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Summer Practice (PM Pio)
ϟ this is the road to ruins, and we're starting at the end, say yes, let's be alone together.
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Kenya P. Wallenberg
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Message Posté Dim 7 Sep - 13:37.
summer practice
hoedown throw down, 'cuz practice makes you perfect


informations particulièrement pas importantes
ϟ dénomination courante des participants ▬ Kenya P. Wallenberg & Pio Da Braccio
ϟ  étiologie du statut subjectif ▬ Privé
ϟ  datation approximative du moment exact ▬ Août 2057
ϟ  cadran lunaire appréciable ▬ 13h00
ϟ  météorologie sorcièrement acceptable ▬ Il fait beau, et aux alentours de 22 degrés.
ϟ  saison saisissante et palpitante ▬  Saison 3
ϟ  intrigue globalement intriguante ▬  3x01
ϟ chatiment divin exigible ▬  Nope


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Message Posté Dim 7 Sep - 13:38.




summer practice
there is no glory in practice, but without practice, there is no glory…


Trouver du travail n’avait rien de facile. Comment ne pas être d’accord avec cette affirmation ? Certes, beaucoup ne se donnaient pas la peine de chercher, ni même de se présenter aux entretiens qu’ils obtenaient. Pourtant, d’autres se tuaient à chercher. Ils se levaient tôt le matin, et entraient dans toutes les enseignes qui pourraient leur offrir un job. Ces gens-là étaient nombreux, et les opportunités de travail l’étaient moins. Cela n’avait rien d’un secret. Comment était-ce possible de voir autant de gens sans abris, sans un Gallion en poche ? Ces personnes étaient malheureuses, et pourtant, elles se plaignaient bien moins que la plupart d’entre nous. Trouver du travail n’était pas simple. Garder un travail était tout aussi difficile. Les critères faisaient l’objet d’une liste interminable suivant les compagnies. Les patrons n’aimaient pas tous leurs employés. Les employés entre eux ne s’appréciaient pas toujours. Les horaires n’étaient pas systématiquement ceux que l’on souhaiterait avoir. Les conditions de travail étaient rarement parfaites. Tant de choses desquelles on pourrait ne jamais casser de nous plaindre. Pourtant, n’étions-nous pas des humains chanceux ? Nous avions de fabuleux pouvoirs magiques, ce qui n’était pas donné à tout le monde, et nous allions dans des écoles qui nous enseignaient absolument tout ce qu’il y avait à savoir. Nous allions à l’université afin d’aiguiser nos connaissances dans les domaines qui nous passionnaient. Comment se plaindre ? Pourquoi se plaindre ? Quand on regarde un peu en dehors de notre zone de confort, il y avait tant de choses qui pouvaient nous faire réaliser que nous étions gâtés. Gâtés par la vie.

Lors de ma marche jusqu’aux bâtiments abritant la RITM, j’observais. Une femme, la cinquantaine environ, assise dans la rue, avait déposé un vieux carton à ses pieds. Elle portait de pauvres vêtements, sales qui plus est, et tenait dans la main un cul de bouteille, qu’elle brandissait tristement en direction de chaque passant, espérant obtenir quelques Gallions d’ici la faim de la journée. Je baissais discrètement les yeux vers le carton, et put y lire : « S’il vous plaît, pour mes enfants, pour ma famille… » Rien de plus, mais le message me paraissait puissant. Elle avait besoin d’argent pour subvenir aux besoins de ses enfants. Quelle honte de devoir mendier dans la rue… Je plongeais ma main dans ma poche, et en sortit deux Gallions brillants. Je décidais de ne pas le mettre dans le morceau de bouteille, mais de le lui déposer dans la main, avant de la lui refermer. Un majestueux sourire se dessina sur son visage, alors que je lui conseillais : « Rentre donc chez toi, prends soin de ta famille et nourris-les. » Sans même la regarder à nouveau, je repris mon chemin. Les rues londoniennes m’enchantaient, jamais je ne pourrais me lasser de me promener dans la capitale anglaise, ville de mon cœur. Je n’y ai pas grandi, non, je suis de Leeds, à un peu plus de trois heures et demi d’ici, mais j’ai plusieurs cousins y habitant, d’où le fait que je connais bien la ville, grâce aux vacances et aux virées familiales. J’ai toujours adoré Londres, et j’ai toujours rêvé d’y habiter. Chance qu’ils aient eu la filière que je souhaitais à cette université, et non pas à Beauxbâtons, Poudlard ou Durmstrang.

