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Au nom d'un ange déchu ♠ Amadeus Debussy [PM]
ϟ this is the road to ruins, and we're starting at the end, say yes, let's be alone together.
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Artémis de Sainte-Croix
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Message Posté Mar 10 Juil - 4:03.


i wanna live like music, rolling down the streets.
hey looking at you i wanna take you to the back of the room..

★ noms des participants: Amadeus Debussy & Cassandre Sejdic.
★ statut du sujet: Privé.
★ date: Septembre 2056 & Flash-back en Août 2056.
★ heure: Fin d'après-midi.
★ météo: Temps magnifique & caniculaire en Août.
★ saison: Entre deux saisons.
★ numéro et titre de l'intrigue globale en cours: Prélude & Intrigue 001.
★ numéro et titre de l'intrigue en cours: Prélude & Intrigue 001.
★ intervention de dominus: Non merci !
★ récompenses: Aucune.



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Artémis de Sainte-Croix
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Message Posté Mar 10 Juil - 4:07.
Il n’y avait pas plus douce mélodie que celle d’un cœur mélancolique. Sans doute était-ce là définition trop restrictive, mais Cassandre avait ce concept d’un artiste talentueux, la sensibilité ne sachant s’exprimer que si l’homme savait assumer ses faiblesses, ses errances et ses douleurs. Sévère, inflexible et intransigeante, elle ne cherchait pas la perfection insipide, et préférait l’erreur grotesque à la vanité méticuleuse ; autant de points de pédagogie que la moitié, si ce n’était les trois quarts, de ses étudiants ne cernaient pas avec efficacité. Combien de désistements avait-elle essuyé au cours de ses années de professorat pour ne pas avoir accordé la moyenne dans une matière qui n’était jamais considérée que comme secondaire ? Critique impitoyable, elle renvoyait sans ménagement ces interprétations fades, pâles, plates qu’on lui servait parce que la technique semblait mener un règne tyrannique sur l’excellence vulnérable. Foutaises.

S’ils avaient entendu Amadeus jouer, ils auraient compris le sens de l’art qu’elle enseignait – et auraient gentiment fait profil bas devant le véritable talent qu’ils n’auraient pu contester.

La pointe de sa plume grattait le grain ancestral de son parchemin dans une longue écriture déliée et penchée, ses prunelles claires suivaient ses propres lettres à mesure qu’elles se formaient dans son esprit rangé, retranscrivant autant de tableaux que lui évoquait le morceau d’une rare volupté chantée de ce violon aux larmes de sang, dont seuls ses doigts savaient en extraire les meilleures sonorités, les plus belles étincelles éclatantes, les plus surprenants diapasons ensorcelants. A une partition d’encre et de papier il savait donner une seconde vie, étonnante dans une interprétation qui n’appartenait qu’à lui, qu’à sa chair, qu’à son esprit, qu’à son âme. Toujours intense, jamais identique. Toujours élégante, jamais enchaînée. Inconstant. Douloureux. Provocateur. Infidèle. Aimant. Haineux. Embarrassé. Apaisé. Enragé. Energique. Cynique. Vulnérable. Eternel.

Il avait tout du démon – elle n’en voyait que l’ange.

Le morceau s’interrompit, et il en reprit l’exercice pour toucher la perfection.

Abandonnant sa plume sur une page couverte de son écriture, Cassandre releva sa crinière blonde sur sa nuque, la piqua d’un crayon et s’étira, s’étendant jusqu’à la tête de son lit contre laquelle elle s’adossa. Londres avait pris des teintes mordorées alors que l’été mourrait à petit feu, son éclat terni par la rentrée scolaire et universitaire. Rentrée… mouvementée. Ne pouvaient-ils qu’espérer seulement un été de paix, et composé avec un avenir farceur dont les surprises n’avaient d’agréables que le nom ? Cassandre n’avait jamais été optimiste, ni même pessimiste. Elle n’était cependant pas encline à voir seulement des coïncidences ou des cas isolés alors que la guerre, insensée dans ces temps que l’on disait civilisés, avait frappé à leurs portes, et que la magie avait ceci d’exceptionnel qu’elle était imprévisible. L’instabilité était de l’humanité, comme elle était de leur essence surnaturelle.

