VULNERA SAMENTO FERME SES PORTES ▲
Merci à tous pour avoir pris part à cette formidable aventure.

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insomnia (pm)
ϟ this is the road to ruins, and we're starting at the end, say yes, let's be alone together.
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Matvei Sejdic
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Message Posté Jeu 5 Juin - 5:39.
insomnia
pourquoi dormir quand on peut aimer

   

   
informations particulièrement pas importantes
ϟ dénomination courante des participants ▬ Cassandre & Matvei Sejdic.
ϟ  étiologie du statut subjectif ▬  Privé.
ϟ  datation approximative du moment exact ▬ 3 septembre 2057.
ϟ  cadran lunaire appréciable ▬ La nuit, après 3 heures, quand tout est fermé.
ϟ  météorologie sorcièrement acceptable ▬  Plutôt chaud, plutôt doux, une brise.
ϟ  saison saisissante et palpitante ▬  Saison 3.
ϟ  intrigue globalement intriguante ▬  3x01, Hope and darkness have never been so close
ϟ chatiment divin exigible ▬  //
   
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Matvei Sejdic
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Message Posté Jeu 5 Juin - 7:02.
Dans la nuit de Londres, un éclair de blanc bleuté se faufilait entre les diverses ruelles du Chemin de Traverse, se dérobant à la vue des rares passants qui étaient encore dehors à cette heure. Pour la majorité des fêtards qui revenaient du bar, quelques fois des brigadiers qui patrouillaient, ou encore des travailleurs de nuit. Rien pour l'inquiéter, cela dit. Il était rapide, il était furtif et il avait pris ses habitudes. Matvei connaissait parfaitement le chemin le plus court et le plus discret pour se rendre à la plupart de ses destinations, mais surtout celle-ci. Brièvement, une femme remarqua un renard courant sur les pavés de la rue, mais le temps de vérifier, la créature avait disparu. Qu'aurait de toute façon fait un renard polaire à Londres, en cette saison ?
Pure invention. Il valait mieux penser qu'elle avait bu un peu trop. Que c'était un effet de son imagination. Mieux que de savoir que sous son nez venait de passer l'ancien Ministre de la Magie, caché sous sa forme d'Animagus pour mieux passer inaperçu. Parce qu'un renard polaire passait toujours moins qu'un Russe blond d'un mètre 90.

Un regard prudent, au coin d'un mur, avant qu'il gagne les derniers mètres qui le séparaient de l'immeuble où la Française avait son appartement. Souvent, il allait au Velvet Touch. Une ombre dans le coin du piano-bar, une silhouette qui se détournait quand les yeux l'effleuraient, qui disparaissait dans le bureau de la propriétaire de l'endroit sans qu'on l'en voit sortir par la suite. Ce soir, il avait préféré attendre que Cassandre en revienne. Que le piano-bar se ferme et que la nuit commence réellement, pour la rejoindre à son appartement et l'avoir à lui pour le reste de celle-ci. Pas qu'elle lui appartienne, pas qu'elle soit un objet, une possession.
Elle était quand même son épouse.
À deux, ils dormaient peu. Pas, en fait. Ils parlaient, jouaient aux échecs, parfois ne faisaient tout simplement rien. Il l'écoutait jouer de la musique. Il partageait donc ses nuits entre Avdotia et Cassandre, entre sa sœur et son épouse.

Dans le hall, personne. Personne nulle part. Prudence tout de même. Le renard reprit soudainement forme humaine, tout juste devant la porte de chez la Sejdic. Matvei fit craquer son cou et ses épaules. Il avait passé les deux derniers jours sous cette forme et revenir dans sa carcasse bien trop grande était toujours étrange. Il avait passé... six mois? huit mois?, sous cette forme? Longtemps. À bien des égards, il n'en était toujours pas revenu et n'en reviendrait sans doute plus jamais. Quelque chose de plus sauvage, de plus méfiant, dans son regard. Quelque chose de plus furtif dans ses gestes, de plus élastique. Son sixième sens encore plus fort, un instinct. Un animal dans un corps d'homme.
Il était pâle. En meilleure forme que pendant l'hiver, que lorsqu'il était arrivé en Angleterre, mais toujours trop mince pour sa haute taille. Les yeux trop clairs. Les crocs acérés. L'air fatigué. On ne se changeait pas.