L’université n’était qu’à dix minutes des bâtiments de la RITM, mais j’aimais partir au moins une demi-heure à l’avance, m’arrêter prendre un café dans un bar insolite, ou prendre une route plus longue. Mon amour pour cette ville grandissait chaque jour un peu plus. J’entrais enfin dans mon lieu de stage. Je saluais tout le monde, ainsi que Pio, qui était en train de faire son émission. J’allais chercher une douzaine de cafés, fis une centaine de photocopies, organisais une trentaine de dossiers, vérifiais l’orthographe d’une cinquantaine de hiboux, fis deux allers-retours aux toilettes, et écoutais enfin l’horloge sonner une heure. Il était temps pour ma pause du midi. Pio venait finir son émission, je le doublais dans les couloirs. Une tape amicale sur l’épaule et quelques paroles pour lui rappeler : « On passe toujours notre pause ensembles ? J’ai faim ! » Un sourire éclaircit mon visage alors que j’attendais sa réponse. Peut-être avait-il complètement oublié, ce que je ne retiendrai absolument pas contre lui. Le pauvre homme était déjà bien débordé pour penser qu’il avait promis à la petite stagiaire de partager un moment de son déjeuner en sa compagnie.

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Message Posté Jeu 11 Sep - 15:47.
Probablement ce qui me plaisait le plus depuis que j’étais revenu de ma fuite hivernale et printanière, outre de pouvoir prendre des douches régulières et dormir sans crainte d’être attrapé par un traqueur, était de retourner travailler. La coalition, bien qu’elle ne me plaisait que moyennement car elle supposait que Pritchard était toujours au pouvoir, avait cela de bon qu’elle permettait à de nombreux résistants de rentrer, et par la grande porte. Il semblait presque que, plus votre révolte avait été entendu par le plus grand nombre, plus vous aviez de chance de revenir en grâce, au nom de la paix retrouvée. Et j’avais été particulièrement vocal puisque j’avais fait passer mon message à l’antenne. Deux fois même.

En revanche, cela n’empêchait pas certain de mes collègues de me regarder de travers, avec rancœur. Les pro Ministère parmi eux ne m’aimaient pas par conviction politique, et ne comprenaient pas pourquoi on autorisait un résistant comme moi à revenir. Mais, au final, je comprenais leur réaction. Dans leur idée, j’avais commis une faute professionnelle et étais dangereux pour l’ordre public, donc il allait de soi que, dans leur esprit, je ne doive pas reprendre l’antenne. Je comprenais leur raisonnement tout en adhérant pas au postulat de base. Après tout, de mon point de vue à moi, j’avais justement fait mon métier en dénonçant la tyrannie au pouvoir.
En revanche, ceux qui me donnaient envie de vomir et à qui j’aurais aimé cracher toute ma rage à la figure, étaient ceux qui étaient restés, non par conviction ou paresse d’esprit, mais par lèche-bottisme et lâcheté morale. Ceux qui s’étaient empressés de cirer les pompes du la toute fraiche République, et de la nouvelle direction de la station, en vouant aux gémonies les résistants comme moi. Ceux qui avaient susurrés des mois durant à l’oreille de la masse la sainte parole du Ministère et dénoncés ceux qui, de façon avérée ou pas, leur semblaient être infidèles aux idées du régime. Ceux-ci, je les haïssais avec passion.

Je ne pouvais pas toutefois créer publiquement un scandale en les agressant, bien que l’envie ne m’en avait pas manquée  quand j’avais repassé les portes, et ce d’autant plus que nombre d’entre eux, hypocrites parmi les hypocrites, s’étaient empressés de me féliciter de mon retour comme on accueille un collègue revenant après un congés maladie. J’avais dû me restreindre d’exploser à leur face, pour ne pas donner de raison à la direction, qui avait été difficile à convaincre de me reprendre au demeurant, de pouvoir me virer de nouveau. Mais le scorpion n’est pas mon patronus pour rien, et j’avais craché mon venin comme je le fais le mieux, de façon détournée et au milieu de la conversation, afin que l’intéressé par ma remarque comprenne toujours l’accusation, mais que les témoins alentours n’y voient pas malice. La communication est un art subtil, et il se trouve que je le maitrise très bien.

Mais revenons au présent. La journée s’était passée sans embûche ni incident. Je venais de finir mon émission et me trouvais dans un couloir, prêt à aller frapper à la porte d’un collègue tout en songeant qu’ensuite, il fallait que je retrouve ma stagiaire. Quoique je n’aurais peut être pas besoin de me fatiguer à la chercher si elle me trouvait avant, n’est ce pas ? Et justement, quand on parle du loup. Je sentais une tape sur mon épaule, et me retournais pour faire face à l’étudiante.