Et pourtant, en cette fin de journée, Cassandre oubliait les mésaventures récentes, les temps sombres du passé, et l’avenir douteux qui s’étendait, insaisissable, sur cet horizon de toits bancals. Elle n’enseignait pas la perfection. Elle cherchait juste cette justesse instable qui donnait au monde une dimension différente, plus vive, plus colorée, plus… vivante. Il réussissait là où tant d’autres échouaient – il réussissait à donner un sens à cet art lyrique imperceptible. Elle l’écoutait – elle échappait aux bassesses de leur triste réalité pour danser dans cet univers unique qu’il lui offrait, marqué de sa personnalité et de cet âme magnifique aux ailes d’un ange déchu.

Bien entendu, qu’il avait sa place dans le prestigieux conservatoire de Londres – qui le lui aurait refusé ?

Août 2056.

Un énième conflit. La gifle résonna dans le silence de cathédrale qui s’était abattu dans cette pièce impersonnelle d’écrivain fortuné, là où son extravagance et sa fantaisie venait mourir sur les récifs acérés de l’austérité de leur noblesse. Ses prunelles, où étincelait la lame acérée de sa colère incandescente, vrillait le sien où l’éclat du choc brillait dans ses prunelles sombres. Il la toisait comme s’il la voyait pour la première fois – et c’était sans doute le cas. De leur relation, ambiguë et complexe, il n’avait pas réussi à la faire sortir de ses gonds alors qu’elle ne prenait pas ombrage du mépris et des inimitiés qu’elle pouvait susciter : pour n’attacher de l’importance qu’aux personnes qu’elle aimait, Cassandre rendait la monnaie de leur pièce à ceux qui cherchaient à la déstabiliser de quelques manières que ce soit. Elle ne se mettait que rarement en colère, et sa patience faisait parfois figure de légende en renforçant ce surnom impitoyable que lui avait octroyé son père dans sa jeunesse. Elle n’élevait jamais la voix – ni la main.

Il n’y avait qu’un sujet pour en arriver à un tel point de non-retour.

    « Amadeus n’est pas une marchandise. Je me fiche de ton nom, de ta réputation, je me fiche même de savoir que c’est pour une question de qualité de sang. Je ne cautionnerais pas ce mariage. »
    « Ce n’est pas à toi de prendre ce type de décision. C’est mon fils. »

Sa gifle.

Elle tressaillit. Elle avait senti cette fissure davantage se craqueler alors qu’elle s’opposait fermement à sa décision en avançant ses arguments sensés, mais plus encore, elle avait ressenti cette cassure mortelle lorsqu’elle l’avait giflé. Ce qu’ils avaient connu appartenait au passé – c’était chose définitive. Ni lui, ni elle ne reviendrait sur cette période sur les braises de laquelle ils n’avaient jamais cessé de souffler dans l’espoir vain d’en raviver un jour la flamme. Secret espoir que Cassandre avait tenté de tenir enchaîné à l’impossible, à l’impensable en partie en acceptant de se marier avec Matvei – un ami. Un moyen comme un autre de condamner sa vie sentimentale et congédier par une mascarade cette peur irrationnelle de l’inconnu, de l’imprévisible, et de parer à toute cette douleur qui avait accompagné ses quelques relations foireuses.

Au moins, les choses étaient claires, maintenant.

    « Très bien. »

La froideur de sa voix sembla le glacer jusqu’aux os. C’était donc la dernière chose qu’elle lui laisserait. Si cela plaisait à Merlin, qu’il en soit donc ainsi. Tournant les talons, Cassandre quitta l’appartement, réajustant machinalement sa veste blanche sur ses épaules.

Des larmes de douleur brillaient à l’encolure de ses yeux clairs.