Il frappa à la porte et attendit que celle-ci s'ouvre sur la silhouette éthérée de Cassandre. Encore vêtue de ses habits de soirée, de ceux qu'elle portait au Velvet Touch, y faisant sans doute rêver tous ceux qui y entraient. À quelque part, la satisfaction égoïste et l'émerveillement de savoir que cette femme était son épouse. « À couper le souffle. » Un murmure rauque, un bref sourire qui remonta jusque dans ses yeux soudainement devenus plus doux, avant qu'il se penche pour l'embrasser et entrer dans l'appartement du même mouvement. Laissant la porte se refermer derrière lui, le laissant entrer dans ce cocon qu'il partageait à mi-temps, qu'il occupait du mieux qu'il pouvait.
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Artémis de Sainte-Croix
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Message Posté Sam 14 Juin - 1:12.

Pas de cauchemars, cette nuit. Dans la pénombre de son appartement, la tête en équilibre dans la paume de sa main, Cassandre épluchait les candidatures d’artistes aux noms improbables, en lice pour obtenir la prochaine date de représentation disponible dans son calendrier. L’ombre d’un sourire flottait sur ses lèvres.

Elle avait cru qu’elle ne parviendrait plus à retrouver un état proche de la sérénité, à défaut, au moins quelque chose qui y ressemblerait. L’idée, persistante, d’être épiée, d’être en danger, de voir encore d’autres corps, d’autres cadavres, d’autres enfants mutilés avait longtemps continué à la hanter ; quand elle n’en rêvait pas, elle en tremblait. Elle avait dû réapprendre à vivre. Réapprendre à ne plus regarder derrière elle à chaque angle de rue. Réapprendre à ne plus courber l’échine pour dissimuler derrière le blond terni de ses cheveux son visage aux traits creusés. Réapprendre à ne plus évaluer celui qui lui faisait face. Réapprendre. Réapprendre à lâcher prise. Réapprendre à sourire.
Elle avait tant fini par vivre dans l’ombre qu’elle ne supportait plus la lumière trop vive. Dans son appartement, il n’y avait qu’une lampe qui éclairait son salon ; le plafonnier n’était pas même pourvu du moindre système d’éclairage. Elle ne sortait qu’à l’aube et au crépuscule ; la lumière du jour l’aveuglait. Sa vue s’y était adaptée. Désormais, le moindre éclat trop vif lui déclenchait l’une de ces migraines qu’elle haïssait tant.

Trois coups contre le panneau de sa porte la sortirent de son air rêveur. L’horloge indiquait trois heures du matin ; un éclair dans son regard, un demi-sourire plus franc sur ses lèvres. Elle ne se posa pas de questions. Il n’y avait qu’une personne pour venir frapper poliment à sa porte à une heure aussi tardive. Balayant les partitions jonchant le corps luisant de son piano à queue, Cassandre piocha ses clés. Son appartement était encore sens dessus-dessous : ses escarpins avaient été abandonnés entre l’entrée et le canapé, son manteau jeté en travers d’un fauteuil et les dernières factures s’empilaient un peu partout sur son bureau ; des livres étaient semés un peu partout, les reliefs de son repas à emporter trônaient encore sur la table et quelques disques de vinyles se perdaient dans l’océan de partitions qui finissait de tapisser le reste des meubles. C’était le bordel ; mais c’était son bordel.

Son regard l’avait toujours réchauffée, même quand elle n’en ressentait pas le besoin. Elle s’était toujours sentie bien avec lui, sans doute parce qu’il l’était, lui aussi. Elle ne s’était jamais sentie en danger, même quand ils avaient frôlé le précipice, ce soir-là où ils avaient décidé de se marier, alors que cette idée les faisait rire comme les rebuts amoureux qu’ils étaient alors. Des âmes abandonnées. Ceux qu’on avait laissés pour compte. Cette soirée lui apparaissait vieille de plusieurs années.

« A couper le souffle. » Un murmure. Un sourire. Matvei. Cette réflexion, peu commune, lui était pourtant devenue familière ; mais il n’y avait que de lui qu’elle l’acceptait. Cassandre n’était pas vaniteuse, elle n’était pas réceptive aux compliments des autres ; mais de lui, elle en savourait la saveur, bien plus exquise. Le contact de ses lèvres, et il était revenu.

