits. On n'avait pas d'itinéraire prédéfini. On ne suivait pas la voie royale. On s'était égaré il y a trop longtemps pour s'en rappeler. Parce qu'on n'avait jamais compris qu'on ne pouvait avancer qu'ensemble. J'avais toujours fui cette alternative, parce que la peur avait toujours paru plus attirante que les affres du courage. Sauf que cette fois-ci, c'était ma dernière chance.  I want to be with you. On avait perdu trop de temps. On avait laissé les aiguilles tourner trop longtemps. Et au final, on n'avait jamais réussi à s'oublier. C'était ça le problème. Le cœur du problème. On était faits l'un pour l'autre et on avait tellement essayé de fuir cette fatalité qu'on avait fini par l'abandonner. J'ai senti sa main se poser sur ma nuque.  « And you have to take a decision, cause I can't make that choice for you. »


J'ai pas hésité une seule seconde. J'ai pas attendu, parce que je l'avais déjà trop fait. J'ai pas laissé passer le temps, je lui ai barré le passage. Je l'ai empêché de s'enfuir, tout en sachant qu'il filerait quand même, parce que c'était ma malédiction. Je l'ai embrassé avec toute la force que j'avais. J'ai laissé mes lèvres jouer avec les siennes jusqu'à en perdre le souffle. J'ai regardé tout ce qu'on avait perdu, et tout ce qu'il nous restait à gagner. J'ai chassé la peur et la douleur, parce que je savais qu'elles viendraient. Mais cette fois, j'étais prêt à les accueillir. Cette fois, j'étais prêt à les affronter. Je savourais la force et la puissance. Je la serrais contre moi, parce que ça faisait trop longtemps que j'attendais ça. Et c'était ce sentiment de tout avoir. De tout posséder. Ce sentiment de plénitude qui n'avait de sens qu'avec elle. C'était mon cœur qui battait trop fort. Mon sang qui bouillonnait parce que je l'avais enfin. C'était tous les rêves qui se prenaient pour des réalités. Alors je continuais à la toucher pour m'assurer qu'elle ne s'envolerait pas. Pas cette fois. Puis j'ai arrêté de l'embrasser pour reprendre mon souffle. « I choose you. » Il n'y aurait pas de légende qui raconterait notre histoire. Il n'y aurait pas de mythe qui expliquerait ce que je ressentais. Tout simplement parce qu'on n'avait pas la carrure pour être des héros. On était les autres. Ceux qui expiaient leurs fautes dans des baisers et des soupirs. Ceux qui n'avaient d'héroïques que les rêves.  « But maybe we should set some rules this time. » Je l'ai défié du regard en lui adressant un sourire arrogant. Et c'était comme un dernier souffle. Le dernier souffle de la douleur. Le cadavre de la peur. Les murailles qui tombaient. Le vide qui se comblait. L'impression d'être entier. D'être réel. L'impression d'avoir un but. L'impression d'être invincible alors que c'était faux. On le savait, que c'était faux. « Like don't sit naked in the kitchen when I'm trying to stay focused on the food.  » Je l'ai embrassée encore une fois avant de retourner aux fourneaux. « You can grab a shirt in my room if you want.  »

_________________
BAD BLOOD That these are the days that bind you together, forever And these little things define you forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry? It's been cold for years, won't you let it lie? If we're only ever looking back We will drive ourselves insane As the friendship goes resentment grows We will walk our different ways But those are the days that bind us together, forever And those little things define us forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry?It's been cold for years, won't you let it lie?
avatar
Calixte B. Jones
this is the wizzarding world of
Je suis un employé
informations
Je suis un employé

star : Emily Browning
crédit : (c) chevalisse
lettres postées : 55
date d'entrée : 10/11/2012



Message Posté Dim 7 Juil - 11:56.



« I'm not moving on, I'll love you long after you're gone. »