Londres crevait sous l’écrasante chaleur d’un été précoce, mais n’arrêtait pas l’effervescence propre à la capitale. Elle aurait pu transplaner, mais l’idée de faire les quelques rues qui la séparait de l’Université perchée sur ses talons avait cette séduisante perspective de troquer cette infâme douleur qu’elle abhorrait par celle, physique, de ses jambes fatiguées. Quoiqu’habituée à porter des talons de hauteur respectable, il lui faudrait probablement plus du trajet jusqu’à l’Université pour supplanter ce trou dans son cœur. Peut-être devrait-elle faire un tour par le Chemin de Traverse et s’arrêter à la terrasse de Florian Fortarôme. Oui, c’était une bonne idée. Une excellente idée.

Andrew eut tout juste le temps de se glisser dans son ombre alors qu’elle partait en direction du Chemin de Traverse, sans prendre le temps de l’attendre. Sans doute risqué : s’il était affecté à sa protection plus qu’il se tenait dans son sillage en qualité de meilleur ami, c’était en raison d’un potentiel risque d’agression pour avoir fait un mariage particulier. Un mariage. Sans doute la meilleure décision qu’elle ait prise jusqu’ici, songea-t-elle. Le temps d’atteindre sa destination, ses larmes étaient ravalées, et sur son visage de marbre, la dignité glacée d’Hydra.

Rassemblant ses cheveux blonds qu’elle noua en queue de cheval, Cassandre plongea dans la foule plus dense de la rue la plus fréquentée du Londres sorcier, en quête de la terrasse du glacier le plus réputé. Elle aurait pu se rendre à la Taverne rouge, mais plus qu’un verre de vin, elle voulait retomber dans cette enfance insouciante où elle ne voyait en la personne d’Arthur Debussy qu’un ami de la famille aux idées originales, qui avait, par amour, fraudé leurs valeurs pour se marier avec une fille moldue. Cette histoire avait plus attisé sa curiosité que son dégoût, bien qu’elle eut toujours du mépris pour l’élue, et combien aurait-elle donné pour en rester à pareille état de fait ? Pour ne pas s’en être éprise, comme enferrée dans un élan romanesque irrationnel ? Rapprochés par un enfant… un seul enfant pour lequel Cassandre serait capable de donner sa vie, de, même, sacrifier ce qui lui était cher. Preuve en était qu’elle venait de le faire.

Il lui manquait. Terriblement.

La foule s’écarta. Légèrement. Très peu. Suffisamment, pourtant, pour qu’il se dessine contre un mur, la boîte de son violon précieusement glisser sous son bras. A deux pas de la terrasse du glacier prisé. Elle s’immobilisa.

    « Amadeus ? »
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Amadeus Debussy
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♦ Nota Bene
: recherches de liens en tout genre.
: vos relations principales ici
: ce que vous avez sur vous en ce moment même.



Message Posté Mar 10 Juil - 14:41.
Le soleil cogne, impitoyable chaleur qui alourdit l'épaisseur de ma veste gardée sur mes épaules fières. Je la garde malgré la moiteur que me prodigue la consistance du coton : l'apparence prime, toujours. C'est l'adage des Debussy et c'est sans doute pour cela que mon agitateur de frère s'est empressé de quitter le cocon familial  dès lors qu'il eut l'âge de ne plus se soumettre à l'autorité parentale. Je roule les épaules d'un geste discret qui se veut libérateur, tentant en vain de dégager cette fièvre contagieuse qui frappe aussi bien les passants que le violoniste cherchant un peu de fraîcheur à l'abri des murs. Je darde les badauds d'une moue méprisante, laquelle se teinte un tant soit peu de compassion : je sais que la canicule n'est pas propice à quelques piécettes. Les touristes se contentent de passer, évitant la frappe féroce du soleil qui menace leur crâne reposé et ne s'attardent guère sur la beauté musicale. Je les traite de blasphémateur dans l'antre de mes esprits, mon intolérance se veut mortifère car je ne toise pas ces passants d'un bon oeil. L'éthique des rues veut que l'on ait au moins un sourire ou une mine apitoyée pour récolter la pitié ou la sympathie de celui qui nous jettera quelques cents, mais mon arrogance française me colle à la peau et je les maudis de fuir la transcendance de quelques notes. Enfin mes yeux se braquent sur mon étui neuf, son cuir impeccable témoigne de ma maniaquerie impitoyable mais je ne doute pas qu'au fil des semaines il s'élimera sous le coup des pavés qui le heurteront. La lueur radoucie de mes prunelles prouve combien je suis inhumain : je ressens d'avantage d'apitoiement pour mon violon que pour les badauds suintant la transpiration. J'hésite finalement à le sortir de son écrin protecteur car je n'ignore pas que la chaleur demeure sa plus vicieuse ennemie ; c'est exagéré je vous l'accorde. Mais si d'aucuns se renfrognent à se mutiler, il en est bien de même pour moi. Un soupir las s'échappe de mes lèvres sèches quand une voix salvatrice m'extirpe de ce choix cornélien : « Amadeus ? »