Il y avait des habitudes. L’ersatz d’une vie commune, parce que l’un comme l’autre ne pouvait pas plus, mais qu’ils essayaient. Il y avait ses affaires, quelque part, dans son bordel. Dans cet appartement où elle avait refait sa vie, mais pas complètement ; dans cet endroit qui possédait ses biens sans en extraire la chaleur. Il n’y avait que trois photos : la première, de son frère, Jaguar, posée sur son piano, la seule chose que ne dissimulaient pas ses partitions. Elle ne la regardait jamais. Elle n’y arrivait pas. Pas encore. La deuxième, celle de son filleul, Amadeus, posée sur sa bibliothèque. La troisième, celle de leur mariage. La seule que Matvei n’avait pas réussi à éviter, trop occupé à lui passer la bague au doigt.
Elle était posée sur l’âtre de la cheminée. Seule.

Il y avait des habitudes. L’ersatz d’une vie commune, parce que l’un comme l’autre ne pouvait pas plus, mais qu’ils essayaient. Il venait, et c’était tout ce qui comptait ; sa présence lui suffisait. Elle avait vécu l’enfer, sans lui. Elle s’était lancée à corps perdu dans une vaine tentative d’oubli, avait risqué sa vie et perdu celle de son frère par vengeance, par rancune, par provocation. Il avait toujours été le seul à la connaître réellement, à être un appui, à l’accepter sans la juger ; le perdre a été perdre une partie d’elle-même. Et comme toute chose, ce n’était qu’une fois qu’elle l’avait perdu qu’elle s’en était rendue compte.
Peu importait qu’il ne vienne que pour un abri. Pour une heure ou pour une nuit. Pour un silence ou pour cent mots. Tant qu’il venait, le reste n’avait pas d’importance.

La peur avait été dure à éloigner, elle aussi.

Sans un mot, en réponse à l’une de ces habitudes, elle lui tendit un verre de vin et s’installa dans le canapé, repliant ses jambes sous elle ; sa robe rubis drapait le velours carmin des coussins d’assise. Elle avait rassemblé ses cheveux en un chignon bancal, piqué d’un crayon à mine qui le retenait à peine. Appuyant sa tempe contre son poing, elle dévisagea Matvei. Elle voyait en lui l’animal qu’elle avait recueilli, pendant un temps ; cet étrange animal qui l’attendait en bas de son immeuble, quelques soirs, et qu’elle accueillait chez elle, sans trop savoir pourquoi ; pour un peu de compagnie, peut-être. Elle avait dormi avec lui, lorsqu’elle y parvenait, et il avait vu ses cauchemars qui la réveillaient en sursaut, en nage et la main sur sa cicatrice surgissant de sa poitrine jusqu’à sa gorge, le souvenir de la douleur au bord des lèvres. Il était pâle, mais elle ne lui avait pas dit de sortir plus souvent ; il était maigre, mais elle ne lui avait pas demandé de manger davantage. Il ne disait rien sur ce qui avait changé en elle, pendant la guerre. Il n’avait rien dit, quand elle avait perdu de sa lumière, pendant la guerre.

Il y avait des habitudes. L’ersatz d’une vie commune, parce que l’un comme l’autre ne pouvait pas plus, mais qu’ils essayaient.

Se penchant en avant, elle attrapa une poignée de candidatures, sur la table du salon, et désigna du menton une assiette où reposait une part de gâteau.

« La dernière invention de mon cuisinier. Promis, je n’ai pas participé à son élaboration. »

Spoiler:
 
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Message Posté Jeu 19 Juin - 5:19.
Sa main avait glissé sur la taille de son épouse – ses yeux sur toute sa personne, de ses cheveux au blond redevenu lumineux jusqu'à sa robe rubis. La couleur lui allait magnifiquement. Ce rouge lui donnait un air plus dramatique. Quelque chose de plus sombre. Ça ne lui déplaisait pas. Que la lumière de Cassandre soit mêlée d'ombre, qu'elle soit un merveilleux duel en son propre sein. L'habitude le dirigea jusqu'au canapé, sa main accueillit la coupe de vin qui lui avait été tendue. Elle connaissait ses goûts, ses préférences, et il ne doutait pas que le vin était excellent. Il s'assit dans le canapé, repliant ce corps trop grand qu'il apprenait à apprivoiser à nouveau. Le regard bleu de Cassandre pesa sur lui. Pesa, sans que ce soit lourd. Était juste présent. Le réchauffant, en vérité.
Elle lui avait manqué. Elle lui avait manqué et quand ils s'étaient revus, en Russie, elle avait été une lumière dans l'hiver. Cassandre avait été importante dès son entrée dans sa vie et leur mariage, cette folie qui leur avait semblé si hilarante, si délicieuse, avait scellé cette importance qui n'en était que devenue plus évidente par la suite. Qui était si forte, maintenant. Elle le réchauffait. À Londres, il était souvent venu la voir sous sa forme animale. Pour la veiller dans son sommeil, encore, alors que lui ne dormait que peu (mais mieux et plus que sous sa forme humaine), pour la réconforter quand elle se réveillait en panique, pour se lover dans son cou. Il avait pris des habitudes. Matvei voulait qu'ils continuent d'en avoir.