- On passe toujours notre pause ensemble ?
- Bien sûr. Je dois juste déposer ça avant. Une minute.


Je secouais un peu le dossier que je tenais en main pour souligner mes paroles. Je m’éloignais ensuite un moment, juste le temps de faire trois pas, frapper et entrer dans le bureau de mon collègue, et lui adresser quelques mots que Kenya ne devait sans doute pas avoir de mal à entendre depuis le couloir.

- Les stats de la semaine dernière. Tu me dis si t’as besoin de plus de précisions.

Je ne perdais pas de temps à l’intérieur. Pour ne pas faire attendre Kenya, mais aussi car je n’avais pas vraiment envie de rester en présence du sorcier trop longtemps. Il faisait partie des collègues de la seconde catégorie que j’avais citée, et avait à ce titre déjà fait l’objet de mon sens de l’ironie. Ceci dit, il fallait tout de même faire son travail. Je revenais vers ma stagiaire avec un sourire.

- Fait. On y va ? Tu veux manger quoi ?

Nous marchions vers l’entrée de la station, sous les regards en coins de certains employés, peu efficaces pour cacher leur suspicion. Je me demandais si Kenya savait pourquoi. Probablement, mais ce n’était pas sûr, et j’espérais qu’elle ne prenait pas ces regards pour elle. Elle n’était pas la personne visée après tout. Devrais-je lui poser la question ? Je ne le savais pas.



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Message Posté Ven 31 Oct - 14:53.




summer practice
there is no glory in practice, but without practice, there is no glory…

La politique a deux effets bien distincts et contraires l’un à l’autre. Celui que l’on espère d’un gouvernement : elle peut unir un pays, une population toute entière, si elle satisfait. Ou celui que l’on voit bien trop souvent : elle divise, elle détruit toute une cohésion nationale qui aurait pu être possible. La politique n’est pas faite pour tout le monde. N’importe qui n’a pas la carrure d’être au pouvoir. N’importe qui n’a pas l’envie, la foi, ou assez d’intérêt pour avoir un avis, quel qu’il soit. N’importe qui peut bien dire que la politique lui est égal. Tout le monde peut qualifier la politique comme corrompue, pourrie, mais peu peuvent réellement s’y jeter corps et âme, que ce soit pour prendre la tête d’un état, ou pour donner son opinion, notamment en des temps sombres où il ne fait pas bon parler haut et fort. Il faut l’avouer, certain le font, et il est évident qu’il faut avoir du courage, et, mine de rien, il faut admirer ces gens-là, qui se battent pour leurs convictions, même si elles sont parfois contraires aux nôtres. Veulent-ils le pouvoir ? Non, pas tous. Le peuple ne veut pas forcément le pouvoir. Il veut une voix, et il l’obtient comme il le peut, même s’il lui arrive de prendre des risques afin d’arriver à son but ultime.

Je respectais ces gens-là. Je ne les admirais pas vraiment, mais je les respectais. Non pas pour leurs opinions, mais pour leur bravoure, leurs voix, qu’ils n’avaient pas hésité à élever à leurs manières. Pio était l’une de ces personnes. A la seconde où j’avais été acceptée pour un stage au sein de la RITM, je savais que je travaillerais avec lui, après avoir entendu qu’il était rentré de sa fuite. Je me rappelais encore des deux messages qu’il avait diffusé à l’antenne, de la haine qu’il avait attisé chez les pro-Pritchard, et de l’espoir qu’il avait engendré chez les résistants. Elle-même avait été touchée par cette vague lueur de motivation, d’espoir, d’esprit de coalition. Elle s’était battue jusqu’au bout à Londres, sans se déplacer jusqu’à Durmstrang, elle avait fait sa part du boulot en entrant dans la tête active de la Résistance aux côtés des plus grands. Aujourd’hui, elle travaillait aux côtés d’une figure de ce mouvement, dans un tout autre environnement. Elle avait bien entendu des messes basses au sujet du jeune chroniqueur, elle les avait ignoré après avoir été tiraillée intérieurement pour le défendre. Elle savait qu’il laisserait couler, et que si ce n’était pas le cas, il saurait se défendre seul, qu’il n’avait pas besoin de l’aide d’une simple étudiante.