Parfois le changement a du bon. Il apporte certaines choses qu'on aurait jamais pu espérer. Il apporte tout ce qui semblait trop loin et trop éloigné. Il apporte tout ce qu'on a espéré gagner, et tout ce qu'on a perdu. Les millions de choses qui se sont disséminés au gré du vent. Les années qui ont passés, et les visages qu'on ne reconnaît plus. Parce que c'est ça, l'ultime problème. Continuer à avancer alors que notre passé est trop proche. Continuer à avancer alors que le futur est incertain. On a peur de s'endormir pour se réveiller au milieu de l'enfer. On a peur de laisser la glace fondre et le brasier se former pour devenir trop fort jusqu'à ce qu'il brûle tout ce qui se trouvait là auparavant. Il n'y avait plus de vie. Plus d'espoir. Parce que maintenant, on se promettait de tomber à deux. On se promettait de s'engager dans quelque chose qui allait nous détruire, et on le savait. On était sûrs et certains que ça nous détruirait. Que c'était pas suffisant. Et on aurait peut être dû s'enfuir. On aurait peut être dû choisir la souffrance plutôt que le bonheur. Mais l'être humain est si égoïste qu'il ne pense pas à ce qui peut se passer. Il ne pense pas aux cicatrices et aux cauchemars qui se créent autour de lui. Il ne pense pas à la violence de ses gestes. Il ne pense pas à la puissance de ses mots. Il laisse son corps le guider. Il continue à tomber de plus en plus bas, jusqu'à ce que son corps heurte la terre froide et sans réconfort. Jusqu'à ce qu'il découvre ses rêves brisés, étalés sur le sol. Il n'y avait plus rien à dire. On se noyait dans une eau trouble. Dans une eau marquée par la noirceur des enfers. Et c'était cette chute qu'on désirait tous. On attendait tous de tomber de cette façon là, parce qu'on avait peur de vivre dans la solitude. On entendait les autres nous tirer dessus, et c'était plus simple de recevoir les balles de plein fouet plutôt que de les éviter. C'était plus simple que tout le reste. Que d'éviter sa propre vie. Que de se cacher de l'existence même du bonheur. Parce qu'il existait, et on le désirait tellement fort qu'on inventait des mensonges pour pouvoir l'atteindre plus rapidement. Mais un jour les mensonges prennent tellement d'importance qu'ils écrasent tout ce qu'on a. Ils nous rappellent qu'on ne fait que prétendre. Ils nous rappellent qu'on aura jamais assez. Que ça restera toujours une illusion. Un monde hors de portée. Un monde qui nous effraie, et que l'on désire. C'était cette cruauté là qui nous menait à disparaître à l'intérieur d'un monde sans beauté. Un monde de violence et de sang, où les hommes s’entre tuaient pour obtenir ce qu'ils voulaient. C'était cette réalité là qu'on fuyait. Mais elle était plus présente que quoi que ce soit d'autre. Elle était plus réelle que les lames et les couteaux. Plus réelle que la peine et la douleur. Mais aussi moins éphémère. Elle demeurait, et personne ne pouvait s'en débarrasser. Même en utilisant les mensonges.

J'ai senti ses lèvres sur les miennes. J'ai senti qu'au final, on avait peut être une chance parmi des millions d'opportunités. J'ai senti que peut être mon voyage en enfer se terminait. Peut être que j'avais terminé de brûler dans la plus grande douleur. C'était quelque chose qui m'avait terrifié, et aujourd'hui, c'était tellement plus simple d'accepter ce qui arrivait sous mes yeux. Comme la récompense d'une attente désespérée. « I choose you. » J'ai souri. J'ai oublié les mensonges et les remords. Parce qu'au fond, l'être humain est si idiot qu'il refuse de voir qu'il peut tout perdre à nouveau. Il refuse de voir que tous ces moments ne sont que des instants passagers qui sont destinés à être réduit en poussière. C'était cette vérité là qui nous rappelait le véritable sens de la cruauté. « But maybe we should set some rules this time. Like don't sit naked in the kitchen when I'm trying to stay focused on the food. » J'ai arqué un sourire avant de commencer à rire. C'était tellement ironique. Tellement drôle de se retrouver face à un futur si proche et si lointain à la fois. « You can grab a shirt in my room if you want. » Je suis descendue du comptoir pour déposer une main sur sa joue. « And I naively believed that you men weren't all the same, you're disappointing me, Greg. » J'ai continué à sourire pour lui faire comprendre l'ironie qui se trouvait dans ma voix. Puis je suis partie dans la chambre pour prendre une chemise qui se trouvait là. Et je suis retournée dans la cuisine. « Here I am. » Je me suis à nouveau approchée de lui. « I guess I'm moving here after all, if that's okay with you. » Je regardais ce qu'il faisait sans pour autant le regarder lui. Parce qu'après tout ce temps, j'avais encore peur de me réveiller et de me dire que tout ça n'était qu'une illusion. Un monde inaccessible qui ne m'appartiendrait jamais. « I don't really fancy coming back at my appartment. » Un léger silence s'est installé avant que je ne reprenne le cours de ma pensée. « So, you were talking about rules ? »

_________________
⊹ I decided to never invest too much emotion in one thing
It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away
avatar
Gregory J. Pritchard
this is the wizzarding world of
Je suis un joueur de Quidditch
informations
Je suis un joueur de Quidditch

star : Jamie Dornan
crédit : Shya
lettres postées : 143
date d'entrée : 20/10/2012



Message Posté Sam 17 Aoû - 23:37.