Un regard curieux et gourmand sur l'assiette que Cassandre lui désigna. Il étira le bras pour s'en emparer, observant avec attention le gâteau, se retenant de le renifler avec précaution (un réflexe qu'il avait beaucoup de difficulté à laisser tomber, aussi ridicule soit-il). Une étincelle pétilla dans ses prunelles. « Il ne doit même pas te laisser s'aventurer dans sa cuisine. » Il déposa l'assiette, leva son verre de vin pour en faire tinter le verre contre celui de la Française. Pas de mots. Ils n'en avaient besoin que de peu et lui qui n'avait jamais été bavard l'était moins que toujours. Une gorgée du liquide, excellent comme prévu, avant qu'il le pose et reprenne l'assiette pour pouvoir goûter une bouchée du gâteau. Une bouchée pas bien grosse, mais suffisante pour Matvei, qui n'avait jamais eu beaucoup d'appétit. Un grognement appréciateur, un signe de tête. « Très bon. »

Venant d'un homme aussi difficile et pointilleux sur la nourriture, c'était l'équivalent d'un sublime, d'un superbe, d'un magnifique. Juste une bouchée. Il en mangerait le reste plus tard. Ou pas. Il y avait bien des chances que le morceau de gâteau à peine entamé sèche là, sur cette table basse, abandonné par son appétit d'oiseau. Abandonné par son estomac qui s'habituait doucement à consommer autre chose que de la viande rouge, qui s'habituait tout aussi doucement à s'alimenter un tant soit peu normalement. S'il y avait au moins une chose qu'il pouvait faire normalement... Matvei reposa l'assiette, reprit le verre. Repoussa du bout des doigts une mèche blonde qui s'était échappée du chignon lâche de Cassandre, une expression attentive sur ses traits sévères, pourtant adoucis même s'ils étaient trop découpés. Il se rapprocha de son épouse, jusqu'à ce que leurs corps soient appuyés l'un contre l'autre et qu'il puisse observer la pile de parchemins qu'elle parcourait. Elle était plutôt secrète, comme femme, mais si elle traitait cette affaire aussi librement devant lui, c'est que ça ne devait pas être trop important. Quoique lui détestait qu'on fouille dans ses affaires, jadis, importantes ou pas.

Ça faisait bientôt un an, qu'il n'avait plus d'affaires dans lesquelles quiconque pouvait fouiller.

Matvei appuya son menton sur son épaule, embrassa la ligne de la mâchoire de la blonde. Avec elle, il était tendre. Attentif. Besoin de la toucher, de l'aimer, dans la mesure qu'il était capable. De lui signifier, encore et toujours, qu'il ne la quitterait pas. Plus. « Des candidatures pour le Velvet Touch ? »
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Message Posté Mar 26 Aoû - 17:58.
« Il ne doit même pas te laisser s'aventurer dans sa cuisine. »

Elle rit. Cela lui faisait un bien fou. Qu’elle en soit encore capable était presque une délivrance. L’espoir qu’elle pouvait avancer en laissant ses démons derrière elle, même si, elle le savait, ils ne seraient jamais loin. Elle rit. Cela lui faisait un bien fou.

« Tu es méchant. Même si c’est vrai. »

Il avait même essayé, convaincu que la cuisine était un art inscrit dans les gênes de chaque être humain et rompu à l’humilité dictant la facilité de réalisation à qui s’en donner une fourchette, de lui enseigner quelques astuces pour pourvoir seule à sa propre alimentation. Sa désillusion avait été à la hauteur de son choc quand il avait fini par admettre que rien, en ce bas monde, ne parviendrait jamais à lui faire cuire un œuf sans risquer de mettre des vies en danger. Il avait eu du mal à s’en remettre ; et, depuis son amnistie, ce fut la première chose qui la fit rire. « Très bon. » Elle arqua un sourcil. Si son fils, Amadeus, et l’amie de celui-ci, Hayleen, avaient dévoré le gâteau – avec une retenue éprouvée – c’était bien l’avis de Matvei qui marquait la nouvelle création comme excellente, de quoi le laisser à la carte pour une année. Elle le nota sur le coin d’une candidature, repêchant un crayon abandonné derrière le dossier du canapé.