Il la rejoignait après avoir rencontré un collègue. Ils n’avaient pas l’air de trop s’apprécier, pourtant, les apparences étaient sauves. Nous quittions enfin les bâtiments de la RITM, afin de nous rendre à notre déjeuner. Les regards avaient été lourds lors de notre passage entre les bureaux, et je ne pensais pas le cacher au mieux : j’étais mal à l’aise. Même si j’avais été la fille populaire à Durmstrang, j’avais changé, je n’étais plus vraiment cette fille qui cherchait l’attention, bien au contraire. Je me sentais bien lorsque je me fondais dans la foule. J’adorais m’amuser, et je rêvais de mon instant de gloire, mais ce n’était qu’un rêve, pas vraiment un but dans la vie. J’imaginais bien que les regards étaient destinés au jeune homme, mais je n’avais aucun mal à réaliser que je ne devais pas forcément être bien vue : la fille qui marchait avec le traître, sûrement… Au fond, cela m’était bien égal, mais en surface, cela me dérangeait un peu. Je n’avais aucune intention de me faire remarquer durant mon stage. Je souhaitais simplement le finir, le réussir, et entamer une nouvelle année à l’université. Loin de moi l’idée de me faire tort en ayant les mauvaises fréquentations. Bizarrement, je me trouvais tiraillée entre deux sentiments : celui qui me poussait à me ranger en ligne et ne pas trop m’affilier à Pio, et celui qui me poussait à faire ce que je voulais, sans me soucier des dires et rumeurs, être moi-même tout simplement.

« The Mirror, si tu veux bien ? J’aime beaucoup ce restaurant.  », lui répondis-je. Justement, nous arrivions à la porte de l’établissement. Je la poussai et la maintenais pour mon collègue. « Une table pour deux, s’il vous plaît. », lançai-je au serveur. Il me semblait peu commode, mais il nous offrit ce que je venais de lui demander. Il nous accompagna jusqu’à une table auprès d’une fenêtre donnant sur la rue aux passants plus pressés et plus actifs les uns que les autres, et nous tendit à chacun un menu. Après l’avoir feuilleté, je me rendis compte que rien de nouveau ne me faisait réellement envie, c’est alors que je me décidai à rester fidèle aux classiques. Lorsque le serveur revint vers nous afin de prendre notre commande, je formulai poliment ma demande : « Pour ma part, ce sera les lasagnes de bœuf, s’il vous plaît. », avant de tourner mon regard vers Pio, « et toi ? »

Une fois sa commande passée, et le serveur disparu, j’entamais une conversation qui n’était pas des plus banales. Je n’étais pas du genre à mâcher mes mots, et que cela plaise ou déplaise, je n’étais pas dans l’optique de changer. « Pourquoi avoir décidé de revenir à la RITM ? Tu te doutais bien que les regards et conversations seraient blindés de jugements et de reproches, non ? », lui demandai-je, sans vraiment hésiter. J’espérai ne pas le mettre dans une situation compromettante, mais la curiosité me piquait sur ce sujet depuis le début de mon stage, depuis la seconde où j’avais posé mes yeux sur lui, depuis le moment où j’avais réalisé qu’il était revenu.

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Message Posté Ven 28 Nov - 12:14.
Le Mirror. Excellent choix. Je souris et hochais la tête, et nous voila partis vers le restaurant. Elle ouvrit et me tint la porte avant de s’entretenir avec le serveur. Je la laissais faire, jugeant que ma réputation aurait fait plus de mal que de bien si j’avais essayé de prendre l’initiative. Et puis, elle se débrouillait très bien par elle-même. Il nous trouva une table, à laquelle nous nous installâmes, menus en main. Tout avait l’air fort bon, et j’avais gouté quelques plats, avant et après ma fuite bien sûr. Quand j’étais rentré, ma cuisine n’était pas dans un état génial pour cuisiner … pas que j’aime tellement cuisiner de toute façon. Quand le serveur revint, je répondais à la question de Kenya avec un sourire.

- La bouillabaisse je vous prie.


Oui, j’aime assez le poisson, puisque vous demandez. Et même si vous ne demandez pas. Le serveur s’éclipsa rapidement vers les cuisines, et nous nous retrouvames seuls de nouveau, enfin … si on excepte les autres clients autour, mais la disposition des tables permettait de ne pas être les uns sur les autres. Les restaurants étouffants et bourrés à craquer ne manquaient pourtant pas dans Londres, côté moldu comme sorcier, mais le Mirror avait réussit à déjouer le piège. Peut être un peu de magie avait aidé ? Je ne savais pas. Un sort d’espace augmenté peut faire des miracles.