And here we are rebuilding roads  | Right by roosting towns

It's just like the love The one that's never been enough


« And I naively believed that you men weren't all the same, you're disappointing me, Greg. »

Est-ce que ces ténèbres ont un nom ? Cette cruauté trop sombre. Ce vide intersidéral, ce vide qui me bouffe et qui me consume. Ce désir impossible et incertain. Cette précarité sur laquelle on danse. Ce fil sur lequel on marche, il est trop fin, beaucoup trop fin. Est-ce que ces ténèbres ont un nom ? Est-ce qu'elles nous poursuivent, ou est-ce qu'on s'y jette la tête la première ? La douleur exige d'être ressentie, mais la douleur transforme, elle perd et elle tue. C'est la douleur qui a créé ce vide. C'est la douleur qui m'a empêché de ressentir quoi que ce soit d'autre pendant toutes ces années. Et maintenant que mon cœur bat pour autre chose que le vent, c'est comme si tout allait trop vite. C'est comme si tout allait trop bien. C'est comme si tout était trop irréel et trop dangereux. Est-ce que ces ténèbres portent un nom ? Peut-être qu'on les appelle désir. Ce sentiment d'avidité qui n'est jamais réellement satisfait. Cette impression de triompher, mais de triompher sans gloire. D'obtenir ce qu'on ne mérite pas. De voir que même lorsqu'on a tout, le vide est toujours là. Il grandit, il grandit toujours trop vite. Parce que tout ce qui semble essentiel n'est qu'accessoire. Et qu'on ne sait jamais ce dont on a besoin avant de l'avoir perdu. J'ai toujours eu peur de perdre. Puis j'ai eu peur de gagner. J'ai eu peur de toutes ces victoires insignifiantes et de me rendre compte qu'il ne me restait plus rien. J'ai eu peur de tous les choix que je devais faire. J'ai eu peur de toutes les décisions qu'il a fallut que je prenne. J'ai eu peur de devenir comme mon frère. Un monstre qui avait perdu toute son humanité. Mais j'ai perdu la mienne, aussi, sur la route. Je l'ai abandonnée parce que ça faisait trop mal de ressentir toutes ces choses. La honte, la tristesse, les reproches. Les regrets, la nostalgie, les tourments. Mais plus je chassais les ténèbres, plus elles se rapprochaient. Plus elles se muaient en une colère trop profonde pour être combattue. Oui, j'aurais pu embrasser ces moments de complicité. J'aurais pu les accueillir et les chérir. J'aurais pu profiter de ces secondes où plus rien ne semblait compter. Mais quand j'ai compris qu'ils ne duraient jamais, ça m'a effrayé encore plus. Je l'ai regardée s'en aller, discrètement. Peut-être qu'elles portent son nom à elle.

« Here I am.  I guess I'm moving here after all, if that's okay with you. »

J'ai haussé les sourcils. Cette fille avait quand même un sacré culot. Il y a quelques minutes, elle avait failli me bouffer parce que j'avais émis l'idée qu'elle puisse dormir ici en attendant que ça se tasse, et à présent elle s'invitait dans mon appartement. C'était pas que ça me réjouissait pas. C'était plutôt que tout allait trop vite, et que je savais mieux que personne la vitesse à laquelle les choses pouvaient disparaître. J'ai hoché la tête pour lui donner mon accord. C'était elle que je voulais. Mais c'était aussi celle que je ne voulais pas perdre. Et le problème, quand on est seul pendant tout ce temps, c'est qu'on cède si facilement à l'espoir qu'on ne se rend pas compte qu'on danse sur des éclats de verre. Que nos pieds baignent déjà dans le sang. Que toute la prudence et la méfiance qu'on installe est facilement démontable. Mais j'imagine que la peur est un sentiment réciproque. J'imagine que ce n'est pas le hasard qui l'a menée jusque chez moi. Elle avait peur, elle aussi, mais elle avait moins peur quand elle était avec moi. C'est l'univers qui nous détruit un peu plus chaque jour. Et on se sent en sécurité, sous un toit qui cache un ciel trop sombre. On se sent en sécurité lorsqu'on ne sent plus le regard inquisiteur des dieux, attendant notre chute. On se sent en sécurité enfermés dans une maison alors que le reste du monde brûle.