Lorsqu’il lui effleura la joue du bout des doigts, glissant une de ses mèches rebelles derrière son oreille, un long frisson dégringola le long de son échine, laissant la marque d’un imperceptible tremblement sur sa peau ; quand son corps épousa le sien, elle se tendit. Imperceptiblement peut-être ; pour elle, le moindre souffle pouvait la briser. Elle serra la mâchoire, lutta contre ce réflexe pervers gravé au fer rouge, inscrit en lettres de sang, tapi dans l’obscurité de ce qu’elle était. Un, deux, trois. Elle songea à Amadeus et Hayleen, endormis dans la chambre d’à côté. Elle songea aux lumières de Londres se découpant entre les lignes des toits, sous son balcon, scintillant dans la pénombre de la ville endormie. Elle songea à Matvei, assis à côté d’elle, assis contre elle, l’entourant de ses bras comme aucun homme ne l’avait jamais fait jusque-là, non pas pour la maintenir immobile, mais pour l’aimer, à sa façon. Elle n’était pas en guerre. Elle n’était plus en guerre ; sinon contre elle-même.

Il l’embrassa. Son souffle caressait son cou. Elle l’avait connu froid et distant, elle le connaissait attentif et tendre. Cet homme était à l’image de sa propre complexité, et chaque jour passé depuis leur mariage lui avait fait découvrir plus qu’elle n’en aurait voulu savoir sur lui. Comme si ces serments murmurés avec espièglerie avaient été l’autorisation de le voir autrement ; de l’aimer autrement. Sans trop savoir pourquoi, elle attrapa sa main et mêla ses doigts aux siens. Ou plutôt si, elle en avait pleinement conscience. Elle avait soif de sa présence, et parfois, elle en avait peur. Peur de se rendre compte que c’était un peu plus que ce qu’elle était capable d’endurer, que ce qu’il était capable de lui donner. Survivants, écorchés vifs, ils survivaient plus qu’ils ne vivaient ; mais c’était dans ces moments-là où elle se disait que si, il était possible de revenir à la vie. Et c’était effrayant. Trop effrayant.

Alors, elle ne lui donnait que ce qu’elle pouvait, et prenait tout ce qu’il lui donnait. Elle gigota pour mieux s’installer contre lui, et leva les parchemins qu’elle tenait de sa main libre. Elle en avait une bonne dizaine.

« Ils ont des noms improbables et des formations parfois aléatoires, et des styles parfois en parfait décalage avec le bar. Je crois qu’ils ne viennent que parce que je porte ton nom. Certains viennent pour te rendre hommage, tu sais. »

Un sourire en coin retroussa ses lèvres alors qu’elle posait les parchemins entre eux pour mieux les feuilleter. Elle en avait déjà sélectionné quelques-uns qu’elle contacterait dans la journée, et restait dubitative sur d’autres. Elle était de ceux qui donnaient sa chance à chacun, et rechignait à refuser à un groupe ou un jeune chanteur la chance de se produire quelque part ; mais elle aimait moyennement qu’on vienne frapper à sa porte pour jouer de son influence, certes galvaudée, mais qui persistait à lui ouvrir quelques portes. La Sejdic, la femme d’un des ministres les plus aimés, celle qui avait défié Pritchard, mené la résistance de Londres et qui recommencerait sans doute sans hésiter ; ça lui collait à la peau. Il lui arrivait, parfois, de demander à quelqu’un venant la rencontrer s’il connaissait son prénom.

Elle avait fini par s’y accommoder. Il était souvent plus facile d’être la Sejdic que Cassandre.

« Un homme est d’ailleurs venu me voir pour me dire à quel point il t’admirait pour ce que tu avais fait du temps de ton mandat, et me présenter ses condoléances, puis il m’a invitée à dîner. » Elle n’ajouta pas qu’elle avait poliment refusé, et qu’il avait poliment pris congé peu après sa déroute. L’idée d’accepter ne lui avait pas même effleuré l’esprit ; pas plus que cette anecdote aurait sans doute mieux fait de rester muette. Pour elle, ce n’était rien de plus qu’un aléa de son métier ; ce n’était pas la première fois qu’une telle proposition lui était faite. Alors, ce n’était rien d’autre qu’une anecdote innocente et amusante.

Elle était mariée, il n’y avait rien d’autre à ajouter.
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