Kenya posa soudainement une question, qui me donnait ainsi la réponse à ma propre interrogation. Elle savait donc ce qui c’était passé, ce que j’avais fait. Ca n’était pas étonnant, il y avait en effet peu de gens qui ignoraient mes annonces à l’antenne, ou le fait que j’avais été en fuite. La contrepartie de la célébrité. Je triturais mon morceau de pain avec une pointe de nervosité. Pourquoi revenir ? C’était une question que je m’étais posée, en effet. Pourquoi retourner travailler pour des gens qui, manifestement, n’avaient eu aucun scrupule à me laisser tomber, voire à me cracher dessus. Quelle ironie. Pourtant, je n’avais pas hésité longtemps, confronté au choix de revenir ou de changer de voie. La Radio avait toujours été mon grand amour. Quelque part, la savoir présente dans ma vie, institution stable posée dans le paysage médiatique sorcier, était un réconfort. Je prenais une inspiration, tentant de trouver les mots que je n’avais pas pensé dire à qui que ce soit un jour. Mais Kenya méritait une réponse vu les racontars auxquels son stage avec moi l’exposerait.

- Quand j’avais 4 ans, mon père a été arrêté par les aurors de mon pays. Corruption.

Je relevais la tête en prononçant ce dernier mot, guettant sa réaction.

- Ma mère, mon frère et moi, avons dû quitter l’Italie en catastrophe pour venir habiter ici, à Londres. Je n’ai jamais remis les pieds dans mon pays … un accord avec le gouvernement italien pour qu’on ne poursuive pas le reste de ma famille. Ils sont très influents.

Elle devait se demander où je voulais en venir, et donc je coupais court pour aller directement au but de la réponse.

- Je connaissais rien, je savais pas parler la langue, j’avais pas d’amis à part mon frère, et le temps était gris et froid. J’écoutais la radio. Ouep. J’écoutais la ritm, et j’essayais de comprendre les mots. Et quand je ne comprenais pas les gens, y’avait au moins les chansons.

Je soupirais, rabaissant les yeux sur mon pain, le pauvre étant carrément éventré à ce stade. Je le reposais devant moi pour éviter de pousser la débâcle et couvrir la table de bouts de mie.

- Alors, pour moi, la ritm c’est pas juste un travail, c’est … la ritm a toujours été une planche de salut. Quand je suis arrivé ici, elle m’a réconforté. Quand je suis sortit de Poudlard et que j’avais pas la possibilité de faire des études, elle m’a offert un job correctement payé. Quand je suis revenu de ma fuite, elle a accepté de me reprendre.

Je penchais la tête sur le côté, la regardant avec intensité.

- Les cons, y’en aura toujours pour parler dans ton dos. Tu pourras faire autant profil bas que tu veux, ils causeront. Parce qu’ils seront pas d’accord avec toi, mais parfois simplement parce qu’ils seront jaloux.

Avec un sourire aussi chaleureux que possible, qui me faisait surement ressembler, avec le ton employé, à un grand-père expliquant le fonctionnement du monde à sa petite-fille, je me recalais dans mon siège.

- Je sais que c’est dur à faire, surtout quand on est jeune et en cours d’apprentissage, mais faut pas que tu agisses en fonction de ce que tu penses que les gens te reprocheront ou attendront de toi, surtout en matière de politique ou de société. Déjà, parce que tu sais pas vraiment ce que les gens pensent. Y’a des gens qui en public te désapprouveront, mais te fileront un coup de main en privé, parce qu’ils sont obligés d’avoir un masque. Et ensuite, parce qu’à force de changer selon le sens du vent, personne te fera confiance. Et puis … le vent, ça tourne sans arrêt. Tu seras peut être dans le camp fort un jour, mais tu tomberas le suivant.

Une pause, pour que mes mots suivants soient plus percutants, et j’achevais.

- Le mieux, c’est d’avoir des convictions, et de s’y tenir. Sans aller forcément comme moi jusqu’à tout plaquer et foncer dans le tas comme un bourrin … j’ai pu me le permettre du fait de ma position sociale, et parce que tout le monde s’y attendait vu ma loyauté envers Matvei Sejdic. Mais je suis un cas extrême. Tu n’auras peut être pas à en arriver là toi aussi … j’espère pour toi en tout cas.

Le serveur arriva avec nos plats. Ca me ferai autre chose à faire de mes mains plutôt que de massacrer le petit pain, au moins.


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