« I don't really fancy coming back at my appartment. »

J'ai versé mon risotto dans deux assiettes et j'ai mis la table en l'écoutant parler. J'ai relevé les yeux vers elle. Ses blessures avaient presque disparues. Et même si elle arrivait bien à cacher sa peur, je pouvais voir que tout était à propos de ça. Survivre. Marche ou crève. Mettre son honneur de côté parce qu'on n'a plus le choix. Je savais que j'avais pas à me sentir coupable, et pourtant c'était tout ce que j'avais dans le ventre. La culpabilité, et les regrets assortis. Une douce amertume qui m'encerclait trop vite.

« So, you were talking about rules ? »

Prfois, l'histoire est comme une balle tout droit sortie d'un revolver. Une explosion qui détruit tout sur son passage. Un souvenir trop vif, trop brûlant qu'on doit manier avec précaution. On avait un passé, mais il était trop lointain. Il était trop amer. Et j'essayais de l'oublier. J'essayais de faire comme si je n'avais commis aucune erreur. Comme si je n'étais pas responsable de ses blessures. Comme si je n'avais causé aucun dégâts. Mais c'était le plus beau mensonge que je me racontais. Il n'y avait rien de plus cruel que le passé, parce que les souvenirs finissent toujours par resurgir, et avec eux, tous ces sentiments qu'on a tâché d'oublier sans jamais y parvenir. Je l'ai invitée à s'asseoir en face de moi en souriant.

« Oh, I wasn't being serious. I mean, I don't wanna be the guy with the list of things you can and cannot do. »

Mais je l'étais. Pas parce que ça me plaisait de faire figure d'autorité. Mais parce que j'avais envie que ça dure. J'avais envie que ça marche. J'avais envie qu'elle me sauve. J'avais pas envie qu'on coule. Alors peut-être qu'il fallait se faire des promesses, même si on n'y avait jamais vraiment cru. Peut-être qu'il fallait inventer des lois, même si on ne les respecterait pas. Il fallait essayait de prévoir le futur alors qu'il se retournait toujours contre nous.

« But I guess there are some things to discuss. You tell one, I tell one, right ?   »

Des années de silence. Des années de solitude. Des années d'oubli et de retrouvailles. C'était dur de croire au présent. De voir que la réalité dépassait le rêve. D'oser penser que, cette fois-ci, ça pourrait fonctionner. J'ai posé mes couverts sur la table.

« Ok, I'll start. I know this is selfish as fuck but I don't want you to keep working like that. I can't... I cannot physically handle the thought of you with them. If I could I'd beat them up. All of them. And I know you think these are just words in a pretty mouth, but it's not. It's so much more than that.  And I don't mean to brag, but I have more money than I could spend. I guess what I'm saying is that if you want to take a break from all of this, you're very much welcome to do so. »

J'avais pas quitté son regard depuis que j'avais commencé à parler. C'est difficile. C'est difficile d'aimer une fille aussi insaisissable. C'est difficile de se battre contre sa fierté, contre ses deux pieds ancrés dans des principes immuables. Ca fait mal de voir qu'on ne contrôle pas grand chose. Et qu'on dépend des autres beaucoup plus qu'on le voudrait.

« And if you want me to go and get your stuff in your appartment, I don't have practice tomorrow.   »

Je me suis remis à manger en baissant les yeux.

« Your turn.   »

_________________
BAD BLOOD That these are the days that bind you together, forever And these little things define you forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry? It's been cold for years, won't you let it lie? If we're only ever looking back We will drive ourselves insane As the friendship goes resentment grows We will walk our different ways But those are the days that bind us together, forever And those little things define us forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry?It's been cold for years, won't you let it lie?
avatar
Calixte B. Jones
this is the wizzarding world of
Je suis un employé
informations
Je suis un employé

star : Emily Browning
crédit : (c) chevalisse
lettres postées : 55
date d'entrée : 10/11/2012



Message Posté Dim 1 Sep - 13:17.



« I am yours. »