Au confluent de l'étonnement soulagé et de la mauvaise surprise, je me surprends à me figer lorsque j'aperçois son visage. Dès lors mille et unes excuses défilent sous l'arceau de mes pensées comme mon coeur fait un bond en avant : non pas naïf mais plein d'espoir quant à ma bonne étoile, je ne m'attendais guère à la croiser à Londres. Je n'espérais pas, surtout, la croiser à Londres. Que dire à la femme qui m'est d'entre toutes la plus respectable, et dont l'opinion à mon encontre m'est encore plus chère que la figure paternelle ? L'instant béant passé je referme mes lèvres entrouvertes demeurées muettes sous le poids du choc et me ressaisis enfin. Je m'avance d'un pas altier, le dos droit et le sourire traitre quoique charmant, quand reflétant l'apparence d'un jeune homme sûr de lui et irréprochable, tout en moi me somme de la fuir. Et si elle savait. Et si il l'avait manipulée, prétextant quelques bonnes intentions pour lui demander de se joindre à lui afin de me retrouver. Mon coeur bat les notes impulsives que j'aurais du jouer, crescendo elles frappent ma cage thoracique, m'assomment, me condamnent, me noient. Courageux, j'ignore l'infarctus factice et déploie ma gorge là où elle semblait avoir tissé son noeud : le mental l'emporte sur mon physique. Je ne veux pas qu'elle sache. « Je me rendais justement au Conservatoire. » Le sourire satisfait que je lui porte se broie intérieurement sous le poids de la culpabilité, de ce mensonge éhonté qui me fragilise et porte à ma tête les coups lents de la honte. Elle m'asphyxie tout entier, mais je ne sais que dire d'autre. Et diable que j'aurais souhaité vraiment être candidat de ce précieux institut de Londres, fusse-t-il pour les moldus, plutôt que de me vanter d'une bague de fiançailles habillant mon doigt. Je suffoque mais lui souris, je ploie mais reste fièrement debout. Le masque d'acteur ne se fissure pas même un peu lorsque je la vois sourire en retour, quand tendrement et avec fierté elle s'épanche sur son petit prodigue qu'elle aime tant. Le violoniste talentueux va rentrer au Conservatoire... Il me faut fuir, vite, et j'en ai le tournis. Inébranlable cependant je la suis, je l'écoute, j'invente quelques palabres pour ne pas qu'elle m'accompagne jusqu'aux marches de l'institut, je lui vends emporté les rêves qui hantent ma tête et que je souhaiterais voir réalité : les cours qui commencent, les professeurs intransigeants, les chambres spécialement conçues pour les étudiants. Elle m'assure alors que je serais le bienvenu les week-ends et j'accepte sans hésiter car mon ventre crie famine et je ne serais pas contre du linge bien propre et un matelas douillet.


Septembre 2056


Le colophane enduit l'archet et je recommence, posant méticuleusement la partition sur le piano que j'enchante d'un coup de baguette : les touches d'ivoire s'échauffent une nouvelle fois et tannent le tempo. Je place mon ami à corde sous le menton, le front plissé non pas par la concentration qui m'enjoindrait à jouer tel un automate, mais familier avec le sublime et le génie. Je ne donne à mes notes que la couleur de l'audace et des sentiments ; douleur, passion, peines et joies. Je médite à mes notes plus que je ne les enregistre, tel un peintre en connivence avec son coup de pinceau je colore l'air d'une partition que je m'approprie. Saint-Saëns me transcende et je sublime son oeuvre en la touchant du bout de mes doigts dans lesquels fourmillent les nerfs de mon palpitant. Et lorsqu'enfin le tempo s'embrase et s'enflamme, je me plonge dans la saveur du temps, paupières closes et coeur à l'ouvrage. Puis-je seulement être à la hauteur de la noblesse de l'instant, de mon violon, de l'oeuvre de ce génie musical... Je me sens abattu par la honte qui me broie les entrailles telles les serres d'un oiseau de proie : ma flamme se meurt, perdue dans les confins de ces souvenirs qui me rattrapent. Je perds pied avec la musique, je ne suis plus en emphase... Je loupe une note, puis deux, décoche mal mon archet quand je m'arrête soudain furieux, un râle colérique s'échappant de mes lèvres. Mon coeur s'agite non plus de passion mais de dépit, jamais courroux ne fut plus dur et implacable que le mien envers moi-même. Je hais l'échec, j'adule la perfection... Et pour ce deuxième exercice, voilà que je me suis raté. C'est une aberration. Dépité je repose avec douceur mon violon mais c'est avec vigueur que mes pas m'entraînent hors de ma chambre : l'esprit embrouillé, le coeur aveugle, je suis persuadé qu'en me livrant à Cassandre j'exorciserais ce mal qui m'empêche de bien jouer. Mon envolée musicale fut déplorable de nullité, et cela attise une nouvelle furie contre moi-même.

Le regard fielleux je passe le seuil de sa chambre dans laquelle ma marraine a trouvé refuge ; sereine, je la trouve installée sur son lit et c'est alors que mes démons se taisent et se font mater. Je ne suis plus le musicien irascible qui s'emporte à la moindre imperfection, je suis l'adolescent troublé qui cherche des réponses à ses questions. Je demeure debout auprès du sommier et mes aveux ne se font pas attendre : il me faut me confesser pour que ce mal s'évapore. Je souhaite jouer du violon sans l'imperfection des mortels qui m'habite, et tel un pénitent derrière sa persienne je me confesse pour mieux expier mon mal. « J'ai couché avec une amie, et ce n'était pas Delilah. » Le besoin de me confier est plus fort encore que cette honte puérile qui pourrait m'habiter quant à l'exposition aussi sommaire de ma vie intime. Mais c'est le coeurs broyé et la gorge sèche que je souffle ma douleur, mes sourcils barrant ce front blanc qui dessine les traits du chagrin et de la culpabilité. Le regard surpris de ma marraine m'encourage étrangement à continuer, car je perçois dans ses prunelles cette lueur qui n'est ni moqueuse ni déçue. Simplement... vraie. « Pour une nuit seulement et je suis parti comme un voleur de l'hôtel. » Je fronce cette fois les sourcils, volontaire, perdu, un peu gauche. Mais troublé, surtout. « Je ne suis plus avec Deli'. » L'aveu tombe et me secoue intérieurement, comme si enfin la chose m'apparaissait concrètement. Je ne suis plus avec elle, je suis parti. Je l'ai laissée dans les bras d'un amant qui lui sera bien plus bénéfique en une nuit que je ne pourrais l'être en des mois passés à ses côtés. Et pourtant l'amour subsiste, il me matraque et m'enhardit : étrange bourreau qui me pousse à me révéler.

Le silence règne alors mais se fait complice. J'aimerais pouvoir en dire plus : parler de cette culpabilité qui me ronge, de cette peine qui m'habite, de son visage qui me hante, de cette incompréhension qui me gagne... Ce fut la première fois que je tombais amoureux, et mon inconstance me joue des tours : je ne savais comment gérer ces émotions nouvelles.
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