On se dit de nombreuses fois que les règles sont faites pour être transgressées. Que chaque minute nous pousse à nous changer. Que chaque instant est une torture. On vit dans un monde où tout ce qui peut compter, est la façon dont on se souviendra de nous. On vit dans un monde où les minutes ne sont en vérité que des instants inutiles, des grains de poussière qui ne comptent pour personne. Des visages qui s'étouffent dans un monde de destruction et de souffrance. On essaye d'arranger les choses mais au final on se perd dans tout ce qu'on ne pourra jamais maîtriser. C'est difficile de continuer à voir dans un monde qui n'est pas à notre portée. Un monde qui se perd dans les méandres de la souffrance. Dans les méandres de tout ce qu'on ne pourra jamais trouver. J'étais cette fille-là qui ne méritait pas le bien. J'étais cette fille qui finirait par disparaître quelque part où le mal était destiné à régner. J'étais destinée à vivre dans le pire des mondes. Avec la sentence qui allait avec. J'étais destinée à connaître le bonheur pour ensuite le perdre. J'étais destinée à affronter tout ce que je refusais d'avoir, parce que j'avais peur de découvrir que ça ne serait jamais assez. Les corps s'empilaient un peu plus chaque jour, et je disparaissais à chaque instant. Je n'étais plus quelqu'un qui se battait, j'étais quelqu'un qui subissait la vie comme si c'était un fardeau. J'étais quelqu'un qui avait choisit la facilité parce que c'était une simple histoire. Qu'on répétait encore et encore. Parce que j'étais pas destinée à être la fille qui est sauvée des monstres et des visages tristes. J'étais celle qui se perdait dans la foule, derrière les personnes qui méritaient le sauvetage. Les personnes qui se dévouaient pour les autres. Il y avait quelque chose de terrifiant là dedans. Quelque chose dont on ne pouvait pas se défaire. Un monde qui se perdait dans des visages inconnus. Dans des miracles qu'on ne connaît pas encore. Peut-être que c'était lui, ma chance de m'en sortir. Celle qui était destinée à me sortir du trou noir. Celle qui était destinée à m'empêcher de vivre comme un mort parmi les vivants. Celle qui me transformait en condamnée. J'aurai jamais dû vivre cette vie là. J'aurai jamais dû abandonner. J'aurai jamais dû faire les mauvais choix. Et pourtant c'est ce que j'ai continué à faire, encore et encore. À chaque fois.

On essaye de trouver les mots mais c'est toujours trop peu. Je l'entendais m'offrir ses peurs et ses craintes, je le voyais découvrir un monde rempli de haine. Un monde qu'il ne pouvait pas encore contrôler. Je le voyais devenir celui qu'il n'aurait jamais dû être. Celui qui suivait les ombres dans un ciel trop sombre. Celui qui ne voyait plus les étoiles sur le chemin. Il avait choisi de prendre une autre voie. Il avait choisi de laisser les morts guider son existence, du début à la fin. Il avait choisit les fantômes à la place de la lumière. Il faisait le mauvais choix. Et c'était cruel. Parce qu'il ne méritait pas d'avoir mal. Il méritait de comprendre que je n'étais pas celle qu'il devait avoir. J'étais celle qui le mènerait à sa propre perte. « I think that you could be right. I just... I just don't want to feel as if I was some kind of prisoner though. That's why I'll try to find another job. But to be honest, I spent so much time in this crap that I didn't really expect someone to save me someday. Least of all you. But it happened. So yeah, tomorrow I'll need both of your arms and legs to help me move my stuff here. And I'll let you know that you won't get rid off me so easily from now on. » Je n'osais pas le regarder. Je n'osais pas lui montrer tout ce que j'étais, tout ce que je n'ai jamais pu être. Et tout ce qu'il ne méritait pas d'avoir. Parce qu'au fond, j'étais pire que ça. Au fond, il ne savait pas dans quoi il se lançait. Comment est-ce qu'il allait se retrouver dans la douleur après que tout ça serait fini. Une fois qu'il aurait réalisé à quel point c'était idiot. Il aurait pu choisir mieux. Il aurait pu avoir mieux. Depuis le départ. Il méritait tout ça. Il méritait de s'en sortir. Il méritait de choisir quelqu'un qui ne le pousserait pas à tabasser des monstres sans valeur. Des monstres qui avaient pour mission de nous détruire un peu plus à chaque instant. J'avais peur de prendre cette place là. J'avais peur de lire un jour du dégoût dans ses yeux. J'avais peur de le voir me jeter dehors parce que je n'étais plus rien. Parce que je n'étais qu'un déchet. Parce qu'il pouvait avoir mieux. Parce qu'il a toujours mérité mieux. « Now... I expect you to come back. Even if you're angry. Even if you hate me for a moment. Just don't ever go without a word again. » C'était pas de la colère. Ni de la peine. Ni du regret. C'était une simple demande. Une simple chose qui pouvait un jour me détruire et que je devais essayer de maîtriser. Une chose que je ne pouvais pas accepter. Pas encore. Pas une nouvelle fois.

_________________
⊹ I decided to never invest too much emotion in one thing
It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away
avatar
Gregory J. Pritchard
this is the wizzarding world of
Je suis un joueur de Quidditch
informations
Je suis un joueur de Quidditch

star : Jamie Dornan
crédit : Shya
lettres postées : 143
date d'entrée : 20/10/2012



Message Posté Lun 2 Sep - 20:13.

i won't let you go  | i won't let you go

but if you're gonna go, save the words you gave to me


Un soir, je suis rentré chez moi et j'ai trouvé mon frère et ma fiancée dans mon lit. Sordide histoire. Une histoire qui marque. Une histoire qui tue. A partir de ce jour-là, je me suis fait une promesse. Je me suis juré de ne plus jamais rien ressentir. Je me suis barré. Peut-être trop vite pour comprendre que les promesses sont toujours brisées. J'ai quitté ma vie et tout ce qui allait avec. J'ai essayé de ne pas regarder en arrière. D'éviter les regrets. Mais j'ai été rattrapé trop tôt par des fantômes trop puissants. J'avais aucun moyen de me battre contre la rage et la haine. Quand j'y repense, peut-être que j'ai rencontré Calixte au mauvais moment. Peut-être que dans un autre monde, tout aurait été beaucoup plus facile. Dans un monde idéal, on n'aurait jamais perdu six ans de nos vies à se fuir et à se retrouver. Dans un monde idéal, on aurait vécu. Mais ce monde est loin d'être idéal. Il contient des monstres abominables et destructeurs. Il est en proie à des guerres que personne ne peut contrôler. L'échiquier a toujours été trop grand. Mais le problème c'est qu'on ne peut pas y échapper.

Au fil du temps, les occasions pour moi de rattraper le temps perdu se sont présentées. Une à une, je les ai laissées passer. J'ai préféré l'ignorer quand j'ai vu qu'on l'avait payée pour danser à l'anniversaire d'un de mes coéquipiers. J'ai pas cherché plus loin quand on s'est croisé dans une rue de Londres et que j'ai évité qu'elle ne se fasse renverser par un bus. J'ai jamais essayé de réparer tous les dégâts que j'avais fait, parce que j'avais trop peur de ce que je trouverais si j'osais regarder dans ses yeux. J'ai eu peur. J'ai été lâche. Mais peut-être qu'il y a un certain quota de douleur qu'un homme peut supporter. Et peut-être que je l'avais déjà atteint.

Quelque part, j'aurais aimé changer les choses. J'aurais aimé vivre sans regrets. J'aurais aimé que tout soit plus simple. Mais on était tous les deux brisés. Brisés par le temps et par tous ces fantômes qu'on n'arrivait pas à oublier.  Par toutes ces choses qui nous avaient été volées et qu'on n'avait même pas cherché à retrouver. Ne vous y méprenez-pas, j'étais heureux. J'essayais de ne pas avoir l'air bête à sourire en la regardant. J'avais beau avoir bientôt 30 ans, quand je la voyais, j'étais comme un adolescent. Trop con. Trop embarrassé. Quelqu'un qui n'arrive pas à trouver sa place, mais qui essaye, parce que c'est la dernière chose à laquelle il peut s'accrocher.  Mais j'avais qu'à la regarder, avec ses égratignures et ses bleus pour me rendre compte que j'étais arrivé trop tard. Et c'était ça, le pire. Se rendre compte qu'on n'avait jamais su se rattraper au bon moment et que tout devenait trop précieux pour être gâché. Et puis il y a ce sentiment. Ce sentiment toujours trop tentant pour y céder complètement. Ce sentiment qui trahit toujours. C'est pas tant de l'espoir qu'un soulagement vital. Celui d'avoir trouvé la seule personne pour qui vous donneriez votre vie.

« I think that you could be right. I just... I just don't want to feel as if I was some kind of prisoner though. That's why I'll try to find another job. But to be honest, I spent so much time in this crap that I didn't really expect someone to save me someday. Least of all you. But it happened. So yeah, tomorrow I'll need both of your arms and legs to help me move my stuff here. And I'll let you know that you won't get rid of me so easily from now on. »

J'ai souri en baissant les yeux. Contrairement à moi, Calixte avait toujours su ce qu'elle voulait. Peut-être parce qu'elle avait grandi trop vite. Sûrement parce qu'elle n'avait pas eu le choix. Elle était indépendante et indomptable. Elle faisait partie de ce genre de femmes fatales. Celles qui ont des lames affutées cachées dans leurs bas résille. Celles qui vous charment pour mieux vous tuer. Celles qui ont un visage illisible. Je ne saurai jamais ce qu'elle pensait réellement de moi à ce moment-là, et  peut-être que c'était mieux comme ça. Peut-être qu'il fallait que j'accepte le fait qu'elle resterait une énigme pendant un certain temps, jusqu'à ce qu'elle ait assez confiance en moi pour me le dire d'elle-même.

«  Now... I expect you to come back. Even if you're angry. Even if you hate me for a moment. Just don't ever go without a word again. »

J'ai relevé les yeux vers elle, surpris. De toutes les choses qu'elle aurait pu me demander, c'était celle à laquelle je m'attendais le moins. Chambres séparées, fidélité, compromis, ça je m'y attendais. Alors, lorsqu'elle m'a demandé de ne plus jamais l'abandonner, j'ai pris sa main dans la mienne, sans réfléchir à combien c'était cliché et prévisible.  Parce que je m'en voulais de l'avoir abandonnée. D'avoir sous estimé les dégâts. C'était un choix que je regrettais tous les jours un peu plus. On dit que le cœur des gryffondors est le plus vaillant de tous. Mais pour moi, c'était pas vrai. J'étais pas courageux. J'étais pas brave. J'étais juste un gars qui essayait de se débattre pour ne pas se laisser emporter par les eaux. J'étais le fou qui essayait de résister au séisme. Celui qui pensait à laisser tomber trop vite, trop tôt. Et qui se laissait crever dans les flammes.

« I won't. »

Je l'ai regardée, avec un sourire. Parfois, j'aurais aimé que les mots aient le même pouvoir que les actes. J'aurais aimé qu'il suffise de les prononcer pour donner une preuve irréfutable. Mais j'avais abusé de mes droits. J'avais pourri ma loyauté. Et tout ce que j'avais, c'était des débris de ce qui avait déjà existé auparavant, et que j'avais anéanti en partant une première fois. J'ai regardé ailleurs, comme si j'avais peur de sa réaction. Comme un ado qui ne savait pas comment inviter une fille.

« About not leaving... I have a Quidditch Game on Saturday in Russia. I guess now that we're together, you could come with me ? I mean, if you want to, of course, I don't want you to feel like you have to or anything but like... I would really like it if you came. »

Pathétique.

« We are  together, aren't we ?  »

_________________
BAD BLOOD That these are the days that bind you together, forever And these little things define you forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry? It's been cold for years, won't you let it lie? If we're only ever looking back We will drive ourselves insane As the friendship goes resentment grows We will walk our different ways But those are the days that bind us together, forever And those little things define us forever, forever All this bad blood here, won't you let it dry?It's been cold for years, won't you let it lie?
avatar
Calixte B. Jones
this is the wizzarding world of
Je suis un employé
informations
Je suis un employé

star : Emily Browning
crédit : (c) chevalisse
lettres postées : 55
date d'entrée : 10/11/2012



Message Posté Mar 3 Sep - 1:27.



« Why don't you be the writer, and decide the words I say ? »

J'ai toujours pensé que certaines choses devaient arriver. Qu'on avait pas le choix. Qu'on vivait dans un monde où la peur et la crainte n'était que des images. Des choses que l'on utilisait pour nous contrôler. J'ai toujours pensé que chaque seconde de nos vies était déjà prévues, méticuleusement maîtrisée pour servir l'intérêt commun. Pendant un moment, j'ai pensé qu'on devait se battre. J'ai pensé qu'on devait tous utiliser le feu qui brûlait en nous pour se défendre. Pour tout détruire. Pour devenir des soldats. J'étais persuadée qu'on devait tous prendre nos responsabilités. J'étais persuadée qu'on devait apprendre à être ce que l'on était destiné à être. J'étais persuadée que ma vie serait bien remplie. J'étais persuadée que si je le voulais, j'aurai la capacité d'arranger tout ce qui avait besoin d'être arrangé. Mais c'était idiot. C'était trop tard. C'était tout ce qu'on avait déjà plus. C'était tout ce qu'on ne contrôlait pas. J'ai abandonné la bataille. J'ai choisi de faire partie de ces personnes qui préféraient abandonner. J'ai choisi de faire partie de ceux qui n'avaient plus de raisons de se battre, parce qu'il était trop tard. Parce que l'espoir était parti, et qu'il ne reviendrait jamais. Parce que tout ce qu'on essayait de faire était déjà perdu. Et parce que toutes les plaies du monde ne guérirait pas ce qui était en train de se passer. On voulait tous faire de grandes choses. On voulait soigner les malades et oublier la douleur. On voulait corriger ce qui n'était pas réparable. On voulait changer les choses parce que c'était tout ce qu'on pouvait comprendre. On voulait être heureux. Tout simplement. On voulait se réveiller avec l'idée d'avoir accompli quelque chose. Et on a toujours l'espoir qu'un jour, on réussira à accomplir cette tâche. Mais c'est jamais le cas. Parce que chaque cri, chaque hurlement, et chaque sanglot nous brise un peu plus. Parce qu'on perd de précieuses minutes à vivre nos vies. Parce qu'on essaye de découvrir le genre de personne que l'on veut devenir. On essaye de comprendre ce qui va se passer. On essaye de comprendre comment est-ce qu'on pourrait retourner à cet instant où tout semblait innocent. Loin. On voit les visages disparaître dans la foule et on espère que c'est ça, le signe de notre rédemption. Mais il n'y a pas de potion miracle. Il n'y a pas de traitement. Seulement l'abandon. L'abandon de l'espoir. L'abandon de ce en quoi on croyait. C'était ce qui m'était arrivé. Je vivais dans un monde naïf où je pensais que chacun pouvait être sauvé. Jusqu'au jour où je me suis perdue. Et personne n'a été là pour le faire. Alors j'ai compris que c'était que des rêves. Des illusions. J'ai compris que je croyais en quelque chose qui n'existait pas. Un mensonge inventé. Un miracle dont je voyais encore les moindres traits.

J'entendais sa voix et c'était presque comme une promesse. Une promesse que tout irait mieux, pendant un moment. Avant que tout ne s'écroule à nouveau. Parce que c'est ça, la vérité. Les choses ne sont pas éternelles. Elles sont construites, et puis détruites. Elles sont là, face à nous, et on nous vante leur beauté et leur rareté. Le côté unique qu'elles possèdent. Et puis on nous montre à quel point il est facile de tout briser en mille morceaux. À quel point c'est simple de les écraser sur le sol comme de vulgaires déchets. Je souriais. Je lui faisais croire que c'était parfait. Je lui faisais croire que tout irait bien. Parce que c'était la seule chose que je pouvais faire. Je n'avais pas de cadeaux à offrir. Je n'avais pas de solution à donner. J'étais la fille qui s'était perdu dans un mensonge qu'elle ne maîtrisait pas. J'étais la fille qui avait peur de finir seule. Celle qui avait choisi d'être au centre de la scène pour être oubliée. L'énigme que personne ne pouvait résoudre, ni comprendre. Pas même lui. Parce que quand tout serait terminé, et quand la mort nous arracherait à la Terre, il ne comprendra pas ma réaction. Il ne comprendra pas ce que je ferais. Tout simplement parce qu'il ne saurait jamais totalement qui j'étais. Et il était là, le drame. L'idée de fin. Le malheur que personne ne pouvait ralentir, dans sa course folle. « We are together, aren't we ? » J'ai souri puis j'ai éclaté de rire avant de répondre. « God, you sound like a 15 years old girl. » Je me suis relevée. « You could just ask me out with a single sentence you know. » Je suis allée à côté de lui. « But yeah, I would love to come. » Et j'ai déposé un baiser sur ses lèvres. Parce que c'était facile de s'accrocher à tout ce qui nous restait encore. « Since we're together and all. » Je me suis éloignée avant de reprendre la parole. « But now, I'm going to sleep for a while. On your bed. »

_________________
⊹ I decided to never invest too much emotion in one thing
It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away
avatar
Calixte B. Jones
this is the wizzarding world of
Je suis un employé
informations
Je suis un employé

star : Emily Browning
crédit : (c) chevalisse
lettres postées : 55
date d'entrée : 10/11/2012



Message Posté Mar 3 Sep - 1:27.
RP TERMINE

_________________
⊹ I decided to never invest too much emotion in one thing
It’s always a set-up to the pain of losing them. These feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, they've been knockin' me out, babe. Whenever you come around me, these feelings won't go away, they've been knockin' me sideways, I keep thinking in a moment that time will take them away but these feelings won't go away
Contenu sponsorisé
this is the wizzarding world of
informations



Message Posté .

GREGORY & CALIXTE ❧ broken trust and broken hearts [pm]

T H E R E . I S . N O T H I N G . L I K E . L O N D O N :: habitations

Sujets similaires

-
» Earthquake Relief Where Haiti Wasn’t Broken
» I WALK THIS EMPTY STREET ON THE BOULEVARD OF BROKEN DREAMS - 20 JUILLET, 18H34
» « Boulevard of Broken Dreams »
» Broken Wolves PV Tybalt
» narcisse sauvage || boulevard of broken dreams. [21/10]

Réponse rapide

pour répondre plus vite que le vent, t'as vu !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: